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Banque mondiale: qui pour succéder à Jim Yong-kim?

Par Aabla Jounaïdi

Sa démission a fait l'effet d'une bombe mardi dernier. Jim Yong-kim, le président de la Banque mondiale quittera son poste le 1er février prochain, trois ans avant la fin de son mandat pour rejoindre le secteur privé. Depuis, le mystère est à peu près complet. L'administration américaine, qui choisit depuis des décennies les dirigeants de la Banque mondiale, ne dévoile rien de ses intentions.

A Washington, on prend acte, mais on ne s'avance pas davantage. Depuis la création de la Banque mondiale, après la Deuxième Guerre mondiale, ce sont les Etats-Unis, premier actionnaire de la Banque, qui mettent en avant un candidat pour la diriger alors que les alliés européens choisissent, eux, le directeur du FMI. Un partage des pouvoirs qui exaspère depuis plusieurs années les pays émergents, la Chine en tête. Il faut rappeler que, lorsque Jim Young-kim, américain d'origine coréenne, docteur en anthropologie, a été choisi en 2012 par Barack Obama, il avait deux redoutables candidats face à lui. Des candidats aux profils plus convaincants, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, ex-ministre des Finances puis directrice générale de la Banque mondiale, et un Colombien, José Antonio Ocampo, ministre des Finances lui aussi et qui a occupé un poste important à l'ONU. Pourtant, le choix s'était porté sur Jim Young-kim. De quoi alimenter encore la frustration de ceux qui aimeraient que le critère premier soit la compétence et que, surtout, le processus de désignation soit fait en toute transparence.

On a du mal à croire que Donald Trump va mettre en avant une personnalité ouverte sur le monde.

Oui d'ailleurs, il y a un nom qui revient souvent dans la presse américaine ces derniers jours, c'est celui de David Malpass, l'actuel chargé des relations internationales au département du Trésor. Ceux qui dénoncent la succession de mâles blancs américains à la tête de la Banque mondiale seront servis. David Malpass, il est blanc et très américain. Il est dans l'administration depuis Ronald Reagan et il défend la ligne de Trump « l'Amérique d'abord » contre le multilatéralisme et contre la Chine qui est le premier emprunteur de la Banque mondiale.

On peut s'attendre à une passe d'armes entre Washington et le reste du monde autour de la candidature d'un nouveau directeur de la Banque ?

Ce ne serait pas la première fois et c'est le genre d'exercice que Donald Trump affectionne, il faut dire. En théorie, l'intérim est assuré et le choix pourrait être fait lors du prochain conseil des gouverneurs à l'automne. Sans doute, le reste des 189 pays de la Banque mondiale ne resteront pas sans rien faire et avanceront des personnalités fortes, comme en 2012. C'est intéressant de rappeler qu'il y a quelques mois, les Etats-Unis avaient été défiés déjà lors de la désignation du directeur de l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations, dont les Américains sont aussi le premier contributeur. Le candidat américain qui s'était illustré pour des propos controversés sur l'immigration avait perdu. Et on y avait vu une réponse de la communauté internationale à l'administration Trump qui n'a cessé de remettre en cause tous les engagements internationaux des Etats-Unis.

Est-ce qu'on en sait plus sur les raisons de la démission de Jim Yong Kim ?

On sait désormais qu'il va rejoindre un fonds d'investissement privé spécialisé dans le développement d'infrastructure dans les pays en développement. Jim Yong-kim a dit que son action serait plus efficace en dehors de la Banque mondiale. Sacré désaveu alors que le métier de la Banque mondiale historiquement, c'est de développer justement les pays pauvres en aidant à financer leurs infrastructures. La critique récurrente, c'est que la Banque mondiale n'arrive pas à mobiliser suffisamment les acteurs privés pour permettre de combler l'immense déficit des infrastructures dans le monde. Les détracteurs de Jim Yong-kim (et ils sont nombreux y compris dans la Banque) lui imputent la responsabilité d'avoir dilué l'action de l'institution en l'engageant sur des fronts qui sont ceux de l'ONU : lutte contre les pandémies, aide aux réfugiés. Cela laisse du champ pour l'émergence de nouveaux acteurs du développement. Comme l'Asian Infrastructure Investment Bank lancée par la Chine en 2016 et qui compte une soixantaine de membres, y compris des Européens.

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