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Congo-Brazzaville: les ménages ne digèrent pas la hausse des prix du gaz

Par Loïcia Martial

Au Congo-Brazzaville, le budget des ménages urbains pour le gaz butane a augmenté depuis un mois. Officiellement, les prix ont augmenté de plus de 12%, notamment pour combattre les pénuries récurrentes. L'Association des consommateurs critique cette augmentation. Une hausse, selon elle, injustifiable, surtout en cette période de crise économique.

Sur une petite table qui orne son point de vente situé sur l’ex-avenue de l’OUA, dans le premier arrondissement, Arlette Blanche Bakala a déposé une copie de l’arrêté gouvernemental qui fixe les nouveaux prix de vente du gaz butane. Elle refuse de le commenter, mais tout acheteur constate bien que ces prix ont augmenté notamment pour les bombonnes de 12 et de 20 kilos qui sont les plus utilisées dans les ménages. Mermans Babounga, directeur exécutif de l’Observateur congolais des droits de consommateurs a bien calculé le taux d’augmentation.

« Nous avons constaté que le taux de pourcentage d’augmentation pour la bombonne de 12 kilogrammes est de 12,28 % contre 14,44 % pour la bombonne de 20 kilogrammes. Pour nous c’est énorme », a-t-il dénoncé.

Une hausse qui passe mal

Selon le ministère des Hydrocarbures, cette hausse a été concédée d’une part pour régler la rupture des pénuries récurrentes de gaz butane constatées en 2018 et d’autre part, pour fiabiliser les sources d’approvisionnement. Mais, ces arguments sont loin de convaincre Mermans Babounga.

« Nous sommes dans un contexte de crise et toute augmentation si minime soit-elle, quelles que soient les motivations, ne se justifie pas, surtout si l’on n’a pas consulté les différentes parties prenantes », a-t-il relevé.

« La souffrance dans la souffrance »

Léa Clarisse Mambouanga tient un restaurant sur l’ex-avenue de l’OUA. Sa clientèle a nettement baissé en raison de la crise économique. Elle vit la hausse du prix du gaz comme une menace sur ses maigres économies.

« On est en temps de crise. Le commerce ne marche pas et le prix du gaz a augmenté. C’est la souffrance dans la souffrance. Ça ne nous arrange pas. Ça nous dérange. L’État doit regarder ces prix-là », a-t-elle fait savoir.

« On nous a tués »

De son côté, Édouardine Manga, fonctionnaire habitante de la banlieue sud de Brazzaville, qui a du mal à s’approvisionner, ne comprend pas pourquoi le prix du gaz butane a été revu à la hausse, alors que son salaire reste le même.

« Cette augmentation du prix du gaz ne m’arrange pas, parce qu’on n’a rien augmenté dans nos salaires [de la fonction publique]. On n’a pas le droit d’augmenter ces prix du gaz. De but en blanc, le gaz qu’on achète à Cong francs CFA passe à 10 400 francs CFA, ça ne nous arrange pas. On nous a tués », se lamente-t-elle.

Les quantités de gaz butane consommées au Congo proviennent de la Congolaise de raffinage (Coraf), la raffinerie nationale et des importations.

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