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Revue de presse Afrique
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A la Une: l’étau se resserre sur François Compaoré

Par Frédéric Couteau

« Arrêté le 29 octobre 2017, à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, à Paris, François Compaoré, le frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré (et en même temps son proche conseiller), François Compaoré, donc, sera extradé vers le Burkina Faso. Ainsi en a décidé la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris » s’exclame Le Pays à Ouagadougou.« La justice burkinabè, rappelle le journal, soupçonne François Compaoré d’être derrière l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Le moins que l’on puisse dire, poursuit Le Pays, c’est que le président français, Emmanuel Macron, aura tenu promesse ; lui qui, dans son discours historique prononcé à Ouagadougou il y a un an, avait promis de tout mettre en œuvre pour répondre favorablement à la requête des autorités burkinabè sans pour autant remettre en cause l’indépendance de la Justice. »

Rappelons que le journaliste Norbert Zongo et trois personnes qui l’accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 à Sapouy ( dans le sud du Burkina Faso ). Norbert Zongo enquêtait alors sur la mort suspecte de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré. Comme l’affaire de l’assassinat de l’ex-président burkinabè Thomas Sankara en 87, le meurtre de Zongo garde une forte charge symbolique au Burkina, où la société civile a, ces dernières années, organisé nombre de manifestations et de mobilisations pour réclamer la fin de l'impunité concernant la mort de ce journaliste.

Procédure labyrinthique…

« C’est donc la fin d’un long suspense, même si ce n’est pas encore l’épilogue de ce dossier, loin de là ! » soupire pour sa part L’Observateur Paalga. « Ce n’est pas, en effet, dès aujourd’hui qu’on verra le précieux colis emballé et expédié à Ouagadougou. Le mis en cause s’étant immédiatement pourvu en cassation, l’affaire sera désormais entre les mains des grands juges, qui auront donc la possibilité soit de casser le jugement, soit de le confirmer. En outre, précise encore L’Observateur Paalga, son avocat, Me Pierre Olivier Sur, veut faire suspendre la procédure en cours en raison d’une plainte avec constitution de partie civile portée contre le juge d’instruction burkinabè en charge du dossier pour +faux et usage de faux en écriture publique+. Et quand toutes les voies de recours seront épuisées, il appartiendra à l’exécutif français de signer un décret d’extradition, lequel pourra encore être attaqué devant le Conseil d’Etat. Une véritable procédure labyrinthique qui peut prendre encore des mois et des mois, voire des années. Et on ne le sait que trop, la justice sait prendre son temps. »

Pas avant 2020 ou 2021 !

En effet, « le rallongement de l’échéance de l’extradition est quasi inévitable », complète Aujourd’hui, toujours à Ouaga. « Il est question même de 2020 ou 2021, avant une éventuelle décision définitive. La leçon de ce délibéré de la Chambre d’instruction est que c’est vraiment navrant que François Compaoré ait passé 20 ans à fuir la justice de son pays. »

En tout cas, poursuit le quotidien ouagalais, « la famille de Norbert Zongo, sa défunte mère, tous ces combattants de la liberté et de la justice qui ont sué eau, sang et salive, pour que la petite lumière qui vacille dans la lampe posée au centre de presse Norbert-Zongo devienne un éblouissant éclat de soleil, doivent le ressentir comme une victoire d’étape. Oui, une belle victoire d’étape, car, même si l’avis favorable à l’extradition ne signifie pas confirmation de la culpabilité de François Compaoré, il emporte tout de même un début de preuve que ce que la partie burkinabè a envoyé comme pièces est assez consistant, assez incriminant. »

Et on revient au quotidien Le Pays qui conclut ainsi : « le mensonge a beau courir, la vérité finira par le rattraper. Car, François Compaoré, qui est aujourd’hui au creux de la vague, n’aurait jamais imaginé, au faîte de sa gloire, que le fantôme de Norbert Zongo hanterait autant son sommeil, vingt ans après. Cela dit, ce qui lui arrive aujourd’hui, estime Le Pays, devrait servir de leçon à bien des dirigeants africains qui ne savent pas tenir éloignées leur fratrie et leur progéniture du cercle du pouvoir d’Etat. »

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