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Elections en Guinée: «La bonne volonté du gouvernement est assez claire»

Par Carine Frenk

Après Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition, c’est Kiridi Bangoura, ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence et porte-parole de la présidence, qui répond aux questions de Carine Frenk.

RFI : Les législatives auront-elles lieu cette année en Guinée ?

Kiridi Bangoura : C’est la Commission électorale nationale indépendante qui fixe le calendrier électoral en Guinée. Cette Céni est constituée de façon paritaire par l’opposition et la majorité. Il y a un constat qui a été fait par les acteurs politiques, il y a quelque temps et lors du dialogue politique. Et les recommandations issues de l’audit du fichier doivent être implémentées pour que les élections puissent se tenir dans les meilleures conditions possible. C’est à la suite de cela que la Céni pourra techniquement proposer un calendrier électoral.

« Tout se fait en fonction des agendas cachés du président Alpha Condé », a déclaré ce mardi sur notre antenne l’opposant Cellou Dalein Diallo. Que répondez-vous ?

Le chef de file de l’opposition sait très bien qu’il n’y a pas d’agenda caché. Le seul agenda, c’est l’agenda républicain. Le chef de l’Etat n’a rien à voir quant à la fixation de la date des élections. L’obligation lui est faite chaque fois que la Céni lui propose une date, de prendre un décret pour avancer.

Le report des législatives va-t-il entraîner un report de la présidentielle de 2020 ?

Quand vous êtes dans une programmation du réel, vous vous occupez des problèmes qui se posent à vous concrètement. Il y a un glissement, c’est vrai. Un constat a été fait qu’on ne peut pas tenir les élections législatives à date, mais si tout se passe bien, les élections auront lieu cette année. Et on doit poursuivre le déroulé du calendrier républicain en Guinée.

Est-il envisageable de coupler les législatives et la présidentielle ?

Je ne suis pas membre de la Céni, et le gouvernement non plus n’est pas membre de la Céni. Mais c’est la Céni qui propose le calendrier électoral dans notre pays. La bonne volonté du gouvernement est sincèrement assez claire et chaque fois que la Céni va demander au gouvernement de disposer d’un moyen budgétaire nécessaire pour l’organisation des élections, le gouvernement sera au rendez-vous. Et de ce côté-là, les choses sont excessivement claires.

Le président Alpha Condé veut-il se représenter pour un troisième mandat ?

Le président a tellement à faire. Le taux de prévenance du paludisme dans notre pays vient de passer de 45% à 15%. Le président est dans le concret. Il est auprès des populations. Il est auprès des paysans. Il est auprès des jeunes et des femmes pour réaliser le projet de développement national et aider chacun, et chaque catégorie à participer à ce Plan national de développement économique et social. Cela le préoccupe énormément. Je crois qu’il a assez à faire et le mandat est totalement ouvert pour lui. Je ne sais pas pourquoi nous allons basculer artificiellement dans une discussion concernant le président de la République.

Mais le pouvoir entretient l’ambiguïté. Vous le reconnaissez tout de même ?

Est-ce que vous connaissez l’équivalent en Europe d’un chef d’Etat qui discuterait avant la fin de son mandat de la fin de son mandat ? Je ne sais pas pourquoi nous allons toujours être traités de façon un peu particulière, excusez-moi je ne suis pas susceptible. Mais c’est important de signaler cela quand même. C’est curieux qu’en 2019, au lieu de s’occuper des législatives et du développement, au lieu de travailler sur cela, nous sommes encore en train de discuter d’un problème qui n’existe pas pour l’instant. Le président est à la tâche au milieu des populations pour faire avancer notre pays.

Mais pourquoi ne se prononce-t-il pas clairement ?

La Constitution guinéenne ne prévoit nullement que le président dût répondre à cette question à cette date. Il y a une mission qui est confiée au chef de l’Etat. Pour le moment, il estime qu’il doit mettre toute son énergie dans l’accomplissement de cette mission.

Et, vous souhaitez qu’il puisse rester afin de continuer le travail entamé ?

J’entends beaucoup des Guinéens le dire. J’entends d’autres Guinéens qui ont d’autres opinions. C’est ça la démocratie. Il faut que nous acceptions que le débat soit le maître mot de la démocratie. Il ne s’agit pas seulement de rester dans l’observation statique des institutions. Il faut laisser le débat, permettre aux opinions de s’exprimer.

Donc vous reconnaissez qu’il y a un débat ?

Il y a un débat en Guinée actuellement sur la Constitution, sur les institutions, sur l’organisation de l’Etat au niveau du territoire. Est-ce qu’il faut plus de décentralisation, moins de décentralisation ? Il y a un débat très intéressant actuellement sur la codification plus forte des questions environnementales, de la place des femmes dans la vie politique parce qu’il y a les femmes qui se posent la question sur l’égalité doit être formelle ou si des contraintes de quotas doivent assurer pleinement leur expression, ce débat-là existe. Et tous ces débats trouvent leur achèvement à un moment donné dans le texte fondamental du pays.

Une nouvelle République permettrait au chef de l’Etat de se représenter ?

Est-ce que vous êtes d’accord avec moi que le souverain premier, c’est le peuple ? Si le peuple décide un jour qu’il y a une nouvelle République, on en parlera. Ni moi ni vous ni Cellou Dalein Diallo ni le président de la République ne peuvent décider à la place du peuple de Guinée.

Selon certaines informations, un texte de réformes de la Constitution serait déjà prêt. C’est faux selon vous ?

(rires) Si certains sont plus forts que des volontaires que des citoyens éclairés qui débattent actuellement pour la réforme de la Constitution guinéenne, c’est leur affaire, c’est leur contribution aussi. Je n’ai jamais entendu parler de cela.

Une réforme pourrait entraîner des violences ?

Nous sommes tous derrière le président de la République, sur le chantier du développement de la démocratie et de l’unité nationale. Ce qui est important justement pour éviter le pire, c’est de continuer tous à jouir et surtout à observer les devoirs que l’Etat de droit nous impose. La Céni est en place, il faut que nous nous engagions tous à ce que cette Céni rapidement propose un chronogramme électoral au pays. Il y a du travail concret à faire pour préparer les élections législatives à venir. Il faut que les partis politiques, la société civile, les citoyens guinéens s’engagent tous dans ce processus-là.

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