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Revue de presse française
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A la Une: la nouvelle déferlante contre Bouteflika en Algérie

Par Norbert Navarro

Une fois encore, une marée humaine a pacifiquement pris la rue hier en Algérie pour dire « non » à un cinquième mandat du président Bouteflika. Alger, Oran, Tizi-Ouzou, Sétif, Guelma, Constantine, Skikda, Blida, Ghardaïa ou Ouargla. La rue a grondé hier dans ces villes algériennes, ils y étaient encore plus nombreux que la semaine précédente, les manifestants opposés à une nouvelle candidature de leur président grabataire.

« Des centaines de milliers de manifestants pour dire non à Bouteflika, lance le journal Le Parisien. Une fois de plus, le peuple a manifesté massivement, vendredi, dans tout le pays, contre un régime qui, à l’image du président sortant, paraît à bout de souffle. »

« Raz de marée contre Bouteflika », rehausse Le Figaro. « Des affrontements, faisant des blessés, ont eu lieu avec les forces de l'ordre », pointe ce quotidien. Lequel journal souligne que le déploiement des forces de l'ordre était « beaucoup plus important » que vendredi dernier à Alger.

« Une digue a lâché en Algérie (…) la coupe est pleine et elle déborde. Calmement mais inexorablement », explique Libération. Journal dans les colonnes duquel la chercheuse Dalia Ghanem-Yazbeck prédit que « si la rue ne se calme pas », le retrait de la candidature de Bouteflika « semblera même inévitable ».

Avis non partagé par l’écrivain algérien Boualem Sansal qui, après avoir parlé au Figaro hier, s’exprime aujourd’hui dans Libération, et qui souligne que, « contrairement à ce que l’on entend, le pouvoir n’est pas du tout isolé ». L’auteur de 2084 – La fin du monde (Gallimard) y affirme également qu’il y a eu « beaucoup d’arrestations préventives ces derniers jours » et se dit « assez pessimiste car la société est très fragmentée ».

Les Algériens ? Libération estime que « ce peuple plein d’énergie, d’espoir, d’idéal mérite mieux que la ridicule hégémonie d’un pouvoir caché derrière un président irréel, sorte d’Ubu invisible et impotent. La sagesse voudrait que "Boutef" passe la main et laisse se dérouler une élection pacifique, quitte à adouber un autre candidat. Mais on connaît le proverbe, soupire Libé : le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. Même quand on n’est plus en mesure de l’exercer. »

Les silences du palais

Cette crise algérienne, en tout cas, est suivie de près par Paris. Comme le lait sur le feu. C’est même une « priorité absolue », dit une source à l’Elysée au journal Le Monde « très prudentes, plutôt embarrassées (…) les autorités françaises font profil bas ». Ici, la diplomatie française marche « sur des œufs », souligne le quotidien du soir.

Attention, prévient le journal La Montagne, « quand l'Algérie tousse, la France s'enrhume. Le lien particulier entre les deux pays, la présence ici d'une diaspora de plus d'un million d'Algériens, l'importation du gaz, le contrôle par l'armée algérienne des frontières du Mali et du Niger, rendent ces événements très sensibles ».

Poussant plus loin encore ce qui lui paraît évident, ce journal du centre de la France ajoute ceci : « On sait qu'en cas de crise grave de nombreux Algériens seraient tentés de trouver refuge en France. Raison de plus pour que l'exécutif français observe la plus grande prudence, sans jeter d'huile sur le feu, ni encourager. »

Alors ? Alors Le Parisien pense manifestement ce matin avoir trouvé la formule qui fait mouche. La crise algérienne ? C’est pour ce quotidien « la crise des gilets verts » ! Et pour tenter d’illustrer son hasardeuse trouvaille, Le Parisien illustre la double-page qu’il consacre à cette actualité d’une photo d’archives sur laquelle on aperçoit l’homme d’affaires et politicien algérien Rachid Nekkaz, juché sur un balcon d’Alger, drapé de pied en cape dans le vert du drapeau algérien.

« La crise des "gilets jaunes" à peine apaisée, Emmanuel Macron va-t-il devoir affronter celle des gilets verts ? », se demande donc, très finaud, le journal Le Parisien. Les goûts et les couleurs…

Lille au trésor

Nouvelle arnaque financière dans le football. Les dirigeants du club de Lille ont servi de couverture à un fonds secret de Manchester City. C’est le site internet Mediapart qui révèle le dernier en date des scandales mis au jour grâce aux « Football Leaks », ces révélations des nauséeuses arrière-cuisines du football publiées par plusieurs journaux en Europe, à partir de données secrètes obtenues par le quotidien allemand Der Spiegel.

Secrètes, les combines de ce fonds financé via les îles Caïmans ne le sont donc plus. Elles visaient à permettre à ce club anglais de Manchester d’investir dans des joueurs sud-américains.

Quantité de documents à l’appui, Mediapart, implacablement, démontre que Manchester City « a créé en 2013, dans le plus grand secret, un fonds d’investissement pour acheter des parts de footballeurs (…) Ce fonds luxembourgeois, baptisé MPI II, était financé en sous-main par l’émirat d’Abou Dhabi par le biais d’une société offshore immatriculée aux îles Caïmans, ajoute ce journal en ligne. Afin de masquer que MPI II était contrôlé par Manchester City, le fonds était piloté par une société contrôlée par trois associés, dont l’actuel propriétaire du Losc Gérard Lopez, et gérée par l'actuel directeur général du club lillois, Marc Ingla », résume Mediapart, en détaillant les arcanes de ce montage aussi complexe qu’illicite.

Ces révélations, vous ne les trouverez pas à la Une de L’Equipe. Le journal sportif les a renvoyées en page 12, dans un roboratif article non signé, publié après ceux consacrés à la Ligue 2 de football en France, et titré « Lopez et Ingla, de bons Citizens », autrement dit de bons supporters de Manchester City. Service minimum...

A la Une : le régime soudanais sacrifie son chef pour tenter de se survivre