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Le Nigeria nostalgique des oeuvres d'art pillées à Benin City

Par Mélanie Gonzalez

L'art du bronze a fait la réputation et la richesse du royaume du Bénin, empire vieux de près de 1000 ans dans le sud de l’actuel Nigeria. Pillés à la fin du 19e siècle, les trésors de Benin City sont aujourd’hui pour la plupart exposés dans de grands musées européens. Ces derniers ont récemment annoncé être disposés à les « prêter » à leur pays d’origine à condition que le Nigeria s’engage, de son côté, dans l'édification d’un musée national apte à les accueillir. Sur place, l’impatience de retrouver ces trésors est bel et bien là, mais le scepticisme quant aux capacités d’accueil vient jouer les trouble-fête.

Dans ce marché d’objets d’art à Abuja, les bronzes ont la cote. Bustes, léopards, masques et statuettes à l’effigie du roi : Rafiu Aman en commercialise de toutes formes, de toutes tailles. Le marchand déniche ces copies contemporaines chez les fondeurs de bronze de Benin City, au Nigeria, pour les revendre dans la capitale. Une affaire plutôt lucrative : « Je suis dans le business depuis plus de 17 ans. J’ai vécu à Benin City pendant 21 ans donc je connais bien la culture. L’art nigérian est très développé et très complexe. C’est un véritable empire, les gens adorent, ils viennent voir les bronzes, parce qu’ils connaissent leur histoire. »

Cinquante ans d'attente

Depuis plus d’un demi-siècle, le Nigeria réclame aux Européens le retour des précieuses pièces d’époque. George Ufot, ancien directeur du ministère de la Culture, se souvient d’une tentative échouée en 1977 : « Ces œuvres ont acquis tant de prestige et de valeur au fil du temps. Le Nigeria avait fait grand cas du retour du masque-pendentif du Bénin. Cette pièce en particulier est si belle. Finalement, on s’était résigné à répliquer le travail, grâce aux fondeurs de bronzes de Benin City. »

Collectionneur d’objets d’art et amoureux de son patrimoine, George Ufot est une icône culturelle au Nigeria. Après avoir travaillé 35 ans au gouvernement, le retraité est conscient des efforts à engager pour accueillir les bronzes. Il est sceptique quant aux capacités d’accueil de son propre pays : « En trente ans, nous n’avons pas construit un seul musée à Abuja. Nous avons plus de 34 musées nationaux, mais ils ne sont pas dans un état acceptable. À l’heure actuelle, nous n’avons pas les infrastructures pour accueillir ces œuvres. Nous n’avons pas de musées ayant été bien traités, conservés, préparés, avec l’équipement nécessaire, l’air conditionné, et ainsi de suite. »

D’un commun accord avec les Européens, le Nigeria s’est engagé à accueillir les œuvres d’ici 2021. Le musée, prévu à Benin City, sera-t-il prêt dans les délais ? En attendant, les Nigérians devront se contenter des reproductions contemporaines.

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