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F. Tshisekedi: avec Vital Kamerhe, nous avons «en tête l'intérêt des Congolais»

Par Sébastien Nemeth

En RDC, deux poids lourds de l’opposition ont décidé de créer une nouvelle union en vue de la présidentielle du 23 décembre 2018. L’UDPS de Félix Tshisekedi et l’UNC de Vital Kamerhe ont scellé, hier soir, à Nairobi au Kenya, une alliance inédite. Vital Kamerhe se désiste au profit du chef de l’UDPS, mais sera son Premier ministre en cas de victoire. Félix Tshisekedi répond aux questions de Sébastien Nemeth.

RFI: Quelles sont les raisons qui ont amené à cette alliance, un peu historique quelque part ?

Félix Tshisekedi: Les raisons, c’est l’union qui fait la force. C’était notre intention déjà, avant la réunion qui a mal tourné à Genève. Nous avons été grugés (Je pèse mes mots) et nous nous sommes retrouvés. Vital Kamerhe et moi avons réfléchi parce que nous avions en tête l’intérêt du Congo et des Congolais et nous sommes arrivés à cette conclusion.

Vital Kamerhe se désiste pour vous, mais c’est un ticket qui va s’alterner puisque chacun aura l’occasion d’exercer le pouvoir. C’est cela ? Expliquez-nous un peu sur quoi vous vous êtes mis d’accord.

Nous partons pour dix ans de collaboration. La Constitution attribuant un mandat de cinq ans à chaque président de la République, nous allons alterner pour entretenir cette collaboration et la maintenir. Nous allons élaborer un programme de gouvernement commun ou encore un projet de société commun pour notre pays qui s’étalera sur dix ans. Dix ans après, nous évaluerons ces objectifs ainsi que notre collaboration, notre entente. A ce moment-là, nous verrons si chacun sera libre de repartir de son côté ou bien si on va continuer avec le même système mais cela, c’est dans dix ans.

Electoralement, selon vous, une alliance avec le parti de Vital Kamerhe, est-ce que c’est notamment pour obtenir davantage de voix dans l’Est ?

Oui, évidemment. Surtout dans l’Est parce que c’est un bastion de l’UNC mais aussi ailleurs. L’UNC est un grand parti national. Il ne faut pas le ramener qu’à l’Est. Cette coalition sera gagnante et j’en veux, pour preuve, les derniers sondages faits par un institut américain, très sérieux, qui nous donnent, à nous deux, plus de 50% des intentions de vote. Avec cette alliance qui se confirme et les ralliements que nous allons enregistrer dans les jours qui viennent, vous verrez qu’il y a des candidats à la présidentielle qui vont se désister en notre faveur. Nous serons alors capables de dépasser largement les 50 %, voire les 60 %.

Dans vos déclarations, vous vous présentez comme la vraie opposition. Est-ce que cela veut dire que Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, vous ne les considérez plus comme une réelle opposition congolaise ?

Non, non. Il n’est absolument pas question, pour nous, de faire de nos amis avec qui nous ne nous sommes pas entendus, à Genève, des cibles. Il faut bien que l’on s’entende. La cible ici, c’est la « Kabilie » - passez-moi l’expression – et donc le camp Kabila.

Evidemment, tout cela - nous l’espérons - dans une alternance pacifique parce que nous ne venons pas pour régler des comptes à qui que ce soit. Par conséquent, il n’y a pas de chasse aux sorcières. Nous allons veiller à ce que la démocratie s’ancre dans ce pays, que l’Etat de droit soit une réalité et que cet Etat puisse s’occuper des problèmes de nos concitoyens.

Une alliance UDPS-UNC, c’est peut-être inattendu, pour certains. Comment était-il possible qu’aujourd’hui vous puissiez former une alliance, malgré vos divergences passées ?

Grâce à une prise de conscience. C’est pour cela que je dis d’ailleurs que le raté de Genève était un mal pour un bien. C’était un choc psychologique et qui a provoqué évidemment cette prise de conscience.

Martin Fayulu de retour à Kinshasa, accueilli par une foule assez nombreuse. Est-ce que cette image vous effraie ?

Nous ne sommes pas en concurrence de foule, ici. Martin Fayulu est accompagné par une trentaine de partis politiques et, par conséquent, cela aurait été étonnant qu’il n’y ait pas de gens ; cela aurait même été inquiétant.

Nous allons rentrer au Congo. L’essentiel pour nous, c’est que ceux qui nous aiment viennent le manifester mais qu’ils ne s’arrêtent pas là. Qu’ils continuent avec nous jusqu’aux élections et qu’ils mettent le bulletin Félix Tshisekedi parce que cela permettra de gagner ces élections et si les législatives suivent, de gouverner avec le président Vital Kamerhe, comme Premier ministre.

Vous parlez des urnes. Justement, il y a certaines polémiques sur la préparation de ce scrutin, notamment les machines à voter. Est-ce que votre toute nouvelle coalition est favorable, ira voter avec ces machines ?

Nous n’étions pas pour les machines à voter mais nous savions que persister dans cette position allait donner une occasion au pouvoir de maintenir cette machine et de provoquer évidemment notre départ. C’est pour cela que je suis curieux de connaître la position de nos amis de l’opposition.

Nous sommes convaincus qu’il y a moyen de contenir cette machine et le seul moyen, c’est l’unité de force, l’unité de stratégie. Aussi, cela ne nous fait pas peur. Qu’elle soit là ou pas, l’essentiel, pour nous, est de participer à ces élections, de surveiller son déroulement et nous sommes sûrs qu’après cela, nous obtiendrons la victoire.

Une nouvelle alliance au sein de l’opposition. Ne craignez-vous pas, justement, un morcellement des votes qui pourrait peut-être bénéficier au pouvoir ?

Non, pas du tout. Moi, j’ai toujours défendu le fait que même s’il y avait deux ou trois leaders de l’opposition qui allaient en compétition, en même temps que le candidat du pouvoir, la victoire allait quand même revenir à l’un des deux ou trois leaders. Or, en ce moment, on voit l’alliance Lamuka, conduite par Martin Fayulu, et la nôtre, celle du Cap pour le changement.

Je suis certain que la victoire reviendra à l’un de ces deux camps et je peux même m’avancer en disant que la victoire nous reviendra parce que nous formons la coalition la plus forte et la mieux ancrée sur le terrain.

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