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Economie: «L'Allemagne, l'homme malade de l'Europe» ?

Par Pascal Thibaut

Le mois dernier, le quotidien « Die Welt » n'hésitait pas à ressortir cette formule du début des années 2000 lorsque le modèle économique allemand paraissait bien mal en point. Les indicateurs économiques se dégradent en effet mais la situation est-elle si allarmante ?

de notre correspondant à Berlin,

Des indicateurs témoignent en effet d'une dégradation de la conjoncture allemande. Pas plus tard qu’hier lundi, de nouveaux indices sont venus confirmer cette évolution. La production industrielle a reculé en janvier, davantage que ce que les analystes attendaient. Une baisse particulièrement sévère pour un secteur clé de l’économie allemande, l’automobile, qui représente un cinquième de l’industrie du pays et qui exporte les trois quarts de ses véhicules.

Lundi encore on apprenait que l’excédent commercial avait baissé en janvier. Là aussi les experts avaient formulé des pronostics plus optimistes. Pour une nation exportatrice par excellence comme l’Allemagne, cet indicateur est évidemment central pour refléter la conjoncture.

Au début de l’année, un gros mot avait même fait son retour dans le débat public Rezession pour récession. Après un recul du produit intérieur brut au troisième trimestre 2018, l’économie allemande a stagné durant les trois derniers mois de l’année passée. Un deuxième recul consécutif du PIB aurait d’après la définition des économistes signifier que le pays se trouvait en récession pour la première voit depuis 2009.  

Quelles sont les causes de ces problèmes actuels?

On évoquait les exportations et la forte dépendance de l’économie allemande par rapport à la conjoncture mondiale. Globalement, les pronostics sont moins bons à l’international. Et différents facteurs jouent aussi en défaveur de la RFA : la croissance moins forte en Chine, pays important pour les exportations allemandes, les tensions sur le commerce mondial entre la Chine et les Etats-Unis mais aussi entre ce dernier pays et l’Europe. Les menaces répétées de Washington de droits de douanes supplémentaires notamment pour les voitures européennes auraient, si elles étaient mises en œuvre, des conséquences négatives pour l’Allemagne. Et bien sûr les incertitudes sur le Brexit et la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.

Mais l’Allemagne porte aussi une responsabilité. Cela vaut par exemple pour le secteur clé de l’automobile avec les conséquences très négatives du dieselgate, avec les moteurs sciemment truqués par les constructeurs pour réduire les émissions nocives de leurs véhicules. Cette même industrie s’est aussi trop longtemps reposée sur ses lauriers sans relever le défi technologique et économique que signifie le développement des moteurs électriques.

Quels pronostics peut-on faire pour l'économie allemande pour 2019?

 Les prévisions de croissance ont été revues à la baisse par les instituts de conjoncture allemands, le gouvernement ou encore l’OCDE. Après 1,4% l’an passé, on s’attend pour 2019 à une hausse entre 0,7 et 1% selon des différents pronostics.

Il ne faut pas pour autant dramatiser. La demande intérieure vient compenser le recul des exportations. Le chômage continue de baisser ; le nombre de personnes au travail augmente ce qui soutient la demande ; les salaires poursuivent leur hausse avec des augmentations supérieures à l’inflation et les consommateurs ont le moral. Les caisses publiques sont bien remplies avec des excédents budgétaires.

Certes le ministre des Finances doit sans doute s’attendre à une fin des records de recettes. Mais il dispose d’un trésor de guerre lui permettant dans le pire des cas, c'est à dire une récession, de soutenir l’activité sans que les déficits ne se creusent sensiblement.

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