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A la Une: la corruption électorale en RDC

Par Frédéric Couteau

Un total de 91 sénateurs pour le FCC de Joseph Kabila, contre 6 pour Lamuka (la coalition de l’opposition) et 3 pour CACH (la coalition présidentielle) : le résultat des élections sénatoriales en RDC reflète-t-il vraiment l’expression populaire ? « Non », répondent de nombreux congolais.

Ce week-end, ces résultats ont suscité une vague d’indignation au sein de l’UDPS, le parti du président Tshisekedi, et même au-delà. Les militants et d’autres citoyens dénoncent des cas de corruption.

Résultat, pointe Le Phare à Kinshasa, « conformément au vœu des millions de Congolaises et Congolais scandalisés et indignés par le monnayage par les députés provinciaux de leurs voix pour le choix des sénateurs, le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, et les chefs des corps de la République, ont frappé fort hier lundi [...]. Trois décisions majeures ont été arrêtées à cette occasion : la suspension de l’installation du Sénat ; la suspension de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces ; l’ouverture d’enquêtes judiciaires, au niveau du Parquet général de la République, à charge des présumés corrupteurs et corrompus. »

« Tricherie mise à nu »

En effet, s’exclame Le Potentiel, « c’est une bombe que la réunion interinstitutionnelle a lancée au terme de sa rencontre d’hier autour du chef de l’Etat. [...] Logiquement, poursuit le quotidien kinois, les sénatoriales ont mis à nu la tricherie décriée à la présidentielle, aux législatives et aux provinciales. Elles sont venues corroborer la corruption dont se sont rendus coupables les fidèles du camp du président sortant. »

Et Le Potentiel de s’interroger : « le président Tshisekedi saura-t-il défier la Kabilie pour satisfaire sa base, en particulier, et le peuple congolais, en général ? Et la Cour constitutionnelle, qui s’était montrée insensible aux recours introduits par Martin Fayulu et le pasteur Théodore Ngoy, pourra-t-elle être sensible aux démarches du parti de Félix Tshisekedi ? La Commission électorale nationale indépendante, qui avait entériné les résultats de la sénatoriale, va-t-elle se dédire en organisant de nouveau le même scrutin ? »

L’occasion pour Fatshi de se démarquer ?

En tout cas, Félix Tshisekedi marque son territoire, estime Cas-Info : « pour le Chef de l’État, l’occasion était belle pour taper du poing sur la table et marquer son autorité. Lui qui ne cesse de voir la vague FCC engloutir jour après jour sa fragile présidence. [...] Le message envoyé par Fatshi ce lundi reste fort et inédit. Et ne sera surtout pas sans conséquence. Non seulement Félix Tshisekedi [...] profite de cette occasion pour calmer des combattants prêts à tout renverser, mais il a aussi l’opportunité de montrer aux Congolais qu’il est le seul capitaine aux commandes du bateau Congo. Et non son prédécesseur. »

Et Cas-Info de conclure : « le Chef de l’État pourrait finalement trouver dans le scandale de corruption un allié inattendu. De quoi faire de la lutte contre la corruption le marqueur d’une présidence qui s’annonce mouvementée. »

Bras de fer entre le pouvoir présidentiel et le pouvoir exécutif

En effet, analyse Afrikarabia, que « la RDC s’achemine visiblement vers un rapport de force permanent : rapport de force entre les deux pouvoirs : présidentiel (détenu par Félix Tshisekedi) et exécutif (détenu par le FCC de Joseph Kabila), avec un réel risque de "cohabitation dure" et de blocage complet de l’appareil étatique. La mainmise du FCC sur les deux assemblées permet à l’ancien président Kabila de maintenir Félix Tshisekedi sous pression, relève Afrikarabia. En détenant les 3/5ème du parlement, Joseph Kabila peut à tout moment modifier la Constitution, mais aussi poursuivre l’actuel chef de l’Etat devant la justice. Une modification de la Constitution pourrait notamment permettre au prochain président congolais d’être désigné au suffrage indirect par le parlement. Et avec une imposante majorité dans ces deux chambres, la coalition de Joseph Kabila pourrait de nouveau porter son poulain à la tête de l’Etat congolais… sans passer par des élections directes. Un scénario qui fait dire que la crise politique est encore loin d’être terminée en RDC. »

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