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Comment Huawei a séduit les Africains

Par Dominique Baillard

Huawei le numéro un chinois des télécommunications est de plus en plus rejeté par les pays occidentaux, Etats-Unis en tête. En revanche, dans les pays en développement, l'entreprise est toujours la bienvenue, notamment en Afrique où elle est présente depuis plus de vingt ans.

Huawei est parti très tôt à la conquête des marchés les plus ouverts, où tout était à faire. Bien avant de s’attaquer aux places fortes occidentales. Et c’était le cas du continent africain où il débarque en 1998 au Kenya. Il devient très vite un partenaire incontournable dans une quarantaine de pays. En participant de près ou de loin au lancement de la 3G puis de la 4G et maintenant de la 5G. C’est aussi un fournisseur de téléphone puisqu’il détient 15% du marché. Pour accompagner cet essor des télécoms africain, il a ouvert une douzaine de centres de formation, des sites industriels et c’est aussi l’entreprise qui a pris l’initiative du câble sous-marin reliant l’Asie à l’Afrique.

Les accusations portées par les Américains et les conséquences en Afrique

A priori les affaires continuent. Huawei est en relation avec la plupart des grands opérateurs africains de téléphonie mobile, MTN, ou encore Vodacome. En ce qui concerne ce dernier, sa maison mère, la Britannique Vodafone, a annoncé faire une pause dans ses achats Huawei. Mais cette décision n’a pas d’effet pour sa branche sud-africaine. Les pays africains se réjouissent des investissements les plus récents de Huawei. Un centre de stockage en Afrique du Sud ou encore une usine d’assemblage de téléphone qui vient d’être inaugurée en Algérie.

Peu de réactions chez les autorités africaines chargées de la régulation

Seul le secrétaire kényan du ministère de l’information et des télécoms Joseph Mucheru s’est ému des soupçons qui pèsent sur Huawei. Courant décembre, il a demandé à l’Autorité africaine des Télécoms d’enquêter sur Huawei et sur ZTE pour vérifier s’il y a ou non un risque d’espionnage des citoyens africains par l’intermédiaire de leurs équipements (une information relayée par le site kenyan Techweez). Pourtant, les Africains sont bien avertis de ce danger. L’an dernier, Le Monde a révélé que le siège de l’Union africaine a été massivement pillé via les installations du géant chinois. Des données ont été transférées chaque nuit du siège d’Addis-Abeba vers des serveurs de Shanghaï entre 2012 et 2017. L’accusation a été rejetée en bloc et par Pékin et par le groupe de Shenzhen.

La bienveillance des gouvernants africains

Les dirigeants africains ont confiance dans un industriel qui est venu tôt au moment où les concurrents étaient plutôt frileux. Ils sont également friands des technologies proposées par Huawei. Safecity, son application de reconnaissance faciale pour assurer la sécurité publique avec un maillage de caméras, est déjà installée dans les rues de Nairobi ainsi qu’à Maurice. Il y a quelques jours, Huawei en a fait la démonstration à Abidjan en présence du ministre de l’Intérieur. Et puis, les solutions proposées par Huawei ont un avantage imbattable dans des pays aux moyens limités : leur prix. Un argument contre lequel les pressions américaines ne feront guère le poids.

 

EN BREF

Les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis reprennent aujourd’hui à Washington. Avec une délégation chinoise de très haut rang, emmené par le vice-premier ministre chinois Liu He qui devrait rencontrer Donald Trump. Cependant les espoirs d’avancées sont minces, d’abord parce que les divergences demeurent fortes sur les questions de la propriété intellectuelle et ensuite à cause des tensions créées par les accusations portées contre Huawei.

Record de rentabilité pour le français LVMH. Son chiffre d’affaires a bondi de 11% en 2018 et le groupe se dit confiant pour 2019 au regard des ventes du mois de janvier. Contrairement à Apple, LVMH n’a pas souffert en Chine, bien au contraire, ses ventes continuent d’augmenter. Le géant français du luxe y réalise le tiers de son chiffre d’affaires.

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