rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
  • Le «taliban américain» John Walker Lindh libéré après 17 ans de prison (médias)
  • ND de Paris: rebâtir la charpente en bois est «probablement la bonne solution», estime un des architectes en charge de sa restauration
  • Télécommunications: Huawei ment sur sa collaboration avec le gouvernement chinois, affirme Mike Pompeo
  • Présidentielle au Malawi: le chef de l'Etat sortant Peter Mutharika en tête (résultats officiels partiels)
  • La justice européenne rejette le pourvoi de Mme Le Pen qui contestait le remboursement de 300 000 euros au Parlement européen
  • Le gouvernement britannique repousse le vote des députés sur son nouveau projet de loi sur le Brexit prévu début juin
  • Mondiaux d'athlétisme au Qatar : Nasser Al-Khelaïfi, patron du PSG, mis en examen pour « corruption active » (source judiciaire)
  • Décès de la Britannique Judith Kerr, auteure du célèbre «Tigre qui s'invita pour le thé», à l'âge de 95 ans (maison d'édition)
  • Contraint de se passer d'Android, Huawei prépare son propre système d'exploitation pour la fin de l'année (CNBC)
  • États-Unis: une tornade fait trois morts à Golden City dans le Missouri (autorités)
  • Huawei: «protestation solennelle» de Pékin auprès de Washington (ministère)
  • France: la loi Pacte prévoyant la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) a été promulguée (Journal officiel)
Aujourd'hui l'économie
rss itunes deezer

En réponse aux gilets jaunes, Emmanuel Macron cible les travailleurs modestes

Par Aabla Jounaïdi

Les annonces d’Emmanuel Macron pour calmer la colère des Gilets jaunes étaient très attendues lundi soir et à l’arrivée, elles sont loin de contenter tout le monde. Emmanuel Macron a répondu aux retraités et surtout aux travailleurs modestes en accélérant la mise en place de certaines mesures.

D'abord, la hausse des revenus des « travailleurs au Smic »... prévue initialement pour la rentrée 2019.

Ce n'est pas une hausse du salaire minimum. Le gouvernement a toujours repoussé cette option. Ce ne sont pas les entreprises mais bien l'Etat qui paiera à travers une augmentation de la prime d'activité. Cette allocation qui complète les revenus des travailleurs pour les inciter à garder un emploi plutôt que de recourir aux aides sociales.

Ce coup de pouce exceptionnel figurait au programme du candidat Emmanuel Macron en 2017. Les smicards devaient toucher l’équivalent d’un 13e mois de salaire, soit 100€ de plus chaque mois.

Le gouvernement voulait étaler cette mesure jusqu'à fin 2021 mais la crise des gilets jaunes a changé les plans ! C'est donc dès le début 2019 que cette hausse de 100 euros sera effective.

L'avantage, c'est qu'elle cible les foyers modestes puisque la prime d'activité - versée actuellement à 3,2 millions de ménages - est calculée selon leurs ressources et leur composition.

Les travailleurs modestes « ciblés » aussi avec la mesure sur les heures supplémentaires

Le gouvernement va supprimer les cotisations sociales sur ses salaires. Cela doit se traduire par un plus gros montant au bas de la fiche de paie pour les 9 millions de salariés du privé qui ont recours aux heures supplémentaires, notamment les quelque 66% des ouvriers.

Là encore, le Président veut cibler les classes populaires. L'Etat a pris soin de les défiscaliser aussi ces heures supplémentaires pour ne pas être vu comme donnant d'une main ce qu'il reprend de l'autre par l'impôt.

C'est le retour des mesures mises en place par Nicolas Sarkozy il y a dix ans sous le slogan « travailler plus pour gagner plus ».

Les patrons applaudissent cette mesure supprimée sous le quinquennat de François Hollande.

Justement, Emmanuel Macron a confirmé qu'il demanderait aux entreprises de mettre également la main à la poche

Les chefs d'entreprise qui le peuvent sont appelés à verser une prime exceptionnelle en cette fin d'année. Elle ne sera soumise à aucun prélèvement de l'Etat que ce soit pour l'entreprise ou le salarié. Elle est facultative. Emmanuel Macron s'en remet donc à la bonne volonté des patrons.

Avec deux risques:

- celui d'une inégalité entre salariés: certains toucheraient des primes plus ou moins importantes, d'autres non.

- le risque d'un effet d'aubaine. Avec des employeurs qui se diraient: « je paye cette prime aux salariés...« ça me coûtera moins cher que d'augmenter les salaires qui sont eux soumis à cotisations » »

Face aux retraités aussi, Emmanuel Macron a dû bousculer l'agenda des réformes

La hausse de la CSG sur les retraites, cette mesure ultra-impopulaire qui a poussé de nombreux retraités à rejoindre les gilets jaunes, est annulée pour les personnes qui touchent une pension de moins de 2000 euros. Cela représente en moyenne 25 à 40 euros de plus par mois. Une mesure de « justice sociale » a dit Emmanuel Macron.

Il reste une question : comment l'Etat va-t-il financer tout cela ?

Le président n'en a rien dit.

Si on additionne les mesures annoncées hier avec les précédentes, sur la suppression des taxes sur les carburants et l'énergie, la facture serait d'environ 10 milliards d'euros.

On ne peut qu'imaginer ce que l'Etat va faire pour ne pas laisser trop filer le déficit. A moins qu'il s'y soit déjà résolu.

Est-ce qu'Emmanuel Macron va revenir sur les très généreuses baisses de charges aux entreprises prévues l'an prochain ? Est-ce qu'il va revoir le rythme des baisses d'impôts sur les sociétés prévues aussi l'an prochain ?

Le président doit rencontrer des grands patrons cette semaine et prendre une décision rapide car c'est la semaine prochaine que le projet de Loi de finances avec toutes ces mesures favorables aux entreprises revient devant l'Assemblée nationale. Avant que ne s'ouvre ensuite le grand débat national promis et maintenu par le pouvoir.

A coup sûr, il y sera question de la fiscalité. Lundi soir, le président a confirmé qu'il ne rétablirait pas l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)... Mais des voix s'élèvent à nouveau pour demander au moins que les grosses fortunes contribuent au travers par exemple d'une taxe plus importante sur les successions.

Paradoxe des 28: leurs économies convergent tandis que leurs régions divergent

Travail: attente du verdict dans l’affaire des travailleurs marocains détachés

Qui sont les perdants de la surenchère protectionniste entre la Chine et les États-Unis?

Ebola: à qui profitent les «obligations pandémies» de la Banque mondiale?

Le durcissement des sanctions américaines ne mènera pas les exportations iraniennes à zéro

En Argentine la rue et les marchés sanctionnent les échecs du président Macri