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Le Sénégal sur la voie de l’émergence: les bailleurs votent Macky Sall

Par Dominique Baillard

Au Sénégal où le premier tour de la présidentielle a lieu dimanche, Macky Sall veut obtenir un nouveau mandat pour réaliser son ambition : sortir son pays de la grande pauvreté. Son « Plan Sénégal émergent » a déjà été en partie réalisé mais il est aujourd'hui très contesté par les autres candidats.

C'est de bonne guerre en campagne, mais l'exercice est périlleux pour l'opposition car en terme macro-économique, le bilan de Macky Sall est globalement très positif. La croissance a été en moyenne de 6% pendant son mandat, soit le double des cinq dernières années précédant son arrivée au pouvoir. Le déficit public et l'inflation sont aujourd'hui maitrisés. Le FMI a décerné un satisfecit au gouvernement en prévoyant une croissance de plus en plus forte dans les prochaines années. Il y a aussi des réalisations tangibles à mettre à son actif. La relance de l'agriculture a donné ses premiers fruits : la production de riz a doublé. L'essor du secteur minier dope les exportations. Et enfin de grands chantiers d'infrastructures ont été amorcés voire entièrement finalisés.

Pour réaliser tous ces projets, l'Etat s'est beaucoup endetté, beaucoup trop selon l'opposition.

Effectivement, l'endettement public s'est envolé. La dette représente aujourd'hui 60% du produit intérieur brut, un niveau excessif pour un pays encore classé parmi les 25 les plus pauvres de la planète. Mais un niveau qui n'affole pas les bailleurs. En décembre dernier, ils ont d'ailleurs confirmé qu'ils étaient prêts à financer le deuxième volet du Plan Sénégal émergent, allant au-delà des attentes du gouvernement. Il faut dire que l'Etat sénégalais dispose d'une très bonne réputation sur le marché de la dette. En témoigne le taux d'intérêt obtenu pour son dernier eurobond, 4,75%, c'est mieux que celui qu'a obtenu quelques mois plus tard la Côte d'Ivoire, un pays deux fois plus riche.

Où en sont les grands travaux financés par cet argent public ?

Certains sont achevés. 220 kilomètres d'autoroute sont aujourd'hui en service, une ville nouvelle a poussé près de Dakar, Diamniadio, où des ministères ont déménagé, un train express pour la relier à la capitale sera bientôt en service et le pont qui relie le pays à la Gambie a été inauguré en janvier. Ces investissements tape-à-l'œil, parfois lancés par son prédécesseur, cristallisent les critiques. Parce qu'ils sont concentrés sur la côte, dans la partie la plus urbaine du pays ; ils ne profitent donc pas aux trois quarts des Sénégalais qui vivent hors de la capitale. Parce que leur coût est inflationniste, et puis enfin parce que l'argent public ne peut pas être le seul levier de croissance. Même les experts sollicités par le FMI avec l’accord du gouvernement pour évaluer l'impact du Plan Sénégal émergent (voire Race to the next income frontier : how Senegal and the other low-income countries can reach the finish line (« la course à la nouvelle frontière des revenus : comment le Sénégal et d’autres pays à bas revenus peuvent atteindre la ligne d’arrivée ») l'ont écrit noir sur blanc : il faut maintenant que le privé prenne le relais, et pour cela il faut rendre le pays encore plus attractif pour attirer les investisseurs.

Est-ce que les électeurs sénégalais ressentent les bienfaits de ce Plan Sénégal émergent ?

Les grands travaux ont généré de l'activité et de l'emploi, il y a pour l'instant une certaine effervescence entrepreneuriale, mais pas encore de résultats décoiffants en termes d'emploi. La zone franche créée à Diamniadio n'abrite pour l'instant que trois entreprises, les deux autres villes nouvelles et leur parc industriel sont encore dans les limbes. L'accès à l'électricité s'est nettement amélioré, la couverture santé aussi, « la pauvreté semble avoir reculé », écrit prudemment la Banque mondiale. Elle touchait 47% de la population en 2011 et ce chiffre aurait diminué de plusieurs points. Mais difficile d'en parler avec certitude, puisqu'il n'y a pas de statistiques fiables depuis cette date.

►En bref,

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