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Présidentielle au Burkina: Kadré D. Ouédraogo rejette les «divisions partisanes»

Par Christophe Boisbouvier

Il a été le Premier ministre de Blaise Compaoré et présidé la Commission de la CEDEAO. Aujourd'hui, Kadré Désiré Ouédraogo annonce sa candidature à la présidentielle de l'année prochaine au Burkina Faso. Quels remèdes propose-t-il contre le terrorisme ? Quelle relation conserve-t-il avec le président déchu Blaise Compaoré ? Sera-t-il soutenu par son parti d'origine, le CDP de l'ex-président Blaise Compaoré ? En ligne de Ouagadougou, l'ancien Premier ministre burkinabè répond à RFI.

RFI : Pourquoi êtes-vous candidat à la présidentielle de 2020 ?

Kadré Désiré Ouédraogo : Cette initiative vient de mon profond désir de servir mon pays à un moment où celui-ci traverse une situation difficile. Evidemment, le principal défi en ce moment est la sécurité et la lutte contre le terrorisme, car sans la stabilité, sans la sécurité, il n’y a pas de développement économique possible.

Le président Roch Marc Christian Kabore vient de changer de Premier ministre et de nommer Chérif Sy à la Défense. Peut-il y avoir un sursaut avec ces nouveaux hommes ?

Je pense que c’est le souhait de tout Burkinabè, qu’il réussisse. Parce que la situation actuelle commande des stratégies nouvelles, il connaît bien les personnalités en question, et j’espère qu’il sera en mesure de contribuer à relever cet important défi.

Mais pourtant, vous serez candidat l’année prochaine contre le président sortant Roch Marc Christian Kaboré ?

Je fais la part entre les relations humaines et les affaires d’Etat. J’ai ma petite idée de ce qu’il faut pour notre pays et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’apporter ma modeste expérience à mon pays.

Et quelle est cette petite idée sur le chantier sécuritaire ?

D’abord, il me semble que, pour aborder ce chantier sécuritaire, nous avons aussi d’autres défis à relever. Notamment le défi de la réconciliation nationale, de l’apaisement des cœurs et de l’union de tous les Burkinabè face à notre ennemi commun, qui est le terrorisme.

Ce que vous craignez le plus, peut-être, c’est la haine intercommunautaire ?

La haine intercommunautaire est un grave danger qui menace notre pays. C’est la raison pour laquelle, suite aux événements de Yirgou [du 31 décembre 2018 au 2 janvier 2019, plusieurs dizaines de personnes sont tuées lors de violences ethniques]. Je pense que toutes les voix se sont élevées pour condamner toute stigmatisation de quelque communauté que ce soit et considérer que nous tous, Burkinabè, nous sommes un contre un ennemi commun.

Vos partisans disent, en effet, que vous êtes un homme de consensus. Mais pendant la révolution d’octobre 2014, vous n’étiez pas au pays. Vous présidiez la Commission de la Cédéao à Abuja. Est-ce que vous êtes vraiment en prise avec les réalités du pays ?

Je rappelle que, dès les premiers instants de l’insurrection, je suis venu à Ouagadougou, en ma qualité de président de la Commission de la Cédéao. Ensemble, avec la mission de l’Union africaine et les Nations unies, j’ai participé à tous les pourparlers qui ont permis à notre pays de revenir dans le processus démocratique, y compris le sommet de la Cédéao, qui a permis à cette communauté d’apporter sa contribution au retour de la paix et de la stabilité au Burkina Faso. C’est dire que je suis quand même un témoin privilégié de ce qui a été fait pour établir une transition jusqu’aux élections de 2015.

Sur le plan économique, qu’est-ce que vous pouvez proposer de mieux que le gouvernement actuel ?

Je pense que, d’abord, il faut surtout la gouvernance et faire en sorte que les citoyens fassent confiance aux dirigeants et que les dirigeants, aussi, s’appliquent à servir leur pays dans l’équité, dans la transparence, dans la probité.

Vous laissez entendre que le gouvernement actuel est corrompu. Mais le nouveau Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré n’est-il pas connu, justement, pour son intégrité ?

Je n’ai jamais accusé quelqu’un d’être corrompu, à fortiori le gouvernement. Ce n’est pas ce que je dis. Je dis simplement que notre gouvernance a besoin d’être améliorée, que nous avons besoin de redoubler d’efforts dans la lutte contre la corruption.

En 1997, vous avez été élu député sous la bannière du CDP, le parti de Blaise Compaoré. Est-ce que vous êtes candidat à la primaire au sein du CDP, face au président de ce parti Eddie Komboïgoou est-ce que vous êtes un candidat indépendant ?

Je crois que cette question n’est même pas encore posée au sein du CDP. Mais s’il devait y avoir des primaires, il faudrait encore savoir les conditions d’organisation de ces primaires et qui est le corps électoral.

Et si le CDP vous demande de vous soumettre à une élection primaire en son sein, qu’est-ce que vous répondrez ?

Je pense que l’élection présidentielle est avant tout un contrat entre un homme ou une femme et son peuple. Je dois dire que j’ai déjà reçu des échos très favorables et je compte parmi mes soutiens de nombreuses personnalités avec beaucoup d’expérience. Je ne vois pas pourquoi je renoncerais à me mettre à la disposition de mon pays.

Donc vous n’excluez pas d’être un candidat indépendant ?

Toutes les options sont ouvertes. Il y a plusieurs hypothèses d’organisation, nous allons les examiner toutes et nous choisirons celle qui amènera le plus d’efficacité à notre action.

Et s’il y a, l’un contre l’autre, deux candidats issus du CDP - Eddie Komboïgoet vous-même -, est-ce que vous n’allez pas affaiblir votre camp face au parti au pouvoir MPP ?

Non, à ce moment-là, il ne s’agit pas d’un camp. J’ai des idées, je défends des idées. Je ne me cloître pas dans des divisions partisanes. Vous savez, dans ceux qui me soutiennent, il y en a qui n’appartiennent à aucun parti politique.

Il y a dix-huit mois, vous êtes allé rencontrer l’ancien président Blaise Compaoré à Abidjan. Comment cela s’est passé ?

Le président Compaoré m’a fait l’honneur de me nommer Premier ministre en 1996. Je lui en suis reconnaissant et je pense que c’est à l’occasion de l’exercice de mes fonctions, d’ailleurs, que les Burkinabè ont appris à me connaître, à connaître ce dont je suis capable. Mes relations avec lui sont des relations de respect et chaque fois que j’ai l’occasion de passer à Abidjan, je ne manque pas de lui dire bonjour.

Et la dernière fois que vous l’avez vu, j’imagine que vous lui avez fait part de vos intentions de vous porter candidat. Comment a-t-il réagi ?

Il est, effectivement, informé de l’initiative que j’ai prise de me porter candidat. Quant à sa réaction, vous me permettrez que, par respect pour lui, je ne parle pas à sa place.

Donc vous ne pouvez pas nous dire aujourd’hui s’il vous soutient ou pas ?

Il appartient à lui seul de s’exprimer sur ce sujet.

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