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Lancement d’un Fonds d’investissement pour la qualité de l’enseignement en Afrique

Par Stanislas Ndayishimiye

Le groupe de financement d’impact Investisseurs et partenaires compte mobiliser entre 30 et 50 millions d’euros pour l’amélioration quantitative et qualitative de l’éducation en Afrique. I&P l’a officiellement annoncé le 15 janvier 2019 à Monaco. La Principauté participe financièrement à la préparation de ce fonds à hauteur d’un million d’euros.

Le fonds visera dans un premier temps cinq pays. Quatre francophones – Maroc, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Madagascar – et le Ghana. Il n’a pas vocation à se substituer à ce qui s’y fait au niveau scolaire ou universitaire, mais il pourra avoir un effet catalyseur en mobilisant des investissements publics et privés pour un enseignement de qualité, destiné à un nombre important de jeunes, avec de l’emploi immédiat à la fin de la formation.

Comme tout investissement d’impact, la première motivation de ce fonds éducation dédié à l’Afrique n’est pas de faire des bénéfices importants, souligne Jean-Michel Severino, président d’Investisseurs et Partenaires. « C’est un paysage caractérisé par, à la fois des déficiences importantes du secteur public sur les deux plans de l’accès et de la qualité, mais aussi par les besoins très importants en dehors du secteur privé dans l’univers de formation professionnalisante et des activités qu’on qualifie d’environnement de l’éducation », explique-t-il.

Il détaille : « Je pense par exemple à l’édition à l’éducation scolaire, à l’e-éducation - l’éducation électronique sur internet -, je pense aux libraires, à tous les produits de technologies fournies aux systèmes éducatifs ; ils sont également dans le spectre de ce véhicule d’investissement et vont bénéficier aussi bien au secteur public qu’au secteur privé. »

Des modèles qui émergent ?

L’étude de faisabilité sera pilotée par la Ferdi, la Fondation pour les études et recherches sur le développement international, que préside Patrick Guillaumont.

« Pour l’instant, on est à l’étude de l’état des lieux, à partir d’un examen assez approfondi dans cinq pays, pour voir quels sont les types nouveaux de financement privé de l’éducation et quel en est l’impact. Est-ce qu’il y a des modèles qui commencent à émerger, sur lesquels on peut s’appuyer pour trouver des occasions d’investissement à fort impact éducatif et social et en même temps, qui puissent attirer des investissements privés ? », s’interroge Patrick Guillaumont.

Un fonds pour tous

Le Fonds d’impact sur l’éducation en Afrique est dédié à tous les niveaux d’enseignement, même si certains pourront être perçus comme prioritaires, selon Jean-Michel Severino. « Il nous semble vraisemblable que nous allons trouver pas mal d’opportunités dans les activités professionnalisantes : la formation aux métiers de coiffeur, d’esthéticienne, les métiers de la santé, etc. Parce que les besoins sont extrêmement importants. », insiste-t-il. Puis il ajoute : « Il y a aussi des modèles économiques qui permettent de combiner l’accès et la qualité, tout en permettant à ces établissements de gagner de l’argent. »    

L’autre défi que va se fixer le Fonds d’impact sur l’éducation en Afrique, c’est de trouver des mécanismes qui peuvent permettre aux enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’accéder à ces formations payantes. 

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