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Le roman «Les Verts» au centre d'une polémique en Lituanie

Par Marielle Vitureau

Nous partons en Lituanie ce matin pour parler d’un livre. Le roman « Les Verts » publié en 2002 est au cœur d’une polémique. Son auteur, Marius Ivaskevicius a été nommé pour recevoir la plus haute distinction artistique pour l’ensemble de son œuvre. Elle sera décernée le 16 février prochain, jour de fête nationale. Ce roman qui présente les partisans anti-soviétiques comme de simples hommes avec leurs travers est inacceptable pour certains et ils demandent le retrait de cette décoration. Eclairages de Marielle Vitureau, notre correspondante en Lituanie.

Tout d’abord, qui sont ces partisans anti-soviétiques dont le roman parle ?

En 1944, l’Union soviétique envahit une deuxième fois la Lituanie et toute de suite un mouvement de résistance se met en place. Ce sont les frères de la forêt. Ils sont appelés comme ça, car ils organisent la lutte dans les bois. Ils sont très organisés avec une hiérarchie militaire, un gouvernement clandestin. On estime leur nombre à 20 000  et leur lutte a duré environ jusqu’à la mort de Staline, en 1953. Tout récemment, les restes d’un des plus grands partisans Adolfas Ramanauskas, torturé par les Soviétiques ont été retrouvés. Et en octobre sa dépouille a eu droit à des funérailles officielles. Sept résistants sont encore vivants et ils ont été décorés en 2018 de la médaille pour la liberté, décernée par le Parlement. Bientôt, ils seront aussi honorés sur des timbres.

Impossible ou presque aujourd’hui de remettre en cause ces héros

Il est important de comprendre le contexte. Depuis l’implication de la Russie dans le conflit en Ukraine, la Lituanie est sur ses gardes. Elle redoute surtout le caractère imprévisible de son voisin. Les réactions sont devenues épidermiques. Et ces partisans anti-soviétiques sont un exemple absolu de résistance. Ils sont considérés comme de vrais héros. Les faire descendre de ce piedéstal, les dépeindre aussi comme des hommes avec leurs possibles travers et leurs pulsions est considéré comme une trahison. Ce qu’on reproche à l’auteur, c’est de se comporter comme les chaînes de télévision russe, souvent rappelées à l’ordre, comme cette semaine, ou interdites de diffusion pour distorsion de faits historiques. Mais là, il s’agit d’une œuvre littéraire.  Les critères sont tout autre. Un mouvement patriotique a été particulièrement actif dans cette campagne. Médias et réseaux sociaux ont été le lieu de ces affrontements, mais le cas du roman le Verts a aussi été discuté au sein même du Parlement.

Mais de grandes voix soutiennent aussi l’auteur et dénoncent une volonté grandissante de contrôle de la société en Lituanie

Parmi ces voix, on compte celle du poète Tomas Venclova, dissident à l’époque soviétique ou de directeurs de théâtre, de musée ou même d’historiens. Au-delà du roman post moderne qu’ils apprécient à des degrés divers, tous dénoncent une tendance déplorable du contrôle dans la société lituanienne. Dans une tribune, le directeur du musée juif dénonce la volonté d’un groupe proche du pouvoir de jouer un rôle de censeur. Mais cette tendance est aussi initiée par le pouvoir lui-même. Une loi est à l’étude au Parlement qui prévoit des sanctions pour toute critique du pouvoir en place ou pour distorsion de la mémoire historique. Ce n’est pas une première tentative. 2019 est une année électorale importante, élections présidentielles, municipales et référendum. La communauté des journalistes est inquiète.

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