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France et Allemagne pour plus d’Europe à Aix-la-Chapelle

Par Aabla Jounaïdi

Beaucoup de fantasmes ont entouré l’annonce du nouveau traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle, qui sera signé aujourd’hui par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Son objectif : compléter le traité de l’Elysée qui a scellé l’amitié entre les deux Etats en 1963. Et répondre dans le même temps aux voix qui appellent à moins d’Europe en cette année électorale. En réaffirmant des principes, mais en proposant aussi une plus grande coopération dans les domaines de la défense, de la politique internationale et de l’économie, la France et l’Allemagne veulent prendre à revers la montée nationaliste européenne.

Il ne s’agit pas de « donner » l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne comme l’ont soutenu les tenants de l’extrême-droite, mais de faciliter les échanges au quotidien.

Cinquante-six ans après le traité de l’Elysée signé par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, tout n’est pas toujours simple pour les frontaliers. Les directives européennes ne sont pas transposées de la même façon des deux côtés de la frontière et forcément, des frictions apparaissent.

Le député de la Moselle Christophe Arend cite par exemple le cas des locomotives qui n’ont pas la même tension nominale côté allemand et côté français, ce qui empêche la fluidité du trafic. L’idée est donc désormais de s’armer pour discuter ensemble, trouver les points de blocages et adapter les textes aux réalités locales, notamment pour les 50 000 Français et les 4 000 Allemands qui traversent quotidiennement la frontière.

Discuter comment ? Sous quelle forme ?

C’est la nouveauté que propose ce traité « nouvelle version ». Dans quelques jours doit être mise en place une chambre composée de 100 députés ; 50 issus de l’Assemblée nationale française et 50 du Bundestag allemand (l’équivalent de l’Assemblée nationale en Allemagne).

Alors l’idée ce n’est pas de se substituer aux assemblées nationales parce que cette chambre n’élaborera pas de loi, mais ces députés devront discuter trois fois par an de toutes les questions soulevées par la base... les citoyens, comme le tissu économique local.

Par ailleurs, un groupe d’experts des deux pays sera nommé pour trouver les moyens d’harmoniser le droit économique. Pour atténuer les frictions dont on parlait tout à l’heure, et atténuer en même temps le sentiment diffus chez les populations que l’intégration européenne ne se traduit pas dans les faits.

Zone économique franco-allemande

L’objectif à terme : c’est de créer une zone économique franco-allemande pour permettre de lancer plus facilement des projets dans les domaines de l’innovation ou dans la coopération industrielle, y compris (le sujet n’est plus tabou) dans l’industrie de défense.

La zone frontalière avec l’Allemagne (Grand-Est) connaît une renaissance industrielle grâce à des géants comme Alstom, entre autres. Actuellement, le projet de fusion entre le groupe français et l’allemand Siemens qui créerait un géant européen pour contrer le mastodonte chinois CRRC. Ce projet est toujours sous les fourches caudines de la Commission européenne.

Mais d’autres chantiers, dans l’intelligence artificielle ou dans les batteries électriques, sont aussi dans les tuyaux. Le texte signé aujourd’hui à Aix-la-Chapelle doit être la base pour ce genre de projets conjoints menés sur des années.

Grands principes

Le texte réaffirme les grands principes de l’intégration européenne et formule des ambitions pour la coopération en matière de défense et de politique internationale. Une réponse à la fois aux tendances au protectionnisme économique et aux doutes que suscite l’Europe chez les citoyens. De ce point de vue, le nouveau traité répond aux ambitions du discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron.

Mais, dans les faits, les Allemands ont bloqué plusieurs des grandes initiatives françaises ces derniers mois. Le projet de budget de la zone euro, la taxation au niveau européen des géants mondiaux du net ou encore l’union bancaire. De plus, des tensions, des interférences, il y en a aussi à cause du Brexit, car Paris et Francfort sont concurrentes pour récupérer les services financiers de Londres. Ce qui n’empêche pas le couple franco-allemand de plaider la même cause aujourd’hui : face à l’urgence politique, donner un signal.

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