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Pourquoi l’annulation du mariage Alstom-Siemens énerve les politiques français?

Par Dominique Baillard

La classe politique française vent debout contre la Commission européenne qui a rejeté hier le projet de fusion entre Alstom et l’Allemand Siemens. Pourquoi autant de passion ? Le sort d’Alstom est-il menacé par l’annulation du mariage ?

Si cette affaire déchaîne autant les politiques, c’est d’abord pour des raisons très franco-françaises. Alstom est l’un des derniers symboles de la puissance industrielle française, et donc un totem national. Marine le Pen l’a très bien compris, c’est la seule à se réjouir de l’échec de cette union qui revenait d’après elle à mettre ce fleuron sous la coupe de Siemens. Alstom est encore synonyme de bassins d’emplois à défendre, de bastion ouvrier prompt à s’enflammer. C’est pourquoi selon l’expert du transport ferroviaire Gilles Dansart (Mobilettre), les décideurs sont souvent « pétrifiés », tétanisés face à cette entreprise hors norme qui a longtemps vécu à l’abri de la commande publique.

Souvenez-vous de la panique de François Hollande en 2016 quand l’usine de Belfort a failli fermer, il invente une commande surréaliste de TGV devant rouler sur une ligne conventionnelle pour faire tourner le site. Souvenez-vous surtout du rachat de la branche énergie d’Alstom par l’américain General Electric il y a quatre ans. Le démantèlement de l’un des derniers géants français de l’industrie est un traumatisme. Et c’est en train de devenir un boulet politique. Parce que l’américain n’a pas tenu ses promesses en termes d’emplois. C’est dans ce contexte que l’idée de la fusion a fait son chemin parmi les politiques, elle apparaît comme le seul salut possible, la solution miracle qui va effacer les errements de ces dernières années.

L’échec de cette fusion met-il en péril l’activité d’Alstom ?

Alstom est une entreprise en bonne santé. Avec un carnet de commande record à l’international, elle est solide sur le plan financier. Assise sur une montagne de cash depuis le rachat de General Electric, elle peut donc penser à réaliser d’autres acquisitions si l’occasion se présente. Son patron regrette la décision de la commissaire à la Concurrence mais il déjà prêt à rebondir. Il doit maintenant définir une autre stratégie pour combler le retard de l’entreprise dans la digitalisation et bien sûr pour lui donner les moyens de résister à la montée en puissance du mastodonte chinois.

Les gouvernements français et allemands ont donc raison de vouloir modifier les règles pour faciliter l’émergence des champions européens face à la concurrence chinoise ?

Sur le marché du ferroviaire, il y a effectivement une vraie menace chinoise à l’international depuis 2015. Les autorités chinoises anticipent alors la saturation du marché national et décident de fusionner les deux grandes entreprises ferroviaires publiques pour créer CRRC, dont la mission est de conquérir le marché international. Ce qui est assez piquant dans cette affaire c’est que « Bruxelles fait aujourd’hui le chemin inverse de celui effectué par Pékin » fait remarquer Jean-François Dufour de DCA-Chine Analyse.

Alors qu’il y a urgence à renverser la vapeur, la locomotive franco-allemande apparait aujourd’hui un peu seule dans son combat. On peut reprocher à Paris et Berlin de privilégier leurs intérêts nationaux, mais on peut aussi s’interroger sur les résistances d’un certain nombre de pays membres de l’union européenne quand la Chine est dans le viseur des décisions européennes. L’an dernier par exemple, le projet de contrôle sur les investissements étrangers promus par la France et l’Allemagne a été nettement édulcoré sous la pression entre autre du Portugal et de la Grèce, des pays soucieux de ne pas gêner leur créancier chinois.

EN BREF

David Malpass, un proche de Donald Trump, sera bien le candidat de la maison blanche pour diriger la banque mondiale. Un choix très controversé. Ce responsable du Trésor américain est surtout connu pour ces critiques des institutions internationales, qu’il juge dépensières et pas très efficaces. D’après ses opposants, c’est aussi un piètre économiste, qui expliquait juste avant la crise de 2008 que le marché de l’immobilier et celui de la dette ne jouait pas un rôle important. D’autres candidats pourraient émerger, mais le poste est traditionnellement réservé à un ressortissant américain.

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