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Chronique des Matières Premières
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Dieselgate, Russie et spéculation derrière le record des prix du palladium

Par Claire Fages

Ce métal précieux vaut désormais plus que l'or. Le palladium, catalyseur dans les pots des voitures à essence, bénéficie de la désaffection qui frappe le diesel. Mais la spéculation et les restrictions d'exportation russes accentuent la hausse.

Le palladium a battu son record de tous les temps ce mercredi, 1 606 dollars l'once (les trente-trois grammes), 300 dollars de plus que l'or ! Longtemps parent pauvre des platinoïdes, il est devenu plus cher que le platine depuis 2017, suite au scandale du dieselgate.

La révélation des tricheries de Volkswagen sur les contrôles de pollution aux particules fines a plombé les ventes de voitures diesel en Europe. Ce sont les voitures à essence ou les voitures hybrides qui prennent le relais sur le créneau des voitures à moteur thermique. Et leur pot d'échappement contient plus de palladium que de platine, l'inverse des voitures diesel.

La semaine dernière Fiat Chrysler a en outre dû rappeler 1 million de véhicules essence qui ne passaient pas les tests d'émissions polluantes, aux Etats-Unis. Cela signifierait un besoin supplémentaire de 100 000 onces de palladium pour les mettre à niveau.

90 % de l'offre dans deux pays

Or « le marché du palladium est contrôlé à 90 % par deux acteurs, l'Afrique du Sud (2,5 millions d'onces en 2018) et la Russie (2,8 millions d'onces), un tiers de l'offre à elle seule ». Or, Moscou vient d'annoncer qu'allaient cesser les exportations russes de déchets et de résidus de métaux précieux, dont le palladium. « Est-ce une façon pour les Russes de faire pression sur les économies mondiales, face aux nouvelles sanctions qu'on leur impose ? », s'interroge un expert.  En tout cas cette annonce contribue à l'emballement des marchés.

Bulle

La spéculation s'en mêle également. Les investisseurs parient sur le palladium. Les instruments financiers que sont les ETF ou trackers achètent ce métal précieux pour le stocker. Depuis décembre ils ont augmenté de 16 % leurs achats, estime Refinitiv. « C'est une bulle », prévient Didier Julienne, stratège des matières premières. Jusqu'à présent le déficit de palladium n'affolait personne. « Il n'y a pas de pénurie puisqu'il y a des stocks dans les pays producteurs, chez les affineurs et dans les banques de Zurich. Mais il est vrai, reconnaît l'expert, que les données sur ces stocks sont tout sauf claires ».

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