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Chronique des droits de l'homme
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Mexique: Maria Marquez de Favela cherche son fils, disparu depuis 6 ans

Par Véronique Gaymard

Au Mexique, plus de 40 000 personnes sont considérées comme victimes de disparitions forcées, et plus de 26 000 corps non identifiés reposent toujours dans les morgues. Ces chiffres officiels terrifiants ne montrent pas d’accalmie malgré les engagements du nouveau président Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO). Véronique Gaymard a rencontré Maria Marquez de Favela et son mari Manuel, qui recherchent leur fils disparu depuis 6 ans à Ciudad Juarez au nord du Mexique. Ils dénoncent la collusion entre le crime organisé et les forces de sécurité.

« Je m’appelle Maria de Jesus Marquez de Favela, je viens de Ciudad Juarez dans l’Etat de Chihuahua, mon fils a disparu, il s’appelle Adrian Favela Marquez. Il y a six ans, des agents de l’Etat sont rentrés de force chez moi, ils ont cassé les cadenas, des vitres et ils ont enlevé mon fils et un de ses amis qui était là. A ce jour, nous n’avons aucune idée de l’endroit où ils se trouvent. » Maria Marquez de Favela est venue à Paris avec son mari à l’invitation de l’ACAT, l’organisation chrétienne pour l’abolition de la Torture qui lui a remis cette année le prix Engel-du Tertre des droits de l’homme. Un prix qui récompense la recherche acharnée des familles de disparus avec les associations Centre des droits humains Paso del Norte et Familles unies pour la vérité et la justice.

Aucun effort d'enquête

Pour l’instant, explique Maria, les autorités n’ont fait aucun effort d’enquête pour retrouver son fils qui avait 27 ans lorsqu’il a été enlevé. « Nous ne bénéficions d’aucune aide, les autorités ne veulent pas enquêter, il a été prouvé qu’ils ont été enlevés par des policiers, c’est pour ça qu’ils ne veulent pas faire avancer notre cas. Donc on s’est débrouillés tout seuls pour rechercher notre fils un peu partout. »

C’est avec le collectif des familles que Maria Marquez de Favela recherche son fils, partout, avec ses propres moyens. « On se met d’accord pour rechercher nos disparus, on cherche dans les rues, dans les quartiers, dans les collines alentours, dans d’autres villes, on cherche nos enfants avec des pelles, des râteaux, on va aussi dans des institutions psychiatriques, on se renseigne partout, on cherche dans les puits, jusqu’à 50 mètres de profondeur, si on trouve des restes, car on les cherche en vie, mais aussi sans vie. »

Son mari Manuel insiste sur le fait que des voisins ont bien témoigné sur la présence d’agents de l’Etat lors de la disparition de leur fils. Une implication des autorités à tous les niveaux assure-t-il. « C’est la raison pour laquelle nous cherchons de l’aide en Europe, dans d’autres pays, avec le soutien d’organisations comme l’ACAT et le centre Paso del Norte. C’est la mobilisation par ces canaux qui nous redonnent l’espoir que cela oblige les autorités à répondre à nos demandes sur la recherche de nos disparus. Nous, on continue à les chercher, on a même été formés sur la façon de rechercher des ossements dans le désert, l’identification de vêtements, grâce à une formation que nous propose le centre Paso del Norte. »

Visibilité internationale

Le prix de l’ACAT donne une visibilité internationale au combat de Maria et à Manuel dans la recherche de leur fils disparu. Il leur donne aussi des moyens financiers pour continuer leur quête de la vérité. « Nous, les parents, qui recherchons nos enfants disparus, nous avons des besoins financiers, on doit même acheter des pelles, des pioches, pour les recherches », insiste Maria. « Ca va aussi nous servir à avoir davantage de visibilité » rappelle son mari Manuel, « car les organisations étrangères sont très respectées par les autorités. Donc le fait qu’elles sachent qu’on bénéficie d’un soutien international, ça va nous permettre d’être moins menacés, et qu’elles n’osent pas nous attaquer. Bien sûr qu’on a peur là-bas, mais on est obligés de perdre cette crainte, et on se sent surtout menacés par les autorités. » Les parents d’Adrian, disparu depuis 6 ans, espèrent beaucoup du nouveau président Andrés Manuel Lopez Obrador. Mais au niveau municipal et de l’Etat, la situation se dégrade et les disparitions continuent.

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