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Rome s’attaque aux villas illégales du clan Casamonica

Par Anne Le Nir

« Légalité, discipline, sécurité » c’est un des mantras du chef de la Ligue et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini qui soutient la ville de Rome dans ses opérations de destruction de huit villas construites sans permis par le clan mafieux des Casamonica. Une première opération de démolition a été entamée le 20 novembre 2018. Et, ce lundi, on pourra voir Salvini à l’œuvre sur un bulldozer pour la démolition d’une autre maison, dans la banlieue romaine.

RFI : racontez-nous avant tout qui est ce clan des Casamonica dont on a peu entendu parler jusqu’à présent...

Anne Le Nir : C’est un clan d’Italiens d’origine sinti, arrivé de la région des Abruzzes à Rome, dans les années 70, avec ses roulottes, ses chevaux et beaucoup d’ambition. Au fil des ans, la famille Casamonica, implantée essentiellement au sud-est de Rome, près des mythiques studios de Cinecittà, est devenue une sorte de confédération de familles d’origine sinti.  Aujourd’hui le clan compte près de 1 500 affiliés. De quoi vit-il ? Du racket, des prêts à taux usuriers allant de 200 à 300%, du trafic de stupéfiants et du blanchiment d’argent dans le secteur automobile et immobilier. Selon les enquêteurs, son patrimoine est évalué à 100 millions d’euros. Les caractéristiques du clan, ce sont son goût du kitsch, sa violence bien qu’il agit sans tuer, et sa capacité à nouer des liens avec d’autres mafias, dont un réseau s’est infiltré à la mairie de Rome entre 2008 et 2013. La justice poursuit d’ailleurs 46 personnes dans cette affaire.

Et comment explique-t-on le fait que c'est seulement maintenant que les autorités s’attaquent à leur villas bâties dans l’illégalité la plus totale ?

En fait, le clan Casamonica est dans la cible de la justice depuis l’été 2015. Il s’était fait connaître de toute l’Italie à l’occasion des funérailles du patriarche Vittorio Casamonica dans l’église Don Bosco située, là encore, près de Cinecittà. Tout le monde se souvient des images du carrosse napolitain tiré par six chevaux, des pétales de rose larguées par hélicoptère et de la fanfare jouant les airs du Parrain pour accompagner le cortège funèbre. Évidemment, ces obsèques grandioses ont fait scandale. Donc, les autorités ont repris en main le dossier Casamonica. Or, figurez-vous que l’ordonnance de démolition des huit villas remonte aux années 90 ! Mais elle n’avait jamais été appliquée. Comme cela se passe souvent en Italie, où 20% des logements construits sans permis, et qui devaient être démolis il y a 15 ans, sont encore sur pieds. Un pourcentage qui grimpe à 64% dans le Molise et en Campanie.

Nouveau tournant, musclé donc, et qui fait la joie du patron de la Ligue, Matteo Salvini, comme des médias...

Absolument, le ministre de l’Intérieur exploite à fond le travail des forces de l’ordre. Ce matin, entouré de la maire Cinq étoiles de Rome, Virginia Raggi, et d’autres personnalités politiques, il sera aux commandes du bulldozer qui démolira une des villas. Les images de la séance « action-réaction » et de l’intérieur de la maison seront retransmises par les chaines télévisées, comme le 20 novembre 2018 pour une première démolition. Il est vrai que c’est assez fascinant de voir des murs peints en rouge Pompéi, des plafonds aux fresques baroques, des salles de bains en marbre, aux robinets en or. Des statues géantes de saints et animaux sauvages, plaqués or ou argent. Ou encore, des trônes pour les boss et des baldaquins « Roi soleil » pour les femmes. C’est du pur style Casamonica, totalement délirant !

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