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Réforme de la zone euro: le rêve d’un budget dédié s’échappe

Par Aabla Jounaïdi

La nuit a été courte pour les ministres des finances de l'Union européenne. Il faut dire que leur agenda était chargé. Sur la table des négociations du conseil « Affaires économiques et financières » (Ecofin) de ce lundi 3 décembre, il y avait les budgets des Etats européens, et en particulier celui de l'Italie qui pose toujours problème, mais surtout la réforme de la zone euro. Malgré des mois de tractations souvent très techniques en amont, les ambitions du départ sont abandonnées.

Piqûre de rappel : le discours du président français Emmanuel Macron à la Sorbonne en août 2017. Cela faisait alors trois mois qu’il avai été élu et dans ce discours plein d’ambition pour l’Europe, il plaidait pour un grand budget de la zone euro (des centaines de milliards d’euros), afin d’aider les 19 pays membres à engager des investissements d’avenir et parer à la prochaine crise financière.

Les fractures habituelles sont apparues, ou plutôt réapparues

Dix ans après la crise financière puis la crise de la dette souveraine grecque qui a fait trembler sur ses bases la zone euro, une large réforme est en cours : celle du mécanisme européen de stabilité. Il ferait office de pompier de la zone euro mis en place dans l’urgence après la crise.

Et comme souvent, les pays du nord de l’Europe, les Pays-Bas en tête, refusent que le budget puisse servir à aider les pays les moins disciplinés sur le plan budgétaire. Ils réclament que le mécanisme européen de stabilité devienne une sorte de gendarme des budgets des Etats. Et il semblerait que le débat sur le budget italien pèse de tout son poids et donne de l’écho à cette ligne intransigeante dite de la « ligue hanséatique ».

L’Allemagne en soutien de la France dans l’idée d’un grand budget de la zone euro

Bruno Le Maire et son homologue Martin Scholz portent ensemble cette idée. Angela Merkel, quant à elle, s’y est dite favorable le mois dernier même si elle en a diminué l’ambition : le budget n’est pas chiffré et il serait intégré dans le cadre du budget pluriannuel de l’Union. Il ne serait donc pas autonome et sa mise en place, si elle advient, serait lointaine.

L’orthodoxie budgétaire reste le credo de l’autre côté du Rhin

On le voit encore ces dernières heures puisque les discussions butent sur d’autres points importants, à cause de certaines conditions posées par les Allemands. C’est le cas de l’assurance commune des dépôts... C’est un mécanisme qui devrait permettre de garantir les dépôts bancaires des Européens jusqu’à 100 000 euros en cas de crise financière. Berlin est vent debout contre ce projet qui poserait les premiers jalons vers l’Union bancaire.

Là encore, elle n’est pas près de voir le jour, car il est question de créer un nouveau groupe de travail pour remettre l’ouvrage sur le métier.

Pas de big-bang, mais des avancées

On a coutume de dire qu’au niveau européen, on parvient à des avancées surtout en temps de crise, lorsqu’on est au pied du mur. Illustration encore hier avec la mesure qui consiste à taxer les transactions financières au niveau européen.

Alors que la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l’UE signifie que chaque Etat devra augmenter sa contribution au budget européen, cette taxe doit aider à compenser le manque à gagner pour Bruxelles. Petite consolation pour Emmanuel Macron, cette mesure est un pur produit français et au moins là-dessus, tout le monde est tombé d’accord !

EN BREF

Les discussions continuent à Bruxelles sur le projet de taxation des Gafa... Et les échanges seront compliqués surtout après une courte nuit de sommeil ! Paris est à la manœuvre pour imposer le principe de taxer les géants du numérique tels Google, Facebook ou Amazon coupables de contourner l’impôt. Contrairement à ce qu’espérait Bruno Le Maire le ministre français de l’Economie, le couple franco-allemand ne parle pas d’une seule voix. L’Allemagne ne veut pas énerver les Etats-Unis qui ont le doigt sur la gâchette et pourraient toujours croit-elle imposer des droits de douane supplémentaires sur les automobiles allemandes. Des Etats comme l’Irlande qui attirent chez eux les sièges sociaux de ces grands groupes ne veulent pas les faire fuir évidemment. Débats houleux en perspective.

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