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Hongrie: Orban et son discours à la nation sur fond de colère sociale

Par Guillaume Carré

Ce dimanche après-midi comme tous les ans, le Premier ministre Hongrois, Viktor Orban, va s’adresser à la nation hongroise, dans un discours qui va donner les grandes orientations pour 2019. Ce discours, cette année, se tient dans un contexte de campagne avant les élections européennes de mai prochain mais aussi de forte contestation sociale assez inattendue en Hongrie. Les médias hongrois s’attendent à ce que Viktor Orban parle de la famille, de l’Europe et bien sûr, de l'un de ses thèmes favoris, l’immigration.

Depuis l’année dernière, le nouveau cheval de bataille du Fidesz, le parti conservateur auquel appartient Viktor Orban, est le rétablissement des valeurs familiales. Valeurs dévoyées selon le Fidesz par une culture libérale permissive. Mais ce thème, même s’il n’était pas central, n’est pas nouveau pour le Fidesz. Cela fait des années que le parti essaie de remettre au-devant de la scène l’Eglise chrétienne. Le Fidesz n’a jamais été connu pour être un chaud partisan de l’émancipation féminine, sans parler de ses attaques contre les homosexuels, contre les études de genres à l’université, etc.

Étonnamment, ce discours se marie bien avec sa rhétorique anti-immigrés ! La Hongrie à la population vieillissante est particulièrement inquiète du non-renouvellement de sa population. Une des réponses pourrait être de faire appel à des émigrés, option qu’a en horreur la droite hongroise. Donc, pour Orban, la solution est une politique nataliste volontariste ! Appeler les jeunes hongrois à procréer vite et beaucoup.

Mais Viktor Orban ne se préoccupe pas seulement des affaires internes. Il a également de grandes ambitions au niveau européen. En effet, il ambitionne non seulement d’incarner le virage nationaliste et conservateur de l’Union européenne, mais aussi de fédérer derrière lui toutes les droites aux accents xénophobes et anti-européennes, de la Pologne à l’Italie.

Un soulèvement social de nature inédite

Orban et son parti, fort d’une majorité écrasante au Parlement grâce en partie à une loi électorale faite sur mesure, et, face à une opposition laminée, a peut-être été trop confiant, voire arrogant.

Mi-décembre au parlement, le Fidesz a fait passer une nouvelle loi sur le travail, rapidement surnommée loi esclavagiste, qui permet à l’employeur d’augmenter les heures supplémentaires et surtout de les payer jusqu’à trois ans après qu’elles aient été effectuées. Cette mesure a ulcéré une partie de la population et le Fidesz n’avait probablement pas anticipé une telle émotion !

Les manifestations se poursuivent

L’opposition compte bien se mobiliser et ne pas laisser passer l’occasion que représente le sentiment d’indignation face à cette loi. Pour l’opposition, toute la question est de savoir si elle saura s’unir, si elle saura mobiliser une population qui, loin d’être entièrement acquise au parti de Viktor Orban, ne se montre pas très combative ou revendicative. Les syndicats aussi, grande première, commencent à se mobiliser. Mais les travailleurs hongrois sont peu accoutumés aux mouvements sociaux et, de plus, en 2011, le Fidesz a passé des lois qui restreignent très fortement le droit de grève.

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