rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Aujourd'hui l'économie
rss itunes deezer

Macron veut réinventer la PAC quand Bruxelles prévoit de la rétrécir

Par Dominique Baillard

En visite ce week-end au Salon de l'agriculture, la grande fête annuelle de la ferme en France, le président Emmanuel Macron a interpellé les Européens en déclarant vouloir réinventer la politique agricole commune.

Il la veut « plus protectrice, plus pragmatique, plus ambitieuse ». Plus, plus, plus... alors qu' il sait bien que la Commission a prévu de faire avec moins. Son projet de budget actuellement en cours de négociation entre les Etats membres implique une réduction de 5% de l’enveloppe dédiée à la PAC à partir de 2021.

L'enveloppe se contracte parce que les Etats membres ne sont pas d’humeur à dépenser plus au moment où la taille du gâteau rétrécit avec le départ des Britanniques. Ils veulent même consacrer davantage à de nouvelles missions comme les migrations, la défense, le terrorisme ; il faut donc diviser le gâteau en un plus grand nombre de parts.

Depuis la publication de ce document en juin dernier la France milite pour le maintien du futur budget de la PAC au niveau actuel. Pour des raisons nationales évidentes: les paysans français en sont les premiers bénéficiaires. Sans aide européenne, la moitié des exploitations seraient aujourd'hui dans le rouge.

Paris a déjà rallié une vingtaine de pays à sa cause

Mais il faudra trouver un consensus à 27. Et le temps est compté. Les Etats membres veulent se mettre d'accord avant le scrutin européen qui aura lieu le 26 mai prochain. Officiellement l'Allemagne a fini par se rallier à la position française. Et cela compte dans la discussion puisque c'est le premier pays contributeur de l'Union. Mais c'est aussi un pays très regardant sur le bon usage de ses euros, et qui verrait d'un bon oeil une renationalisation d'une bonne partie des aides allouées au niveau européen. Dans l'esprit de ce que propose déjà la Commission. Pour compenser la diminution de 15% des subventions allouées au développement rural, le deuxième pilier de la PAC, Bruxelles demande aux Etats de mettre la différence. Cela convient tout à fait à Berlin, ses finances sont excédentaires mais en revanche pas vraiment au gouvernement français qui a déjà tant de mal à rester dans les clous européens.

Emmanuel Macron a aussi appelé à l'unité des Européens face à l'extérieur

Si la France est le premier bénéficiaire de la PAC, c'est aussi la première puissance agricole en Europe, très présente à l'international et donc très sensible aux à-coups des marchés mondiaux. Les céréaliers français ont vu par exemple se réveiller ces derniers temps de redoutables concurrents à l'Est : les Russes galvanisés par les sanctions occidentales sont en train de leur tailler des croupières.

Et puis Emmanuel Macron a pointé une faiblesse historique des éleveurs européens: ils importent 70% de leurs besoins en soja et oléagineux. Un héritage du début de la PAC, dans les années 60, Washington a fait pression pour laisser entrer le soja américain libre de droit sur le marché européen et depuis, le client européen est sollicité chaque fois qu'il est utile. L'an dernier par exemple les importations de soja américain ont bondi, pour compenser la défection des Chinois, Berlin a souscrit sans broncher à cette demande américaine.

Pour Angela Merkel le sort de la voiture allemande compte davantage que celui de l'éleveur français. Pas sûr que les Européens soient vraiment unis pour retrouver leur souveraineté en la matière.

►En bref

Huawei le géant chinois des télécoms a dévoilé hier son smartphone pliable

Une présentation faite à Barcelone pour le World Mobile Forum qui démarre ce lundi. Le Chinois emboîte donc le pas à Samsung qui a dévoilé la semaine dernière un premier modèle à écran flexible. Sûr de sa technologie, il fait de la surenchère, en le proposant à 2600 dollars, bien plus cher que le modèle coréen.

Le Zimbabwe souhaite un allègement de l’interdiction du commerce de l’ivoire

Grands contrats d’exportation, la ritournelle des compensations industrielles

Comment l’Organisation internationale du travail fait progresser la justice sociale

France: le gouvernement sous pression face au plan social de General Electric

Le mariage en vue entre Fiat Chrysler et Renault va-t-il pénaliser l’emploi ?