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L’Alliance avec Nissan est-elle vraiment une chance pour Renault ?

Par Dominique Baillard

Renault tourne définitivement la page de l'ère Ghosn sur des résultats annuels décevants. Son successeur, Thierry Bolloré, est en première ligne pour expliquer la baisse du bénéfice et pour répondre aux multiples questions sur l'avenir de l'Alliance formée avec Nissan.

Car c'est l'Alliance qui plombe les comptes de Renault. Nissan, dont Renault détient 43% des actions, a annoncé il y a trois jours un effondrement de son bénéfice sur fond de stagnation des ventes. Cela fait reculer mécaniquement le bénéfice net de la marque au losange : il est tombé à 3,3 milliards d'euros en 2018 contre plus de 5 milliards en 2017. Ce matin devant les journalistes, Thierry Bolloré doit donc rassurer les actionnaires, leur expliquer en quoi cette Alliance peu performante en bourse est néanmoins utile.

La chute de Carlos Ghosn qui a façonné cette alliance la remet-elle en cause?

Pas vraiment car l’Alliance est devenue une évidence industrielle. Avec le renfort du troisième larron Mitsubishi, dans la boucle depuis 2017, elle est devenu cette année-là numéro un mondial. Elle a vendu 11 millions de véhicules l’an dernier, et prévoit d’en fabriquer 14 millions en 2022. A cette date 80% des modèles des trois marques seront construits sur des plateformes communes. Faire machine arrière serait une aberration. Ensemble les trois alliés ont la taille critique pour réaliser les investissements dans les nouvelles mobilités. Ils se complètent sur le plan commercial. Le Japonais est plus fort sur les marchés américains et chinois, le Français sur les marchés indiens, sud-américains et russes. Mais l'alliance a une grande faiblesse, son montage financier contesté par les Japonais car il ne reflète pas le poids réel de Nissan.

Tokyo conteste surtout la présence de l'Etat au capital de Renault.

Cette présence assure à l'Etat français un droit de regard sur les affaires de Nissan puisqu'il détient des actions assorties de droits de vote. Carlos Ghosn préparait une fusion pure et simple des entreprises, un scénario encore plus impensable pour Nissan. Il faut aujourd'hui trouver un compromis pour pérenniser cette alliance qui a fait ses preuves. Le nouveau PDG Jean-Dominique Senard est ce jeudi et demain vendredi à Tokyo pour un premier rendez-vous avec son homologue nippon, Hiroto Saikawa souvent présenté à tort ou à raison, comme le tombeur de Carlos Ghosn.

Le gouvernement français pourrait-il diluer sa participation au sein de Renault?

L'automobile est un secteur trop sensible pour que l'Etat s'en désengage. En France, Renault emploie encore 50 000 salariés. Cette industrie fournit du travail à 10% de la population active. Et puis, qu'elle soit privée ou publique, elle dépend beaucoup des directives données par les pouvoirs publics. En décidant des normes, ils en dessinent l'avenir, on l'a vu hier sur le diesel, on le voit aujourd'hui avec l'électrique : Emmanuel Macron annonce aujourd’hui un fonds de 700 millions d'euros pour soutenir une industrie européenne de la batterie. Une excellente nouvelle pour les constructeurs européens. L'Etat est le premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, quand il était à Bercy Emmanuel Macron avait musclé cette participation au capital de Renault provoquant l'ire des Japonais. Le sort de l'alliance est en partie entre ses mains.

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