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A la Une: crispation en Algérie

Par Frédéric Couteau

Le pouvoir s’arc-boute et la rue donne toujours de la voix… Hier, pour le 4e mardi consécutif, pointe El Watan, « les étudiants et les médecins sont sortis massivement à Alger, Constantine, Tizi Ouzou, Chlef et dans d’autres villes du pays, pour exiger, une nouvelle fois, le départ de Bouteflika et de tout le régime politique en place. [...] Des marches imposantes organisées en réponse à la lettre adressée avant-hier à la nation, au nom du président Bouteflika, pour souligner que ce dernier resterait au pouvoir jusqu’à la tenue de sa conférence nationale et l’élection de son successeur. Un plan, pourtant, rejeté massivement par les Algériens qui se sont exprimés lors des précédentes manifestations. »

« Que vise Bouteflika en provoquant la rue ? », s’interroge pour sa part Le Matin : « son entêtement et sa détermination à provoquer un changement de régime par le haut et à “renouveler ses systèmes politiques, économiques et sociaux à la faveur de la conférence nationale inclusive”, sans pour autant donner un échéancier précis devient une forme de provocation de la rue. Cette dernière exige rien de moins qu’un changement par le bas dans les meilleurs délais et sans les éléments de l’ancien système, mais avec des personnalités politiques neutres, n’ayant pas fréquenté le régime [...]. »

« C’est plus qu’un entêtement, c’est une irresponsabilité dangereuse, dénonce Liberté. L’attitude du régime et de Bouteflika qui s’accroche au fauteuil, malgré la volonté populaire, met le pays sur une voie périlleuse. Car, c’est vraiment prendre le risque du chaos que de persister dans la provocation du peuple qui ne veut pas être gouverné malgré lui. [...] Le régime refuse d’admettre qu’il est vaincu. Jusqu’à quand ? »

Un pion trop loin ?

Dans la presse de la sous-région, les commentaires sont tout aussi tranchants…

Ainsi, pour Le Pays au Burkina, « cette obstination de Bouteflika à s’accrocher au pouvoir ressemble, à s’y méprendre, à un défi lancé à son peuple qui ne demande ni plus ni moins que son départ et celui de son système. Mais attention à ne pas pousser le peuple algérien à bout !, prévient le quotidien ouagalais. Car, si on peut saluer le civisme et le patriotisme qui ont jusque-là prévalu dans ces manifestations pacifiques, on ne peut, en revanche, jurer de rien à l’expiration officielle du mandat de Bouteflika, d’autant que la question de la transition semble loin d’être tranchée. [...] L’histoire nous enseigne à souhait, conclut Le Pays, qu’aucun dictateur, si puissant soit-il, n’a jamais triomphé d’un peuple déterminé. C’est pourquoi, dans ce bras de fer qui ressemble à une partie d’échecs, Bouteflika semble avoir poussé un pion bien trop loin en décidant de prendre la tête de la transition. Reste à savoir si son peuple le suivra ou fera échec et mat au roi. »

L’armée va-t-elle prendre parti ?

Et l’armée algérienne dans tout cela ? « Soutiendra-t-elle Bouteflika, ou bien basculera-t-elle du côté des manifestants ? », s’interroge Le Monde Afrique. « La décision reviendra au général Gaïd Salah, le patron de l’ANP, l’Armée nationale populaire, dont le ton vis-à-vis des contestataires a changé en un mois », pointe le journal. En effet, après des propos plutôt menaçants au départ, son discours s’est radouci. « Est-ce à dire, s’interroge Le Monde Afrique, que l’ANP est train de prendre ses distances avec le chef de l’Etat et son clan ? Vu l’opacité du système de pouvoir algérien, la prudence s’impose. »

Aujourd’hui à Ouaga souligne également le rôle que pourrait prendre l’armée : « la Révolution tranquille peut-elle mettre fin au système fossilisé par 20 ans de prévarication et de patrimonialisation ? Pas si sûr qu’un leader surgisse pour prendre les choses en main et avec quels moyens ? La parole semble être à la Grande muette. Le général Salah fera-t-il preuve de devoir d’ingratitude envers celui-là même qui a fait le vide autour dans l’armée pour le hisser là où il est ? Entre préserver les intérêts du camp Boutef et ouvrir de nouvelles perspectives au peuple algérien, quelle sera l’option du tout-puissant général Salah ? On aura certainement la réponse dans quelques jours. »

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