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Agenda culture Afrique
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Agenda culture Afrique du 17 au 23 février 2019

Par Magali Lagrange

Où sortir cette semaine ? C'est l'agenda culturel avec Anne Bocandé d'Africulture.

La voix du romancier et rappeur Gaël Faye, avec le chant et la musique de Samuel Kamanzi. C’est à écouter demain au centre culturel Rwanda Arts Initiative, à Kigali.

Paru en 2016 en français, le premier roman du franco-rwandais Gaël Faye Petit pays a connu un succès international.

Le récit de l’enfance d’un petit garçon, de père français et de mère rwandaise, à Bujumbura, au Burundi. L’histoire se passe dans les années 1990 avec pour toile de fond, très rapidement, les guerres au Burundi et au Rwanda.

Le Rwanda arts initiative a porté la traduction de ce roman en kinyarwanda, langue majoritaire du Rwanda, paru sous le titre Gahugu Gato. Gaël Faye et Samuel Kamanzi le présenteront demain, en musique, à Kigali.

Littérature toujours, avec la première rencontre de l’année du salon MOSS de Douala.

Galerie d’art, incubateur de start-up, la galerie MAM abrite aussi le salon littéraire MOSS, animé par Marème Malong. Après y avoir reçu, depuis 3 ans, Achille Mbembe, la romancière Hemley Boum, le poète Marc Alexandre Oho Bambe, il accueille jeudi l’auteure italo-sénégalaise Aminata Aidara, pour son premier roman Je suis quelqu’un. Un récit autour d’un secret de famille, qui se déroule entre la France, le Sénégal et l’Italie, un roman où les personnages principaux sont deux femmes, une mère et sa fille. A lire absolument.

C'est le dernier jour pour profiter de la Cape Town Art Fair, foire d’art contemporain qui se déroule en Afrique du Sud. L’occasion de faire un gros plan, cette semaine, sur l’artiste Émilie Régnier qui y est exposée.

Elle a découvert Luanda grâce à une résidence artistique. Elle a photographié principalement des femmes dans les rues de la capitale angolaise pour constituer sa série La Bella de Luanda qui est exposée au Cap jusqu’à ce soir.

Photographe canadienne, qui a passé une grande partie de son enfance au Gabon avant de s’installer plus tard au Sénégal, Emilie Regnier définit cette série comme « une recherche esthétique et qui frôle peut-être l’exotisme ? » se demande-t-elle, en interrogeant justement à travers ce travail son propre regard.

C’est une grande dame des arts contemporains qui est décédée cette semaine : la commissaire indépendante nigériane Olabisi Silva.

Les hommages n’en finissent plus de circuler, pour saluer l’activisme culturel de Olabisi Silva, sa contribution au rayonnement de l’art contemporain sur le continent africain.

Parmi les Commissaires de la Biennale de Dakar en 2006, directrice artistique des Rencontres photographiques de Bamako en 2015, elle a fondé en 2007, une galerie, le Centre d’art contemporain à Lagos au Nigéria.

Une femme à qui nombre d’artistes, galeristes, commissaires, journalistes qui l’ont côtoyé rendent hommage en décrivant une femme courageuse, visionnaire, inspirante, une professionnelle combative tisseuse de liens, entre les mondes, les idées, les générations...

Elle disait notamment dans une interview accordée il y a quelques années : « Le secteur de l’art contemporain en Afrique doit d’abord lui-même se comprendre et se mettre en valeur en développant des infrastructures locales et régionales. Il doit également produire davantage de réflexion sur ses activités. La dépendance vis-à-vis du Nord est étouffante [...]. Je suis convaincue que faire entendre nos propres voix grâce à la multiplication d’espaces, d’organisations et de collectifs nouveaux dans la région et à travers tout le continent est un important début. »

Dans le centre d’art contemporain qu’elle avait fondé, elle avait notamment dirigé des expositions consacrées au grand photographe nigérian Ojeikere, au sculpteur El Anatsui, ou encore Adolphus Opara. Et en ce moment, au CCA, se tient une exposition intitulée LineGuage. Textual Imagery. Linear Allegory, une discussion originale provoquée entre les artistes d’art contemporain et les écrivains. Là encore des liens tissés entre des mondes.

Elle tisse des liens, elle aussi, entre ses différentes influences. Mayra Andrade vient de sortir son nouvel album.

Coup de cœur du début de cette nouvelle année, le cinquième album de l’artiste capverdienne est un bijou, alternant entre des morceaux qui donnent des frissons, tant ils sont imprégnés de saudade capverdienne et d’autres qui vous entraînent progressivement sur les pistes de danse, avec des arrangements signés notamment par Akatché, musicien, arrangeur, beatmaker né au Ghana, installé aujourd’hui au Sénégal, et de nationalité ivoirienne.

L’album, intitulé Manga de Mayra Andrade, a été réalisé en partie à Abidjan, en partie à Paris où l’artiste a longtemps résidé, et aussi à Lisbonne où elle vit désormais. Elle est en tournée actuellement, avec un concert mardi à Paris.