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Pourquoi les Etats-Unis ont tardé à retirer le Boeing 737 MAX

Par Dominique Baillard

Tous les Boeing 737 MAX sont désormais cloués au sol. Trois jours après le crash de l'avion d'Ethiopian Airlines, les Etats-Unis se sont enfin ralliés à la décision déjà prise par une quarantaine d'autres pays. Pourquoi les autorités américaines ont-elles été aussi lentes à réagir ?

Boeing aurait pu, aurait dû prendre les devants au nom du principe de précaution estiment les spécialistes du secteur. C'est ce que font fréquemment les constructeurs automobiles dès qu'une anomalie est détectée sur un véhicule. L'avionneur américain l'a déjà fait par le passé. Mais cette fois rien ne semble avoir fonctionné selon les exigences et les standards du made in America.

Droit dans ses bottes, le dirigeant de la FAA, l'administration fédérale de l'aviation, assurait encore dans la journée de mardi que rien ne justifiait une suspension des vols. Et c'est finalement Donald Trump qui a fait cette annonce hier à la mi-journée. D'après les informations du Wall Street Journal, sa déclaration a visiblement pris de court et le régulateur aérien et le constructeur Boeing.

Boeing et le régulateur américain ont-ils des choses à se reprocher?

Disons que leur attitude suscite beaucoup d'interrogations chez les élus de la commission des Transports du Congrès. Ils aimeraient savoir pourquoi le régulateur a rejeté la demande de formation supplémentaire des pilotes, une demande faite notamment par les Brésiliens et les Européens. Ils attendent aussi des explications sur le manque d'informations entourant le fonctionnement du nouveau système équipant les 737 MAX. Des questions sans doute très dérangeantes pour Boeing qui n'a pas l'habitude de s'étaler sur la place publique.

L'avionneur préfère se faire entendre discrètement à travers un puissant lobbying exercé à Washington

En finançant les campagnes électorales et en plaçant ses hommes aux postes clés. L'actuel secrétaire à la Défense, Patrick Shanahan, est par exemple un vétéran de la compagnie. Après le crash, le patron de Boeing Dennis Muilenburg a donc tout naturellement appelé Donald Trump pour le rassurer sur la sécurité des appareils et affirmer qu'il n'y avait pas de raisons de les retirer.

Boeing a aussi des relations commerciales très fortes avec les pouvoirs publics

C'est le fournisseur de l'avion présidentiel, le très cher Air Force One ; c'est un fournisseur stratégique de matériel militaire. Et puis et surtout c'est une des rares sociétés qui fait du bien à la balance commerciale américaine en déficit chronique. Notamment dans les échanges avec la Chine. Les avions Boeing sont les premiers produits américains exportés en Chine, bien loin devant le soja ou les automobiles.

Une industrie au coeur des négociations commerciales en cours entre les deux grandes puissances

La crise provoquée par le crash du 737 MAX est donc de facto une affaire politique de premier plan pour Donald Trump. Un revers. Que la responsabilité du constructeur soit ou non établie, sa réputation est aujourd'hui dégradée à cause de son manque de réactivité. Une aubaine pour Pékin, pour son industrie aéronautique naissante, son C919 encore au stade des essais, est un concurrent du 737 et bien sûr pour son aura. Si Washington a du mal à obtenir un soutien mondial pour exclure Huawei de la 5G, le régulateur chinois a eu la satisfaction de voir que toutes les autorités aériennes l'ont suivi, sans tenir compte de l'avis américain.

En bref

Une nouvelle panne affecte le réseau de Facebook et cela pourrait être la plus grave de son histoire

L'avarie a été signalée dans la journée de mercredi, et elle n'est toujours pas réparée à cette heure. Les utilisateurs ne peuvent plus accéder au réseau ni à ses applications WhatsApp ou Instagram. Cette panne est mondiale, elle a été détectée entre autre aux Etats-Unis, en Europe, au Japon ou en Australie. La firme assure qu'elle n'a pas été victime d'une cyberattaque.

En Chine, nouveau coup de frein pour la production industrielle

Sur les deux premiers mois de l'année elle a enregistré sa plus faible croissance depuis 17 ans. La relance mise en place depuis l'an dernier par Pékin n'a donc pas permis pour l'instant d'enrayer le ralentissement de l'économie.

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