rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
Bonjour l'Europe
rss itunes deezer

Journée mondiale de lutte contre le sida: qu'en est-il en Grèce?

Par Charlotte Stiévenard

Ce 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida. En Grèce le nombre de personnes contaminées par le VIH est désormais stable. La crise économique qu'a traversé le pays avait eu des conséquences très lourdes, mais le nombre de nouveaux cas par an est retombé à son niveau d’avant 2008.

de notre correspondante à Athènes,

Environ 5 personnes sur 100000 habitants ont été diagnostiquées cette année selon les chiffres du Keelpno, le centre hellénique pour le contrôle et la prévention des maladies. La plupart des patients ont contracté le virus lors de rapports sexuels non protégés, particulièrement entre hommes dans huit cas sur dix. Enfin, les utilisateurs de drogues injectables continuent d’être parmi les victimes principales du HIV en Grèce.

Il y a quelques années, la situation s’était brusquement dégradée

Au début de la crise très exactement, le nombre de personnes diagnostiquées avait presque doublé avec une explosion chez les consommateurs de drogue entre 2010 et 2012. Une conséquence des politiques d’austérité selon Nikos Dedes, le président de l’Association de défense des personnes séropositives, appelée « Voix positive ». Il met en cause les coupes dans le budget de l’Okana, l’agence contre la drogue.

Ces coupes s’étaient accompagnées selon ses termes de « mauvais choix dans les priorités retenues ». Les programmes de distribution de seringues propres n’avaient pas pu être renforcés comme il l’aurait fallu ce qui avait entraîné une hausse des contaminations. Mais dès 2013, le nombre de seringues distribuées ou échangées a pu être multiplié par 3,4.

Un des défis dans la société grecque, parler ouvertement de la séropositivité

Là encore les choses s’améliorent selon Voix positive. L'association a été créée en 2009. Selon son président actuel, Nikos Dedes, la Grèce était alors le dernier pays de l’Union européenne à ne pas en avoir pour représenter les personnes séropositives. En cause, des stéréotypes et un tabou très ancrés. A l’époque, ils avaient eu des difficultés à rassembler les 20 personnes obligatoires pour déposer les statuts. Aujourd’hui, une campagne de sensibilisation lancée par Voix positive et la Fondation Stavros Niarchos en vue de la Journée mondiale de lutte contre le sida montre des couples qui parlent ouvertement de leur séropositivité. Pour Nikos Dedes, c’est un pas en avant.

La Grèce est partie de loin

Il y a quelques années le débat en Grèce s'était concentré autour d'une loi particulièrement stigmatisante qui permettait à la police de forcer les personnes suspectées d’être porteuses du virus comme les toxicomanes ou les travailleurs et travailleuses du sexe à se faire dépister. La pratique avait alors été dénoncée par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.

Celle-ci avait qualifié ces pratiques « d'inquiétantes » et de « stigmatisantes pour les populations vulnérables ». A l’époque, les noms et les photos d’une trentaine de travailleuses du sexe séropositives avaient même été publiés dans la presse. Pour Nikos Dedes, c’était un « véritable cauchemar » instrumentalisé à des fins politiques. Un cauchemar qui a heureusement pris fin selon lui. Mais si le président de Voix positive estime que des progrès ont été faits dans le domaine du dépistage avec la création de centres gratuits dans les grandes villes, il faut faire plus, notamment en termes d’éducation dans les écoles.

République tchèque: Prague Pride, une semaine de fête pour les droits des LGBT+

Allemagne: les réfugiés arrivés il y a 4 ans s'intègrent de mieux en mieux

Ukraine: les députés en stage intensif pour apprendre les rouages de la politique

Des villages des Dolomites durement frappés par la tempête Vaia se relancent de manière inédite