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George Weah: «En 9 mois, on a réalisé plus que lors des 12 ans du mandat précédent»

Par Pierre Pinto

Toujours exsangue, marqué par une guerre civile de 15 ans, puis une épidémie d'Ebola particulièrement meurtrière en 2014, le Libéria a élu à sa tête il y a presque un an, la star du football, George Weah. Dans un pays miné par la corruption, par l'inflation galopante, et dont l'économie balbutiante sort à peine d'une récession sévère, George Weah, depuis sa prise de fonctions fin janvier 2018, mène un programme politique à destination des jeunes et des pauvres : le Pro Poor Agenda, qui concerne tous les secteurs : éducation, business, agriculture etc. George Weah répond aux questions de notre envoyé spécial à Monrovia, avec Haby Niakaté du Monde Afrique.

RFI : George Weah, vous venez de lancer un projet destiné à l’emploi des jeunes qui promeut notamment l’entreprenariat. C’est la clé du développement de miser sur les petites entreprises ?

George Weah : Je pense qu’il est important d’investir dans la jeune génération. C’est important, parce qu’ils sont le pilier et la composante la plus importante de notre pays. Et nous devons les aider à développer leurs compétences et à s’aider eux-mêmes, parce qu’ils sont nos futures élites. Donc, si nous ne pouvons pas investir dans nos futurs leaders, nous n’aurons pas de croissance à long terme de ce pays. Il est donc essentiel, maintenant, d’essayer de renforcer les capacités des petites entreprises, parce qu’il s’agit en fait d’un des fondements de notre activité économique ici.

Si la petite entreprise ne peut pas se développer, alors, la grande entreprise ne pourra pas croître. Vous avez un format d’entreprise à court terme et vous avez un format à long terme. Ainsi, avant d’en arriver aux affaires à long terme, les petits entrepreneurs doivent croître et ensuite ils pourront soutenir l’économie pendant que nous travaillerons au développement des infrastructures ou de l’agriculture, etc. Donc je les encourage. Je veux que plus de Libériens ouvrent leur entreprise et qu’ils puissent devenir de grands entrepreneurs.

Il y a quelques semaines vous avez annoncé la gratuité de l’université pour les étudiants du premier cycle. Comment est-ce que vous comptez financer cette mesure ?

Quand les enfants quittent l’école, qu’est-ce qu’ils font ? Ils n’ont pas la possibilité d’aller à l’université parce que c’est cher. Je pense donc que le fait de donner une éducation gratuite aux étudiants de premier cycle encouragera les élèves de seconde à travailler très dur et à obtenir leurs diplômes, sachant qu’ils ont une université gratuite. Ce qui créera une motivation et tout le monde ira à l’école. Le problème c’est que beaucoup d’enfants abandonnent l’école. Les diplômés de l’école ne savent pas où aller. Ils s’assoient dans la rue, ils attendent, ils ne font rien, ils sont découragés. Donc, si on a un premier cycle gratuit, nos enfants qui sortent de terminale n’auront aucune excuse. Ils devront aller en cours, parce que l’université est gratuite. Je le fais donc pour développer leurs compétences. C’est leur droit, ce n’est pas un privilège.

Nous, on n’a pas eu ce droit. Mais nous sommes le gouvernement. Le gouvernement décide de regarder dans le budget pour chercher cet argent, parce que ce n’est pas cher. J’espère, d’ailleurs, que les autres gouvernements qui me suivront encourageront cela aussi. Parce que, si vous payez un million de dollars pour que 20 000 étudiants aillent en cours, ce n’est rien. Le Liberia a des appuis budgétaires de partout, des contrats… Je veux dire que nous pouvons aider notre peuple à s’élever. Beaucoup de gens n’y croient pas. Mais nous, si. Parce que nous sommes ici pour trouver l’argent. Nous espérons maintenant que ce sera inscrit dans les lois pour devenir quelque chose de permanent pour les étudiants libériens.

Alors quels sont les autres grands axes de votre programme « Pro Poor » ?

Notre Pro Poor Agenda - notre programme pour les pauvres -, c’est l’agriculture, c’est la santé, la façon de soutenir les petites entreprises et d’encourager notre population. Et si vous regardez bien, c’est ce que nous faisons. Nous relions les principales routes dans tout le Liberia, parce que dans les villages, aussi, nous faisons cela. Notre programme pour les pauvres est donc de nous occuper de ceux qui sont dans le besoin et de leur apporter ce dont ils ont besoin. Fournir l’électricité, bitumer les routes pour que les gens puissent vivre dans les quartiers. C’est donc ce que l’on fait. On essaie de répondre aux besoins et aux désirs de notre peuple. En neuf mois, nous avons réalisé plus que lors des douze années du mandat précédent !

Que dites-vous aux investisseurs étrangers qui hésitent à venir au Liberia en raison de la corruption ?

Eh bien, nous essayons de renforcer la lutte. Voilà ce que j’ai dit : « Si vous êtes corrompu dans mon gouvernement, vous ne resterez pas dans mon gouvernement ». On va s’attaquer à la corruption et ce ne sera pas que des paroles. Il y aura de l’action. Nous ne voulons donc pas de la corruption, parce que nous savons que la corruption a fait de ce pays ce qu’il est aujourd’hui. Donc, nous devons éradiquer la corruption et nous allons la combattre. Nous avons même décrété que toutes les personnes qui travaillent pour le gouvernement feront l’objet de mesures de contrôle, de surveillance, et devront rendre des comptes. Donc, on combattra la corruption en justice.

Est-ce qu’il y a, neuf mois après votre prise de fonction, des choses qui vous ont surpris ou que vous avez sous-estimées dans la fonction même de président ?

La seule chose qui m’a surpris c’est que, les gens ont dit que je ne serai pas un bon dirigeant. Je suis là, maintenant. Je fais deux fois ce qu’ils n’ont pas fait. Donc, vous savez, je ne dirais pas « surpris ». Parce que je connais mes qualités, je connais mes capacités. En tant qu’ancien joueur de football professionnel, je n’avais pas de manager, mais je me manageais tout seul. Et de la même façon, donc, j’ai géré avec succès ma carrière. Je pourrai gérer un pays. Donc c’est moi le président, maintenant. Et ces choses qui, selon eux, n’étaient pas possibles, ces choses que je ne pourrai pas faire, je suis en train de les faire. Donc, je suis fier. Je sais que mon équipe travaille assidument et fait de son mieux. Le 22 janvier, cela fera un an. Et je pense que c’est un record. Parce que la première année, les gouvernements essaient de lancer leur programme. Mais moi, la première année, et en seulement neuf mois, je ne lance pas ! Je mets en œuvre mon programme !

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