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Maroc: les commerçants contre de nouvelles mesures fiscales

Par Théa Ollivier

Depuis début janvier, les commerçants multiplient les grèves pour protester contre l’application de mesures fiscales qui les obligeraient à avoir des factures électroniques comme cela a été fait en Afrique du Sud, en Tunisie et au Bénin. Malgré un accord passé entre les autorités et les syndicats, le bras de fer continue entre les commerçants et l’Etat, qui veut sortir de l’informel et qui tente d’apporter une nouvelle structure fiscale.

Même sous la pluie, des camions chargent et déchargent de gros cartons dans le quartier de grossistes de Derb Omar à Casablanca. Ici, pas de factures. Seulement un nom et une adresse écrits au feutre. Une habitude que les commerçants ne veulent pas changer. Comme tous, Brahim a fermé sa boutique début janvier 2019, pour dénoncer le durcissement des contrôles douaniers et protester contre les nouvelles mesures fiscales.

« L’Etat nous a laissé travailler de cette manière, jusqu’en 2019, après il a réfléchi pour structurer le secteur. Mais pour structurer le secteur, comment on va faire avec les consommateurs ou les commerçants qui sont au-dessous de nous ? »

La loi prévoit entre autres une facturation électronique systématique pour toute transaction. Le but : sortir de l’informel. Mais face au mécontentement des commerçants, un accord a été trouvé le 15 janvier 2019 entre les syndicats et les autorités afin de suspendre la loi. Une suspension qui ne satisfait pas les syndicalistes comme Mohamed Chahid, du SNCP. « Une loi c’est une loi, elle doit être dérogée par une autre. La chance que l’on a, c'est que cette année ce sont les assises fiscales et c’est là qu’on peut tout recommencer à zéro. »

En attendant de voir la loi abrogée, les commerçants comme Mohammed restent mobilisés. « Si rien ne bouge, on va continuer la grève inch'Allah, voire une grève générale dans tout le Maroc. Pour le moment, chaque ville fait la grève de son côté. »

Après les grossistes, les commerçants de proximité aussi se sont mobilisés à travers le royaume. Une tendance à continuer la grève, qu’explique l’économiste Abdelghani Youmni.

« Il y a aussi un problème viral de discours qui se font de certains grossistes, qui montent les petits détaillants pour leur dire que vous serez attaqués. En principe, cette mesure ne touchera que les grossistes, la plupart des petits commerçants, eux, ne seront pas touchés par la facture électronique. Ce que veut le gouvernement, c’est de faire une traçabilité de tout produit importé ou confectionné au Maroc. Je trouve tout à fait normal qu’on fasse une mise à niveau, un assainissement on ne peut pas rester dans un désert fiscal dans un pays qui veut sortir de la dualité entre formel et informel. »

Malgré la pression des commerçants, cette grève n’aura pas d’impact sur l’économie marocaine, selon l’expert. « Cette grogne, je pense qu’elle ne touchera pas l’économie parce qu'aujourd'hui il y a la relève des grandes surfaces et des commerces franchisés qui rentrent au Maroc. »

Le prochain round de discussions, ce sera lors des assises des commerçants et de la fiscalité en avril et mai 2019.

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