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Archipel des Chagos: «La priorité doit être donnée aux natifs»

Par Magali Lagrange

Les juges de la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance des Nations unies, ont estimé, le 25 février, que le Royaume-Uni devait rapidement mettre fin à son administration des Chagos, cet archipel de l’océan Indien, dont l’île Maurice revendique la souveraineté. Dans son avis consultatif, la CIJ a précisé que les Chagos avaient été séparés de Maurice de façon illégale, en 1965. Aujourd’hui, quelques milliers de Chagossiens et leurs descendants vivent à l’île Maurice, aux Seychelles et au Royaume-Uni. Ils aspirent à pouvoir retourner librement sur leurs terres. Olivier Bancoult, président du Groupe réfugiés Chagos, lui-même natif du territoire, répond aux questions de Magali Lagrange.

Vous étiez sur place à La Haye aux Pays-Bas pour entendre l’avis rendu par la Cour internationale de justice. Comment l’avez-vous accueilli ? Comment l’avez-vous ressenti ?

Olivier Bancoult : C’est une journée vraiment très historique pour la communauté chagossienne parce que la cour, la plus haute instance judiciaire internationale, a rendu un jugement condamnant le gouvernement britannique quant à la violation qui a été faite au niveau des Nations unies, même au niveau des droits humains. Mais c’est une victoire parce que, pendant toutes ces années, que le droit a été bafoué, il y a une institution judiciaire internationale qui a quand même reconnu cette souffrance, et en même temps condamné l’attitude du gouvernement anglais.

C’est une victoire, mais l’avis rendu par la Cour internationale de justice est non contraignant. Qu’est-ce qui peut se passer maintenant ?

Au niveau international, le fait que la Cour internationale de justice, c’est une institution légale qui a été mise sur pied par les Nations unies, et les Nations unies qui regroupe tous les pays, y compris l’Angleterre et l’Amérique. Normalement, si on cherche un avis consultatif et que la Cour internationale décide de donner un avis consultatif, il faut absolument suivre à la lettre ce que les 15 visent à décider.

Alors la Cour internationale de justice a rendu son avis le 25 février 2019. Depuis avez-vous entrepris d’autres actions ou prévu d’autres actions de votre côté ?

Là, c’est le moment pour nous, en ce moment, avec nos hommes de lois, à travailler sur le continu en profondeur de l’avis consultatif lui-même. Et à partir de là, en étroite collaboration avec les autorités mauriciennes, on va travailler, on va essayer de voir comment faire avancer.

Alors il y a sur l’île de Diego Garcia une importante base militaire américaine. Que deviendrait-elle si le Royaume-Uni renonçait à l’administration des Chagos ?

Dans un premier temps, il y a la cohabitation. Il y a vraiment la présence d’une base militaire américaine. Mais aussi il y a la cohabitation avec des travailleurs venant des Philippines, de Singapour, du Sri Lanka, des Britanniques, des Américains et des Mauriciens. Mais ce que nous demandons, et en plus de ça, c’est que l’île Diego Garcia a seulement un tiers qui est occupé par la base militaire. Deux tiers restent inoccupés. Et là où vivaient les Chagossiens, ils restent toujours dans un net abandon. Nous disons que la priorité doit être donnée aux natifs, aux gens devant l’île elle-même, comme c’était le cas partout dans le monde où il y a une base américaine. Dans un premier temps. Et en plus de ça, l’île de Diego Garcia, il y a Peros Banhos et Salomon. C’était vraiment révoltant de voir que des yachts peuvent partir visiter les Chagos, les villes. Et en plus de ça, on a nos parents qui y sont enterrés. Si vous voyez l’état des cimetières à Diego Garcia, Peros Banhos ou Salomon, ils sont restés dans l’état avant l’abandon. Comparés aux cimetières où il y a des chiens militaires qui ont été enterrés.

Quel âge avez-vous ?

Je n’avais que 4 ans quand j’ai quitté en 1968. Maintenant, j’ai 55 ans. Je suis retourné à trois occasions : en 2000, le moment où j’ai commencé l’action légale contre le gouvernement britannique ; puis j’ai dirigé une délégation de cent Chagossiens pour une visite historique en 2006 ; puis en 2009 aussi. Et depuis, on n’y a jamais remis les pieds, il faut nous donner seulement la permission d’aller visiter, mais ils n’ont pas le droit pour rester. Et c’est pour cette raison que nous protestons, pour dire que ce n’est pas possible. Et en même temps, je vais vous dire qu’il y avait une étude qui a été commanditée, par le gouvernement britannique qui a été faite par KPMG qui a dit clairement la conclusion : il n’y aucune barrière légale qui peut empêcher les Chagossiens de rentrer chez eux. Et comme ce fut le cas pour les Philippins, les Singapouriens, les Sri-Lankais, ça peut être pour les Chagossiens aussi. Et là, le 16 novembre 2016, le gouvernement britannique est venu pour dire que ce n’est pas encourageant encore pour les relogements, mais il vient avec une aide financière que nous avons refusée catégoriquement.

Quelle est votre priorité, pour vous et pour les Chagossiens, c’est de pouvoir retourner aux Chagos ?

Absolument. Comme tous les peuples qui vivent dans ce monde, il y a cette loi universelle des droits de l’homme qui dit que, nul ne peut être empêché d’entrer dans son propre pays. S’il y avait une interdiction disant que personne n’a le droit d’aller vivre ou visiter, ou de rester aux Chagos, on pourraitcomprendre. Mais on ne peut pas comprendre que d’autres personnes peuvent vivre, d’autres étrangers peuvent y vivre quand nous on n’a pas le droit. C’est vraiment inacceptable.

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