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Tibor Nagy: «Ce que je retiens, c’est que Kabila n’est plus au pouvoir»

Par Florence Morice

Tibor Nagy, le «Monsieur Afrique» du département d’État américain, est en tournée sur le continent africain. Lors de son passage à Paris, il a abordé pour RFI les priorités des Etats-Unis. Le secrétaire d'État adjoint pour les Affaires africaines répond aux questions de RFI.

RFI : Votre tournée va notamment vous mener en RDC, votre pays avait été ouvertement critique, après l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle. Aujourd’hui, vous vous dites tout à fait prêt à travailler avec le nouveau président Félix Tshisekedi. Cela signifie qu’il faut tourner la page des élections ?

Tibor Nagy : Depuis les élections, nous avons annoncé des sanctions contre des personnes, soit pour avoir fait obstacle au processus démocratique, soit pour corruption, soit pour avoir incité à la violence. Evidemment, d’énormes problèmes ont marqué ces élections. En même temps, ce qui m’intéresse, au Congo et ailleurs en Afrique, c’est le processus à plus long terme. Ce que je retiens, c’est que Kabila n’est plus au pouvoir. Il s’est peut-être agi du scrutin le plus démocratique qu’ait jamais connu au Congo. Un nouveau président, issu des rangs de l’opposition, a désormais l’occasion de faire avancer les choses. Au final, c’est le principal résultat de cette élection.

Pensez-vous que dans le contexte actuel, Félix Tshisekedi a la marge de manœuvre suffisante pour mener les réformes promises ?

Nous lui souhaitons la meilleure des chances. Il doit créer son propre espace politique. La situation politique est encore mouvante. Le parti de Kabila est une coalition de partis politiques. On peut s’attendre à ce que ces partis cherchent à nouer de nouvelles alliances pour obtenir des portefeuilles au Conseil des ministres. C’est pourquoi la politique est aussi mouvementée en ce moment.

On a vu, par exemple, que depuis son investiture il a promis à trois reprises de faire libérer les prisonniers politiques, mais ce n’est pas encore effectif. Est-ce le signe qu’il est dans une situation inconfortable, selon vous ?

Il faut retenir qu’il est arrivé au pouvoir il y a très peu de temps. Il faut prendre un peu de recul et examiner le processus dans son ensemble, ne pas attacher trop d’importance à un événement en particulier. Il faut garder à l’esprit le processus. Prenons le cas de l’Angola. Lorsque le nouveau président est arrivé au pouvoir, tout le monde a dit qu’il serait asservi à l’ancien chef de l’Etat. Force est de constater qu’il a fait faire à son pays beaucoup de progrès. Je suis porté à croire que la même chose se produira au Congo. 

Vous avez l’intention également de rencontrer Martin Fayulu, qui continue d’affirmer que la victoire lui a été volée à la présidentielle. Quel rôle peut-il jouer, selon vous, aujourd’hui ?

Ce n’est pas à moi de lui dire quoi faire. L’essentiel, à mon avis, est de jouer un rôle positif, et pas un rôle négatif ou destructif, ce qui ferait reculer le Congo. Son histoire est déjà bien assez triste.

Parlons à présent du Cameroun, où vous allez vous rendre également au cours de cette tournée. La crise qui secoue les zones anglophones s’enlise. Quel est le message que vous allez porter aux autorités camerounaises ?

Mon message, en ce qui concerne le Cameroun, c’est que le pays traverse une crise nationale très grave. Pour la surmonter, le gouvernement devrait faire preuve d’un plus grand sérieux. J’espère me tromper, mais je crois que le gouvernement sous-estime l’ampleur du problème. Même si le gouvernement a fait quelques annonces, elles ont été, à mon avis, plus symboliques qu’autre chose.

Que faudrait-il faire, selon vous ?

Cette crise pourrait être surmontée assez facilement. Les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, par exemple, pourraient élire leurs gouverneurs directement (et non pas indirectement). Les gouverneurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont des francophones. Je soupçonne que, si les électeurs pouvaient se prononcer, ce ne serait plus le cas. Dans ces régions, les forces de sécurité ne parlent pas toujours en anglais. Une conférence de haut niveau permettant à toutes les parties de dialoguer serait une bonne idée. Laisser les gens parler de leurs problèmes et d’éventuelles solutions permettrait au gouvernement de faire savoir qu’il comprend que la situation est terrible.

Un mot au sujet de la Centrafrique, pour finir. Vous n’y allez pas, mais vous suivez de près la situation. Que pensez-vous de l’influence grandissante de la Russie dans ce dossier ?

Le rôle des Russes pose problème. Leurs activités cadrent mal avec le processus de paix. Ils ont leurs propres priorités, lesquelles manquent parfois de transparence. Dans une situation comme celle-là, nous croyons que la transparence et la coopération sont extrêmement importantes pour la réussite du processus de paix. Sinon, quelqu’un risque de tout gâcher. Le processus est très fragile. Il est donc très important de travailler tous ensemble, et j’inclus les pays voisins. Eux aussi ont beaucoup à perdre si le processus de paix venait à échouer. Nous allons donc rester vigilants et allons soutenir les efforts de la France. Nous espérons que les Russes respecteront le processus de paix et chercheront à jouer un rôle positif.

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