rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Urgent
Le narcotrafiquant «El Chapo» condamné à la perpétuité aux États-Unis
Revue de presse Afrique
rss itunes deezer

A la Une: Bouteflika plie mais ne rompt pas

Par Frédéric Couteau

Dans un message à la nation hier, le président algérien a annoncé qu’il ne briguerait finalement pas un 5e mandat et que l’élection présidentielle du 18 avril prochain était reportée sine die, dans le prolongement d’une conférence nationale.

Pour le quotidien gouvernemental El Moudjahid, c’est « une nouvelle ère » qui s’ouvre en Algérie. « Il s’agit d’une réponse franche et sans aucune ambiguïté aux revendications des récentes manifestations populaires. »

Non, répond la presse privée…

En effet, précise Le Huffpost, « en reportant les présidentielles, Abdelaziz Bouteflika semble ainsi envisager de rester à son poste, ce que les Algériens ont déjà refusé en sortant, par millions, manifester un troisième vendredi de suite à travers le pays. »

En fait, avance le site Maghreb Emergent, « Bouteflika veut prolonger indirectement son 4e mandat. »

Ce que ne permet pas la Constitution, pointe pour sa part TSA. En effet, Bouteflika ne précise pas « sur quelle base juridique la décision a été prise puisque la constitution ne prévoit pas de prolongation de mandat. » En fait, poursuit TSA, « le pouvoir cède sur le 5e mandat mais garde la main sur la gestion de la transition. » Et le site algérien de s’interroger : « l’idée a déjà été rejetée unanimement par l’opposition. Qu’en pensera-t-elle maintenant ? Et surtout, que pensera la rue maintenant que Bouteflika propose une transition gérée par le pouvoir ? »

Un piège ?

Pour Le Matin, c’est clair : « Algériens, Bouteflika veut vous duper », s’exclame le site. « C’est une farce, un piège : Bouteflika n'a rien concédé du tout. Mieux : il fera son cinquième mandat tout en passant pour un président à l'écoute de son peuple ! »

En effet, précise Le Matin, « que nous dit-il ? En gros, ceci : je renonce à un cinquième mandat et je reporte les élections présidentielles à plus tard. Pendant ce temps je reste président de la République. Je ne quitterai le pouvoir qu’après la tenue des nouvelles élections… qui n’auront lieu, dans le meilleur des cas, qu’en 2022-2023, le temps de préparer la Conférence nationale inclusive et indépendante (qu’il prévoit pour la fin de l’année 2019 ), conférence qui sera suivie d’un projet de Constitution qui émanera de la Conférence, et le temps d’un référendum populaire. Ajoutons le temps de constituer le gouvernement de compétences nationales, cela nous conduit bien à l’année 2023 voire 2024 ! Autrement dit, conclut Le Matin, Bouteflika compte rester encore le temps d’un mandat ! »

Et maintenant ?

Dans la presse du continent, on oscille entre joie et prudence…

« Bouteflika n’a pas résisté à la pression populaire », se félicite Walf Quotidien au Sénégal.

« La RDC fait des émules : l’algérien Bouteflika renonce à un 5e mandat présidentiel », lance Le Potentiel à Kinshasa.

« Le chef de l’Etat algérien ayant sous-entendu qu’il resterait en place jusqu’aux prochaines élections dont la date n’est pas fixée, il convient pour le peuple algérien de rester prudent, estime pour sa part Ledjely en Guinée. (…) Pour une succession qui n’était pas envisagée il y a encore deux semaines, il ne sert à rien de se précipiter et courir le risque de gâcher cette formidable occasion de repartir du bon pied. »

« Et maintenant que va-t-il se passer ?, s’interroge Wakat Sera. La rue va-t-elle replier et attendre sagement que conférence nationale et élection présidentielle soient reprogrammées et que, donc, le quatrième mandat s’étire indéfiniment à défaut du début d’un cinquième ? »

Enfin, Le Pays, toujours au Burkina, rend hommage au peuple algérien : « si la rue n’avait pas grondé avec obstination et véhémence, Boutef aurait étrenné sans pudeur son 5e mandat. (…) Et ce qui arrive au président algérien, estime le quotidien ouagalais, doit servir de leçon à tous les satrapes du continent, qui ne s’imaginent pas une autre vie en dehors du pouvoir. Ils s’appellent Paul Biya du Cameroun, Denis Sassou du Congo, Idriss Deby du Tchad, Teodoro Obiang de la Guinée équatoriale et on en oublie. Ils doivent comprendre, conclut Le Pays, que l’Afrique est en train d’opérer sa mue et que l’ère des longs règnes est en passe d’être révolue. »

À la Une: le lancement de la Zlec, la zone de libre échange continentale africaine