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Portugal: des progrès insuffisants pour les droits des femmes

Par Marie-Line Darcy

Le Portugal qui en ce jour des droits de la femme est confronté à un regain de féminicides. Au point qu’hier, jeudi 7 mars, a été décrété jour de deuil national.

Pour la première fois, les femmes victimes de violences conjugales ont reçu un hommage particulier, avec ce jour de deuil national exceptionnel. Il est vrai que ce sont 11 femmes qui sont mortes depuis le début de l’année, sous les coups de leurs compagnons ou assassinées par jalousie ou vengeance. Un chiffre record, dans un petit pays de 10 millions d’habitants.

L’un de ces crimes a précédé de quelques heures seulement la journée de deuil national. Le gouvernement a pris cette mesure exceptionnelle, pour le symbole qu’elle représente, mais aussi pour développer le débat sur ces questions de violences conjugales.

Une Commission spécialement créée a pris ses fonctions jeudi, dans le but de faire le point sur la situation, réunir les données et faire des propositions en matière de prévention et de formation des différents intervenants sur ces questions, à commencer par la police. Le Portugal dispose d’un arsenal législatif et institutionnel, mais visiblement ce n’est pas suffisant.

Une justice qui ne semble pas à la hauteur

Un juge de la Cour d’appel de Porto a fait retirer le bracelet électronique à un condamné assigné à résidence pour violence conjugale. Aussitôt libéré de son entrave, l’homme est allé frapper violemment son ex-compagne qui l’avait dénoncé. Si violemment qu’il lui a percé le tympan. Ce juge, Joaquim de Neto de Moura, s’était fait connaître l’an dernier pour ses attendus dans un jugement en appel dans un autre cas de violence conjugale. Selon le magistrat, l’ex-femme du condamné qui tentait de refaire sa vie était adultère, ce qui avait plongé l’ex-mari dans la dépression. Le juge avait appelé à la rescousse la bible, le code pénal de 1886 et les cas de lapidation des femmes adultères dans le monde pour justifier son jugement. L’affaire est sordide. L’homme et l’amant de son ex-femme l’avaient violemment frappée avec un bâton muni de clous.

Des affaires de machisme ordinaire qui se multiplient

A tel point qu’un journaliste remerciait chaleureusement et ironiquement le juge Neto de Moura pour avoir ouvert les yeux d’un peuple tout entier, le rassemblant pour une cause. Des dizaines et des dizaines de personnalités, journalistes, humoristes, politiques se sont publiquement indignés. Le juge Neto de Moura a menacé d’intenter des procès contre une liste de 20 de ses détracteurs. Aussitôt des centaines de personnes ont demandé à intégrer cette liste, par solidarité.

Le magistrat vient enfin de se voir retirer les affaires de ce genre. Le gouvernement annonce qu’il va renforcer les tribunaux spécialisés, pour assouplir le traitement des dossiers et accélérer les procédures.

A noter que ce 8 mars, journée des droits de la femme, les Portugaises participent pour la première fois au mouvement de grève féministe. Des manifestations sont au programme.   

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