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Chronique des Matières Premières
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Le canola canadien otage des tensions entre Ottawa et Pékin

Par Claire Fages

La Chine a confirmé ce jeudi avoir suspendu l'autorisation du premier exportateur canadien de canola. Les douanes chinoises mettent en avant des raisons sanitaires mais le calendrier suit parfaitement les évolutions de l'affaire Huawei.

L'affaire Huawei entrave le commerce agricole entre le Canada et la Chine. Dans les ports chinois, les rejets de cargaisons de canola, le colza OGM canadien, ont commencé en décembre, après l'arrestation au Canada de la directrice financière du géant chinois des télécoms. La décision d'exclure de la liste des exportateurs Richardson, la première entreprise canadienne du canola, intervient juste après la décision d'Ottawa d'extrader Meng Wanzhou aux Etats-Unis.

Prétexte sanitaire

Les douanes chinoises invoquent la présence de plusieurs contaminants dans les cargaisons canadiennes : un champignon et une bactérie responsables de maladies des cultures, mais aussi la présence de mauvaises herbes. L'Agence canadienne de l'inspection des aliments a pourtant vérifié que le canola respectait bien les spécifications. Richardson, l'exportateur visé par Pékin n'est pas dupe. « Nous pensons que cela vient d'un problème plus vaste entre le Canada et la Chine », a déclaré le vice-président de l'entreprise.

Moins 8 %

En attendant les cours du canola dévissent, à  dollars canadiens la tonne seulement aujourd'hui, ils ont perdu 8 % en trois mois. Loin de leur pic du printemps 2018, lorsque c'était le soja américain qui était dans le collimateur de Pékin, ce qui avait à l'époque dopé l'oléagineux canadien. Désormais c'est au tour du canola canadien de souffrir.

Car il est très dépendant de la Chine, qui absorbe en temps normal près de la moitié des exportations canadiennes, sous forme de graines, d'huile pour la cuisson, et de tourteaux de canola pour les élevages de poisson et surtout de porc en Chine.

La Chine n'est pas pressée

Pour la Chine le canola canadien représente 40 % des importations. Mais avec une production porcine chinoise qui devrait être en baisse de 20 % cette année à cause de l'épidémie de peste porcine, les besoins en canola seront moindres en 2019. Pékin peut donc prendre son temps pour autoriser de nouveau l'oléagineux canadien, en fonction des prochains épisodes du feuilleton Huawei.

3 milliards de dollars américains

Les cultivateurs canadiens, eux, sont déjà perdants sur les prix et encombrés de stocks, et ils n'ont qu'une fenêtre d'un mois pour décider quoi planter pour la prochaine récolte. La ministre des Affaires étrangères, elle-même fille de producteur de canola, dit travailler sans relâche pour résoudre ce problème. Les exportations de canola pèsent 3 milliards de dollars américains et quelque 3000 emplois.

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