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Autriche: querelles autour du Vendredi saint

Par Isaure Hiace

Une polémique agite l’Autriche depuis plusieurs jours. Elle concerne l’instauration d’un jour férié le vendredi précédant le week-end de Pâques, le Vendredi saint chez les chrétiens.

Le Vendredi saint est déjà un jour férié en Autriche, mais uniquement pour les membres de certaines églises chrétiennes. Or, en janvier dernier, la cour de justice de l’Union européenne a jugé cette législation discriminatoire, car ce jour férié ne profitait pas à tous les travailleurs. La coalition au pouvoir, alliance des conservateurs et de l’extrême droite, a donc dû réagir et a annoncé la semaine dernière sa décision d’octroyer à tous les Autrichiens un demi-jour férié pour le Vendredi saint.

La mesure de la discorde

La mesure a fait l’unanimité contre elle. Les membres des églises chrétiennes s’y sont farouchement opposés puisqu’ils jouissent, eux, d’un jour férié entier, il serait donc injuste à leurs yeux qu’on leur retire une demi-journée. L’Eglise évangélique a même lancé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 27 000 signatures. Le patronat et les syndicats ont, eux aussi, critiqué ce projet, pas pour les mêmes raisons toutefois. Le patronat dénonçait une mesure coûteuse tandis que les syndicats, comme de nombreux Autrichiens, la jugeaient totalement « ridicule ». En effet, ce demi-jour férié devait débuter à 14h la journée du Vendredi saint, mais nombreux sont les Autrichiens à finir en début d’après-midi le vendredi, car ils commencent le travail très tôt. Cette solution du demi-jour férié ne leur aurait donc rien apporté.

La marche arrière du gouvernement

Le texte doit être voté aujourd’hui même par les députés, mais le gouvernement a finalement annoncé que chaque salarié pourra choisir un jour durant lequel il ne travaillera pas, son employeur n’ayant pas le droit, en théorie, de lui refuser. Mais ce jour lui sera décompté de son stock de congés. Un projet que la coalition a appelé « le jour férié personnel », mais qui est « une (véritable) farce » aux yeux des sociaux-démocrates, qui dénoncent « un jour de congé en moins au lieu d’un jour férié en plus ». Mêmes critiques du côté des syndicats qui estiment que le gouvernement a tout simplement cédé au patronat. De son côté, l’Église évangélique juge « positif » le fait que les croyants puissent continuer à célébrer le Vendredi saint s’ils le souhaitent, mais regrette elle aussi, qu’il leur faille pour cela piocher dans leurs jours de congé.

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