rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
  • ND de Paris: rebâtir la charpente en bois est «probablement la bonne solution», estime un des architectes en charge de sa restauration
  • Télécommunications: Huawei ment sur sa collaboration avec le gouvernement chinois, affirme Mike Pompeo
  • Présidentielle au Malawi: le chef de l'Etat sortant Peter Mutharika en tête (résultats officiels partiels)
  • La justice européenne rejette le pourvoi de Mme Le Pen qui contestait le remboursement de 300 000 euros au Parlement européen
  • Le gouvernement britannique repousse le vote des députés sur son nouveau projet de loi sur le Brexit prévu début juin
  • Mondiaux d'athlétisme au Qatar : Nasser Al-Khelaïfi, patron du PSG, mis en examen pour « corruption active » (source judiciaire)
  • Décès de la Britannique Judith Kerr, auteure du célèbre «Tigre qui s'invita pour le thé», à l'âge de 95 ans (maison d'édition)
  • Contraint de se passer d'Android, Huawei prépare son propre système d'exploitation pour la fin de l'année (CNBC)
  • États-Unis: une tornade fait trois morts à Golden City dans le Missouri (autorités)
  • Huawei: «protestation solennelle» de Pékin auprès de Washington (ministère)
  • France: la loi Pacte prévoyant la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP) a été promulguée (Journal officiel)
  • Commerce international: la Chine déclare attendre de la «sincérité» des États-Unis avant de reprendre les négociations
Invité Afrique
rss itunes deezer

Région du lac Tchad: «une montée en puissance de Boko Haram vraiment préoccupante»

Par Anne Cantener

Les pays de la région du lac Tchad font face à une recrudescence des attaques de Boko Haram. La branche affiliée au groupe Etat islamique a multiplié les assauts contre des bases militaires au Nigeria, contre une société de forage française au Niger et, dans cette même région de Diffa, a enlevé quinze jeunes filles il y a quelques jours. Pour décrypter cette montée en puissance, Vincent Foucher, chercheur au CNRS, répond aux questions d’Anne Cantener.

RFI : Comment expliquer la recrudescence d’attaques dans cette région entre le Niger et le Nigeria ?

Vincent Foucher : Le mouvement s’est divisé en deux à l’été 2016 et la faction qui était à l’origine la faction scissionnaire, qui semblait être la moins forte, a eu le temps de se réorganiser. C’est cette faction qu’on voit maintenant. Elle a un mode opératoire assez différent, elle concentre ses attaques contre les militaires et elle a eu beaucoup de succès là-dessus.

Beaucoup de succès la fois du côté nigérian et du côté nigérien. Est-ce que cela signifie que cette branche de Boko Haram, du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest, a renforcé ses capacités récemment ?

Cette nouvelle branche a progressivement mené de petites attaques contre des camps militaires. Elle a réussi à reconstituer des stocks d’armement. Maintenant, elle passe à des cibles plus grosses et comme l’armée nigériane notamment a des problèmes d’organisation extrêmement importants, elle arrive régulièrement à bousculer une unité de l’armée nigériane, à s’emparer de sa base, à s’emparer de ses réserves. Maintenant, ils cette branche de Boko Haram a carrément des chars d’assaut et des lance-missiles mobiles. Cette montée en puissance est vraiment très préoccupante.

Il y a quelques jours, l’armée nigériane a abandonné la position de Gashagar après plusieurs attaques justement de Boko Haram. Quelles peuvent être les conséquences pour la région de Diffa qui est située juste de l’autre côté de la frontière, au Niger ?

On les voit déjà, c’est-à-dire qu’il y a une montée des attaques dans la région de Diffa, notamment en direction de Toumour, puis aussi autour de Bosso. C’est peut-être des factions différentes de Boko Haram d’ailleurs. Il y a aussi une « factionnalisation » sur le lac apparemment. Mais oui, on voit une montée en puissance de Boko Haram. C’est certain que pour le Niger il va falloir faire attention.

Cela veut dire que dans cette région, même cette branche qui est affiliée à l’Etat islamique est divisée ?

C’est une cartographie très complexe. Il semble qu’il y ait des groupes qui soient restés fidèles plus ou moins à [Abubakar] Shekau, mais qui ont réussi à rester sur le lac, un peu indépendants. Il y a parfois des incidents. Il y a parfois des groupes en interne, y compris dans cette faction, et on l’a vu récemment, il y a des tensions internes qui peuvent être très fortes. Ils ont tué en août dernier l’un de leurs principaux leaders. C’est une cartographie très complexe.

On a pu se rendre compte ces dernières semaines que, du côté nigérian, les militaires avaient beaucoup de mal à faire face à ces attaques, notamment il y a une dizaine de jours quand plus d’une centaine de soldats ont été tués. Est-ce que l’armée nigériane est suffisamment équipée pour lutter contre Boko Haram ?

C’est assez difficile à dire. Quand vous venez à Maiduguri, on voit quand même une armée qui a l’air assez équipée. Je pense qu’un des gros problèmes, c’est le commandement et puis la logistique. Il y a des problèmes de coordination entre les différentes opérations, les différentes divisions qui sont impliquées. Il y a beaucoup de militaires qui disent, par exemple, qu’une partie de l’argent qu’ils doivent recevoir n’arrive pas, qu’il est détourné en route à différents niveaux. Au fond, on a une armée de combattants qui ne sont pas très motivés, qui ne se sentent pas protégés. Il y a des problèmes d’évacuation médicale. Donc évidemment, des combattants qui sont là dans des conditions très mauvaises, certains ont fait deux ou trois ans sur le terrain d’affilée, sans permission… c’est très difficile de garder des soldats motivés et prêts à risquer leur vie dans ces conditions. Très souvent, quand on a une attaque de Boko Haram, il y a une déroute en fait. Les gens s’enfuient, beaucoup sont tués d’ailleurs en s’enfuyant.

Comment peut-on expliquer cette recrudescence des attaques ? Est-ce que c’est parce que Boko Haram a pu gagner en importance et en équipement, et donc est capable de mener des attaques de plus grande importance ? Est-ce que cela a un lien avec la présidentielle qui arrive bientôt, dans quelques mois au Nigeria, en février 2019 ? Est-ce que la saison sèche qui arrive facilite les déplacements dans cette zone ?

On parle beaucoup de la saisonnalité, mais en réalité, l’offensive de l’Etat islamique a commencé au mois de juin, en pleine saison des pluies. Et dès juin, juillet, ils ont marqué des points militaires importants. Donc cela n’est pas une bonne explication. L’explication politique… évidemment, il ne va pas manquer, j’imagine, de théories du complot pour supposer que tel ou tel homme politique d’opposition encourage Boko Haram ou l’Etat islamique pour ternir le bilan de Buhari. Et c’est vrai que politiquement pour le président nigérian, Muhammadu Buhari, c’est un gros problème. Je ne suis pas certain non plus que cela renforce une hypothèse, qui est formulée par certains, d’une montée en puissance de l’Etat islamique qui soutiendrait, plus qu’avant, sa branche nigériane. On voit bien que les communications sont très intenses. L’Etat islamique parle beaucoup des succès de sa branche nigériane, les met en avant. D’ailleurs, la semaine dernière dans l’hebdomadaire Annaba qui est l’hebdomadaire de l’Etat islamique, sa section Afrique de l’Ouest était l’employée de la semaine, c’était la section qui avait tué le plus de soldats ennemis. On a une mise en avant médiatique des succès de la faction en Afrique de l’Ouest. Maintenant, il n’y a pas vraiment d’indices forts qui indiquent que l’Etat islamique a envoyé de l’argent, des armes ou des combattants. C’est vraiment cette faction qui, au début était assez faible, qui s’est organisée, a réussi à récupérer des armes, et maintenant, elle est lancée dans une dynamique où elle utilise le stock d’armes qu’elle a pour attaquer les nouvelles bases, prendre de nouvelles armes, devenir plus forte et attaquer des bases plus grosses. Je crois qu’on est vraiment dans cette dynamique-là.

Jean-Bernard Padaré: «La question des détournements au Tchad relève du mythe»

RCA: «L'accord indique le chemin pour arriver à la paix», assure Martin Ziguélé

Tiébilé Dramé (ministre malien des AE) : «Volte-face ? Non. Union sacrée»

Charles Grémont (historien à l'IRD)sur l’exposition «Sahara, mondes connectés»

Manuel Augusto (Angola): pas de gouvernement en RDC, «cela nous préoccupe»

Firmin Ngrebada, 1er ministre (RCA): «Tout le monde est fatigué de la guerre»

Le fils de Sophie Pétronin veut discuter «d’homme à homme avec Emmanuel Macron»

Huang Xia, nouvel envoyé spécial de l'ONU: «Tshisekedi symbolise le changement»

Burkina Faso: «Le nombre de morts ne fait qu'augmenter, les jihadistes se professionnalisent»

Jeannine Mabunda: «Les Congolais sont fatigués de la politique politicienne»

Affaire Dag Hammarskjöld: «Beaucoup d'archives n'ont toujours pas été déclassifiées»

Burkina Faso: «Les otages n'avaient probablement pas atteint leur destination»

Ebola (RDC): «Contre la défiance des gens, faisons confiance aux communautés»

Mali : «Mes amis au gouvernement ? Pas une trahison» (le chef de l'opposition)

François Gaulme: « Emmanuel Macron voulait rayer la référence post-coloniale»

100 jours de Tshisekedi en RDC: «Les contraintes autour du président sont très réelles»

Ernest Mpararo attend de Tshisekedi «des actes concrets contre la corruption»