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A la Une: la guerre des chiffres au Sénégal

Par Frédéric Couteau

« Au Sénégal, on avait rarement vu un tel capharnaüm autour de résultats électoraux, relève Jeune Afrique. Au lendemain du vote, aucun résultat officiel, même provisoire, n’a été rendu public, ouvrant la voie à une "guerre des chiffres" entre l’opposition et le président sortant. D’un côté, Idrissa Seck et Ousmane Sonko, qui clament avoir contraint Macky Sall à un "inévitable" second tour. De l’autre, le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, qui annonçait dimanche soir à ses militants que Macky Sall était réélu avec un minimum de 57 % des voix. [...] À l’heure qu’il est, difficile de déterminer qui a raison et qui a tort, constate Jeune Afrique, faute de chiffres officiels. »

En tout cas, mise au point de Demba Kandji : « le président de la Commission de recensement des votes est monté au créneau hier pour rappeler les principes, rapporte notamment Seneweb : "personne n’a le droit, a-t-il dit, de proclamer des résultats provisoires, sauf la commission nationale et définitivement le Conseil constitutionnel". La proclamation des résultats, elle, est prévue entre jeudi et vendredi au plus tard. »

Coup KO ou second tour ?

En attendant, les commentaires et les avis tranchés vont bon train…

Pour le site d’information Seneplus, il est clair que « le peuple sénégalais a imposé, par les urnes, les conditions d’un second tour inéluctable. Sous ce rapport, le respect de la volonté populaire devient un impératif et, toute déclaration, qui ramerait à contre-courant de celle-ci, porterait en elle-même les germes d’une violence inouïe qui mettrait en danger la stabilité du pays [...]. Que Macky sache qu’il n’est qu’un simple usufruitier, s’exclame encore Seneplus. Il n’a aucunement le droit de saborder les fondamentaux de la République en confisquant le verdict des urnes. »

Pour le quotidien Enquête, prudence…

« Présentement, sous réserve d’une confirmation des tendances lourdes qui se dessinent, il est fort probable que le candidat Macky Sall a remporté l’élection au premier tour, même avec un score très étriqué, estime le quotidien dakarois. Mais, poursuit-il, il ne faut pas écarter la possibilité d’un second tour, toujours dans l’air du temps. Les prochaines heures, voire les prochains jours nous édifieront. Au total, ce fut une élection très disputée, constate Enquête, avec un taux de participation de plus de 60%, ce qui montre une grande maturité des électeurs, conscients de leur devoir civique, mais aussi un engagement sans équivoque des Sénégalais de s’impliquer dans le choix de la personne qui va présider à leurs destinées pour les cinq prochaines années. Un autre enseignement de cette élection, pointe encore Enquête, est aussi de reconnaître que le temps de l’hégémonie et de la suprématie arrogante du candidat sortant à l’élection présidentielle au Sénégal est révolu. Ce qui signifie aussi que la victoire dès le premier tour du président-candidat n’est plus acquise à l’avance car ce dernier a désormais fort à faire pour se départir de la rude concurrence d’une opposition ragaillardie, mieux organisée aujourd’hui et qui joue crânement sa chance pour mettre en ballotage le président sortant et le pousser à un second tour fatidique. »

Un tchep à quelle sauce ?

Dans la presse de la sous-région, on appelle à l’apaisement, à l’instar de L’Observateur Paalga au Burkina : « tous les acteurs (de la vie politique sénégalaise) gagneraient à jouer balle à terre et à prendre leur mal en patience en attendant la publication des résultats provisoires qui devrait intervenir entre mercredi et vendredi. »

Le Pays renchérit : « maintenant que la polémique est lancée, il revient à la Commission électorale de travailler à la transparence des résultats, pour ôter tout argument de contestation aux différentes parties. »

« Que ce soit du tchep avec du poisson ou du poisson au tchep qui sera servi à l’issue de la proclamation des résultats, s’exclame Aujourd’hui, il est primordial que le Sénégal sache raison garder et ne retombe plus dans l’âge de la pierre taillée de la démocratie. Le pays de la Teranga nous a, du reste, habitué à ses joutes chahutées, mais est toujours resté dans le giron de la démocratie. »

Et Ledjely en Guinée de conclure : « rien ne saurait justifier que la paix et la tranquillité que beaucoup envient au Sénégal soient sacrifiées sur l’autel des intérêts égoïstes des politiciens. »

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