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L’agriculture sans labour

Par Sayouba Traoré

L’agriculture sans labour et sans travail du sol, ça existe, c’est même recommandé. Au point que ce mode de production agricole occupe aujourd’hui 150 millions d’hectares de culture dans le monde. Ce qui représente 300 millions de terrains de football.

L’agriculture sans labour, les scientifiques et les techniciens appellent cela l’agriculture de conservation des sols. Et il y a, en France, des gens qui se battent pour que cette troisième voie de l’agriculture soit reconnue. Ce regroupement de producteurs qui recommandent l’agriculture de conservation des sols, c’est l’Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable, en abrégé APAD. Nous sommes allés à leur Assemblée Générale annuelle qui s’est tenue le mardi 5 février 2019, à l’Institut technique de Genech à Templeuve, à 30 minutes de la ville de Lille en train.

Christian Marin, agriculteur en Charente, membre de l'APAD. © RFI/Sayouba Traoré

Avant d’aller plus avant, il est important de savoir ce que c’est que cette agriculture de conservation des sols. Le tout dans cette démarche repose sur ce que les scientifiques appellent un vol vivant. Tentons ici de résumer. Un sol vivant est un sol dans lequel sont présents des êtres vivants, des bactéries, des champignons, des vers de terre. 80 % de la biomasse vivante du globe se trouve dans le sol. Plusieurs milliers d’espèces animales et plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d’espèces bactériennes et de champignons. Ce qu’on a appelé des micro-organismes constituent environ 50 % de la biomasse de l’ensemble de la biosphère, et représentent des enjeux agronomiques majeurs. Cette faune va travailler le sol et décomposer la matière organique déposée en surface, ou les racines mortes. Cette matière organique ainsi transformée en humus, libère progressivement les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin (azote, phosphore, potassium, magnésium...), stocke l'eau et la restitue au fur et à mesure. Il se trouve que le labour, en plus de fragiliser le sol, vient perturber ce fonctionnement organique du sol.

L’agriculture de conservation des sols, c’est donc ce que les spécialistes appellent une agriculture écologiquement intensive. C’est-à-dire les trois piliers de l’agriculture de conservation des sols : l’arrêt du travail du sol, la mise en place d’une couverture permanente des sols, le maintien et le développement de la biodiversité végétale et animale.

Jacky Berland, agriculteur à Saint Martin de Fraigneau, vice-président de la Fédération départementale des groupes d’étude et de développement agricole de Vendée, membre de l’APAD. © RFI/Sayouba Traoré

Problème : quand on commence un travail de ce type, les écueils sont nombreux. D’abord, on doit soi-même apprendre en marchant. Ensuite, il y a un problème d’encadrement technique, vu que les techniciens de terrain ont tous été formatés pour l’agriculture conventionnelle. Ce qui a conduit les groupements régionaux de l’APAD à générer un encadrement à leur niveau, les plus anciens prenant en charge les jeunes débutants.

 

Invités :
- François Mandin, agriculteur à Luçon, en Vendée, nouveau président de l’Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable (APAD)
- Christian Marin, agriculteur en Charente, membre de l'APAD
- Jacky Berland, agriculteur à Saint-Martin de Fraigneau, vice-président de la Fédération départementale des groupes d’étude et de développement agricole de Vendée, membre de l’APAD.

Production : Sayouba Traoré

Réalisation : Ewa Piedel

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