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Hongrie: le Premier ministre Victor Orban s’offre un consortium médiatique

Par Florence La Bruyère

Direction la Hongrie. Depuis son retour au pouvoir il y a huit ans, le Premier ministre nationaliste Viktor Orban a profondément remanié le paysage médiatique. Il a mis l’audiovisuel public sous le contrôle total du gouvernement. Il a fait acheter des médias privés par ses amis. Ces hommes d’affaires ont déclaré cette semaine qu’ils cédaient gracieusement leurs entreprises de presse à un nouvel organisme, la « Fondation des media d’Europe centrale ». Qui se cache derrière cette fondation ?

de notre correspondante à Budapest,

La fondation est dirigée par le journaliste Gabor Liszkay, un fidèle de longue date de Viktor Orban. Et au conseil d’administration, on trouve l’avocat personnel du Premier ministre (Istvan Bajkai), un député du parti d’Orban, ainsi que le président d’une association pro-gouvernementale. Il est clair que cette fondation est sous le contrôle du cercle du Premier ministre. Elle va regrouper 476 médias privés, des télévisions câblées, des radios, des sites internet et toute la presse quotidienne régionale. C’est un énorme consortium pro-Orban qui voit le jour.

Une dizaine de patrons de médias cèdent leurs actifs à la fondation

Une dizaine de propriétaires d’entreprises de presse ont déclaré, le même jour, qu’ils faisaient don de leurs actifs à cette Fondation. Depuis quelques années, on savait que ces hommes d’affaires avaient acheté ou lancé des médias à la demande de Viktor Orban. Ils ainsi créé un pôle de médias pro-gouvernementaux. Certains de ces entrepreneurs sont des oligarches qui ont en quelque sorte été « fabriqués » par Viktor Orban. Par exemple Lörinc Mészaros, un ancien camarade de classe du Premier ministre. Il y a huit ans, Mészaros n’était qu’un petit plombier chauffagiste. Il a créé une, puis deux puis des dizaines de sociétés qui ont raflé d’énormes contrats publics dans tous les secteurs. Aujourd’hui Mészaros est l’un des hommes les plus riches de Hongrie. Il possède énormément de médias et notamment toute la presse quotidienne régionale. Son ascension est tellement surréaliste que beaucoup le soupçonnent de n’être qu’un homme de paille du Premier ministre.

Le fait que Mészaros et d’autres oligarches cèdent gratuitement leurs entreprises de presse confirme qu’ils n’étaient pas les vrais propriétaires et ont agi sur ordre du pouvoir.

Quel est l’intérêt de regrouper ces médias dans une fondation ?

Officiellement, la fondation a pour mission de « veiller à la préservation des valeurs nationales ». D’après plusieurs observateurs, Viktor Orban n’était pas entièrement satisfait du système actuel. Certaines de ces maisons d’édition et journaux sont dans le rouge. Depuis leur acquisition par Mészaros, les quotidiens régionaux ont perdu un quart de leurs lecteurs. Le Premier ministre voudrait contrôler la gestion d’un peu plus près. Le regroupement de ces médias sous une même tutelle va permettre d’économiser de l’argent.

D’autre part, la production de l’information va être encore plus centralisée. C’est une méthode que Viktor Orban a mise en place dans les médias publics : chaque jour,  le ministère de la Communication envoie aux télévisions et aux radios publiques, les thèmes à traiter ou à ne pas aborder, ainsi qu’une liste de personnes à inviter. Il envoie même parfois des sujets clés en mains aux rédactions ! Une recette de rationalisation que Viktor Orban souhaite appliquer aux médias privés. Mais une telle concentration médiatique suscite des inquiétudes : ce nouveau consortium est sans précédent en Europe.

à (re)lire: Des milliers de Hongrois manifestent contre la mainmise d'Orban sur les médias

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