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L'appel du Premier ministre arménien à une marche «civique»

Par Constance Léon

Ce vendredi 1er mars à Erevan, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a appelé les Arméniens à descendre dans les rues de la capitale pour une marche « civique » en souvenir de la répression du 1er mars 2008. Un événement marquant pour l'Arménie.

Il est même au cœur de la politique du nouveau gouvernement après la « révolution de velours ». Les Arméniens se réuniront ce soir à Erevan pour marcher depuis la place de la Liberté, à l'appel du Premier ministre Nikol Pachinian via Facebook. Un endroit symbolique de la capitale arménienne, car c'est là qu'a commencé la révolution arménienne de mai dernier. Des milliers d'Arméniens étaient descendus dans les rues pour protester contre la corruption du gouvernement de Serge Sarkissian. A l'issue de cette révolution, l'opposant Nikol Pachinian avait été élu Premier ministre.

Cette marche intervient au cœur d'un procès important en Arménie, celui de l'ex-président de la République, Robert Kotcharian. En juillet dernier, Kotcharian a été placé en détention. Il est suspecté d'un « renversement de l'ordre constitutionnel » et de « corruption ». Deux enquêtes pénales lancées par l'équipe de Nikol Pachinian pour taper du poing sur la table contre la corruption du régime des oligarques arméniens. Le Premier ministre veut aussi montrer que même les présidents peuvent être traduits en justice.

Quel est l'objet de cette enquête ?

Il y a 11 ans, le 1er mars 2008, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues d'Erevan pour protester contre les résultats des élections présidentielles. Le président Robert Kotcharian devait céder sa place à celui que beaucoup considéraient comme son dauphin... Serge Sarkissian. L'actuel Premier ministre, Nikol Pachinian s'était retrouvé sous les feux des projecteurs pour protester contre l'élection de Serge Sarkissian. Pachinian avait même purgé une peine de prison. Pendant cette manifestation, 10 personnes avaient été tuées dans des affrontements contre les forces de l'ordre. Une des questions qui demeurent en suspens : qui a donné l'ordre de tirer sur les manifestants ? Les enquêteurs suspectent aussi Robert Kotcharian d'avoir accepté des pots-de-vin pendant sa présidence. Les enquêtes sont en cours.

Pourquoi organiser cette marche alors que la justice suit son cours ?

Car il y a un lien presque personnel entre les trois hommes. Nikol Pachinian a lutté depuis 10 ans dans l'opposition contre Serge Sarkissian, le dauphin de Robert Kotcharian.

Et puis l'ancien président arménien, Robert Kotcharian a des amis de taille. C'est notamment un proche de Vladimir Poutine. Le président russe l'a appelé deux fois en moins de six mois. Alors que Poutine a attendu quelques jours avant de féliciter Nikol Pachinian pour les élections. Ce geste diplomatique n'a rien d'anodin dans un contexte où les relations entre la nouvelle Arménie de Pachinian et la Russie se tendent autour des prix du gaz et des tentatives de l'Arménie de se rapprocher de l'ouest.

L'appel de Nikol Pachinian à la manifestation est devenu une habitude depuis la « révolution de velours ». Mais cette marche a tout d'un rappel dirigé à la communauté internationale : le peuple arménien continue de soutenir sa politique anti-corruption.

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