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S’il ne se reconnaît plus dans les idéaux du RHDP, «Soro doit démissionner»

Par Pierre Pinto

En Côte d'Ivoire, ce samedi 26 janvier, le groupement politique RHDP devient formellement un parti à l'occasion de son premier congrès ordinaire à Abidjan. Amputé de son ancien allié, le PDCI devenu son rival, le RHDP se réclame de Félix Houphouet Boigny et se place sous l'autorité d'Alassane Ouattara. Que va-t-il advenir des autres partis qui composent le RHDP? Comment le RHDP se positionne pour la présidentielle de 2020? Que va faire de Guillaume Soro qui a pris ses distances avec la formation présidentielle? Le président du comité d'organisation du congrès, Adama Bictogo, répond à RFI.

Adama Bictogo, ministre ivoirien de l'Intégration africaine, médiateur dans la crise malienne. integration.gouv.ci

Rfi : Adama Bictogo, est-ce que les partis qui constituent le RHDP disparaîtront au lendemain du 26 janvier ?

Adama Bictogo : Vous savez que ces partis deviendront comme un patrimoine, d’autant plus que nous venons de sensibilités différentes. Mais ces modalités de transfert relèvent du congrès, donc pour nous, en soi, ce n’est pas un problème. Nous ne sommes pas dans le débat de savoir qui disparaît, qui ne disparaît pas… Non. A partir du 26 janvier nous fonctionnons en tant que RHDP, c’est cela qui est important.

Cela inquiète certains petits partis qui participent au RHDP, comme l’UDPCI de Mabri Toikeusse.

L’UDPCI peut avoir émis une préoccupation des militants, mais dès lors que nous nous sommes tous accordés pour dire que les modalités de transfert sont le fait du congrès, il n’y a pas de problème, c’est la mutualisation des compétences qui vont faire du RHDP un parti fort. Je considère que chaque parti a ses forces et ses faiblesses. Et donc, il faut pouvoir, dans cette mutualisation, tirer profit du meilleur de chacun des partis. Il n’y a pas de petits partis, il n’y a pas de grands partis. Il y a des forces en présence.

Mais concrètement, une fois le RHDP constitué en parti, est-ce qu’il y aura toujours dans certaines localités un secrétaire de section UDPCI, un secrétaire de section… ou est-ce qu’il n’y aura qu’un seul secrétaire de section RHDP ?

Tous les secrétaires de section existants en l’état, secrétaire de section UDPCI, RDR, [des deux factions du] PDCI, MFA, PIT, UPC, resteront secrétaires de section, mais en tant que RHDP. Cela permettra une meilleure couverture de l’espace et après il y aura un maillage. Donc ce sont des organes en tant que tels RHDP. Donc, naturellement, nous sommes tous d’accord que le maillage - la mayonnaise -, prendra au fur et à mesure que les activités seront menées.

Vous avez lancé, ces derniers temps, pas mal de piques à l’endroit de Guillaume Soro. Est-ce qu’il doit démissionner ?

Vous savez, la politique se nourrit de cohérences. Guillaume Soro a été proposé, en tant que militant RDR, comme candidat à la candidature pour être président de l’Assemblée de Côte d’Ivoire. Le RHDP, dans sa globalité, a adhéré à ce que Guillaume Soro soit le président RHDP. Mais lorsque l’on accepte d’être le président de l’Assemblée nationale RHDP, c’est que l’on accepte d’assumer le bilan du RHDP. C’est que l’on accepte d’assumer l'offre politique du RHDP. Dès lors que l’on décide de se déconnecter de ces différentes missions, on ne peut plus continuer de diriger une institution qui, de droit, revient au RHDP. Donc, en toute conscience et en toute cohérence avec la vision politique, le président Guillaume Soro, s’il ne se reconnaît plus dans les idéaux du RHDP, doit démissionner de l’Assemblée nationale.

La plateforme destinée à contrer le RHDP qu’Henri Konan Bédié compte mettre en place, cela vous inquiète ?

Pas du tout. D’abord, j’ai un peu rigolé, quand j’ai vu la composition de cette plateforme.... Je ne savais pas que Bamba Moriféré continuait à faire de la politique. Je ne savais pas que Francis Wodié continuait à faire de la politique… Enfin, j’ai vu certains noms qui m’ont un peu amusé. J’ai vu Banny, qui représentait le PDCI… En fait, cette plateforme apparaissait comme le cumul des gens qui ont échoué politiquement en Côte d’Ivoire. Donc, ils n’ont aucune représentativité nationale. Demandez-leur combien de députés ils ont. Ils n’en ont pas. Ils n’ont pas de maires. Je ne vois pas comment ils vont faire valoir leurs idées. A travers quel relais ? Ils sont tous dans une disposition, dans l’attente de voir comment ils vont récupérer l’électorat FPI.

Et dans cette optique, le retour possible de Laurent Gbagbo vous inquiète ?

Pas du tout. Quand le président Gbagbo reviendra et qu’il constatera les travaux réalisés par le président Alassane Ouattara et le changement, la mutation de la Côte d’Ivoire, je reste convaincu que, quelque part, il félicitera le président Alassane Ouattara. Et donc, pour nous, il peut revenir. C’est son pays. Je crois que s’il doit revenir, il discutera avec le président Alassane Ouattara.

Un scénario qui fait peur à beaucoup de gens, ici en Côte d’Ivoire, c’est le remake de 2010, avec les trois mêmes : Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Est-ce que c’est un scénario envisageable ?

Dès lors que la nouvelle Constitution leur permet d’être candidat, vous savez, la candidature - la décision d’être candidat -, est individuelle.

Comment et quand le RHDP désignera son candidat ?

Le congrès nous donnera une indication. Mais avant le congrès je ne peux pas vous dire quand est-ce que le RHDP désignera son candidat.

Cela pourrait être Alassane Ouattara ? On voit que beaucoup de délégations demandent déjà une candidature Ouattara pour 2020.

Les délégations peuvent demander, mais la décision finale revient au président Alassane Ouattara.

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