rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Aujourd'hui l'économie
rss itunes deezer

Air France-KLM: l’alliance à l’épreuve des intérêts nationaux

Par Dominique Baillard

Un compromis est en vue chez Air France-KLM pour apaiser la colère des Néerlandais, tous unis pour défendre leur compagnie. Il devrait être approuvé aujourd’hui lors d’un conseil d’administration.

Il faut revenir sur l’histoire de cette alliance pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Il y a quinze ans, la KLM est en sérieuse difficulté, la demande en mariage d’Air France est alors sa planche de salut. Mais la compagnie tient à conserver son identité et son autonomie. Son nom, son périmètre, trois fois moindre que celui d’Air France, sont soigneusement garantis. Et cet équilibre, c’est ce que Ben Smith, le nouveau patron de l’alliance, veut bouleverser. Ses projets de rapprochement sont vécus au Pays-Bas comme une agression. Les Néerlandais veulent continuer à faire chambre à part et le dirigeant de KLM, Pieter Elbers, a donc fait de la résistance. Avec l’appui des salariés, ils ont pétitionné en sa faveur et avec le ferme soutien du gouvernement.

Ce n’est pas la première fois que les salariés de la KLM prennent leur distance avec Air France. En 2018, c’est la grève des pilotes d’Air France qui a fait sortir de leurs gonds et leur patron et leurs représentants syndicaux. Ce conflit estiment-ils déjà d’une même voix, met en péril les résultats financiers du groupe. « Nous aussi, nous allons faire grève, mais ça sera pour exiger une séparation », menace même un salarié de la compagnie néerlandaise. Si les dissonances s’expriment avec autant de virulence sur la place publique c’est parce que la KLM a retrouvé une très bonne santé financière : elle est aujourd’hui bien plus rentable qu’Air France. Les réflexes nationaux ne sont pas l’apanage des Néerlandais. Sous la pression du gouvernement français, Air France est sommée d’acheter des Airbus parce que le constructeur aéronautique européen a des usines à Toulouse tandis que la KLM continue à privilégier Boeing.

Des crispations nationales qui ne remettent pas en cause l’alliance

Dans les heures qui viennent, le compromis trouvé permettra de dire si les compagnies vont se rapprocher davantage ou bien si le statu quo l’emporte. Ben Smith, le patron canadien de l’alliance voudrait avoir un droit de regard sur les affaires de la KLM, mais la porte du conseil de surveillance de la compagnie lui est toujours fermée, comme elle l’a été à ses prédécesseurs. Il doit donc trouver une astuce pour modifier la gouvernance sans heurter l'ego des Néerlandais. Et il veut aussi obtenir gain de cause sur la gestion de la flotte. Car Air France-KLM a beau s’enorgueillir d’être la première compagnie au monde, avec plus de 100 millions de passagers depuis l’an dernier, elle demeure moins rentable que ses concurrentes américaines et pas seulement à cause des grèves françaises. Pour améliorer ses résultats et son offre, il faut aussi faire des économies d’échelle, cela passe par une plus grande intégration, au risque de casser des intérêts nationaux. Au moment où les gouvernements français et allemands militent en faveur de la création d’un champion européen, cette scène de ménage dans le ciel de l’Europe rappelle à quel point ce projet est toujours un parcours du combattant. Même quand la Commission a donné sa bénédiction.

EN BREF

« Le monde ne peut pas se passer de Huawei » affirme le fondateur de l’entreprise chinoise devenue incontournable pour la mise en œuvre de la 5G; Une nouvelle fois Ren Zengfei sort de sa réserve pour défendre sa société et sa fille la directrice financière, aujourd’hui menacée par la justice américaine. Et certains pays lui donnent déjà partiellement raison. Le gendarme britannique de la cybersécurité estime que les risques d’espionnage via la firme sont limités. Le gouvernement néo-zélandais n’exclut plus un éventuel contrat avec Huawei pour le déploiement de la 5G.

Au Nigeria le naira et la bourse ont fortement chuté, hier, suite au report des élections. Les investisseurs craignent que ce report d’une semaine ne débouche sur une contestation des résultats, ce qui alimente l’incertitude. Un climat toujours jugé négatif par les marchés.

75 ans de Bretton Woods: un ordre financier toujours déterminant pour l'Afrique

Séoul veut de l’aide pour contrer les restrictions d'exportations japonaises

Pourquoi les dirigeants populistes veulent reprendre le contrôle des banques centrales

Le Zimbabwe souhaite un allègement de l’interdiction du commerce de l’ivoire

Grands contrats d’exportation, la ritournelle des compensations industrielles