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Coopération Chine-Italie: Rome s'apprête à recevoir Xi Jinping

Par RFI

La ville de Rome se prépare à recevoir ce jeudi après-midi Xi Jinping. Avec des mesures de sécurité exceptionnelles la capitale italienne accueille le président chinois accompagné d’une délégation qualifiée de «pharaonique» par la presse italienne : 500 collaborateurs et chefs d’entreprises, des dirigeants des plus grands groupes industriels chinois… et plus 120 journalistes, venus de Chine pour un partenariat sans précédent : l’Italie doit adhérer au projet chinois de « nouvelles routes de la soie ». Une initiative qui ne fait pas l’unanimité.

avec notre correspondante à Rome, Anne Treca

A quelques heures de l’arrivée de Xi Jinping, on ne peut pas parler d’enthousiasme mais plutôt de curiosité comme en témoignent pour les deux pages publiées hier par le président chinois dans le Corriere della Sera pour célébrer l’amitié italo-chinoise.

Dans la capitale des quartiers entiers seront bouclés. Demain vendredi c’est le marathon institutionnel et la visite privée du Colisée. Et, si tout se passe comme prévu, samedi matin, la signature du fameux mémorandum par lequel l’Italie s’engage à coopérer plus étroitement dans tous les domaines et à faciliter l’avènement de ces couloirs de circulation dont a besoin la Chine pour grandir, par la mer et par la terre. 

Il est question de favoriser les échanges et la prospérité. « C’est pour les exportateurs italiens et l’Italie une opportunité commerciale », selon le vice-Premier ministre Di Maio. 

Y a t-il eu un débat en Italie sur l’opportunité de ce rapprochement avec la Chine 

Dans les milieux proches de l’autre vice-Premier ministre, Salvini, le risque d’une colonisation de l’Italie a été dénoncé, et la coalition Ligue - Mouvement 5 Etoiles, encore une fois, a vacillé.

Il y a quelques jours, Giuseppe Conte, le Premier ministre a finalement tranché en assurant que ce mémorandum n’engageait à rien puisque tous les contrats seraient analysés au coup par coup. Mais hier le gouvernement a décidé de renforcer son droit de contrôle dans les contrats sensibles. Comme s’il avait encore des doutes...

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Les Etats-unis ont accusé l’Italie de devenir le cheval de Troie de la Chine en Europe. Quel écho ont-ils trouvé en Italie ?

On sent un léger malaise parce que le regard de l’Occident sur la Chine a changé. Les prétentions territoriales de Pékin, son expansionnisme militaire, ses ambitions technologiques inquiètent davantage aujourd’hui. L’Italie a déjà cédé le développement de la téléphonie mobile de 5ème génération à la firme Huawei. Elle sera le 1er pays du G7 à rallier la « nouvelle route de la soie », un réseau déjà tissé en Asie, en Afrique dans les anciennes Républiques soviétiques.

L'Italie va ouvrir la porte Sud de l’Europe. Le port de Trieste sur l’Adriatique fera gagner cinq jours de navigation aux bateaux chinois pour débarquer leur marchandise en Europe. C'est une  nouvelle réalité qui engage l’Europe entière. 

Selon l’ancien ministre des Finances, Giulio Tremonti, le nom de « route de la soie » est trompeur. Ce sont en fait de gigantesques infrastructures d’asphalte et de ciment, les ports, l’aéronautique, et pourquoi pas, à la fin, le contrôle des données, les développements de l’intelligence artificielle ? 

Pour lui, ce mémorandum n’est pas un contrat. C’est un accord politique, au service des ambitions géopolitiques de la Chine. C’est exactement ce que l’on pense à Washington.

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