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Grèce: vers une grande réforme des relations entre l'Etat et l'Eglise

Par Charlotte Stiévenard

En Grèce, une grande réforme des relations entre l’Église orthodoxe grecque et l’État vient d’être lancée. L’État grec voudrait divorcer de l’Église orthodoxe ou du moins prendre ses distances, mais pour cela, il devra continuer à lui payer une forme de « pension alimentaire ».

C’est avec l’analogie du mariage et du divorce que les internautes grecs s’amusent à résumer non sans humour l’accord qui a été signé mardi entre le Premier ministre Alexis Tsipras et le chef de l’Eglise orthodoxe grecque, l’archevêque Ieronymos. Jusqu’ici près de 10 000 popes et laïcs étaient considérés comme des fonctionnaires, payés directement par l’Etat.

Selon cette déclaration commune, ils ne feront donc désormais plus partie du service public. Mais leur salaire sera toujours payé par l’Etat par le biais d’un fonds qu’il alimentera d’une somme fixe une fois par an, d’environ 200 millions d’euros. Une somme conséquente qui ne sera pas extensible. Toute décision d’augmenter le nombre de popes par exemple sera à la charge de l’Eglise.

Ce fond sera aussi chargé de gérer certains biens controversés

Depuis de nombreuses années, l’Église et l’État réclament tous les deux la propriété d’un certain nombre de bâtiments et de terrains. Ce patrimoine devrait désormais être géré par ce fonds et les charges, tout comme les bénéfices, seront partagés en deux. Une façon de régler un vieux conflit à l’amiable.

Mais peut-on vraiment parler de divorce ?

Cette question reste en suspens. Aujourd’hui encore, la Constitution affirme que « La religion dominante en Grèce est celle de l’Église Orthodoxe orientale du Christ ». Etat et Eglise ne sont donc pas séparés comme c’est le cas en France. Dans un discours mardi, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a déclaré « qu’il était temps d’inscrire explicitement dans la Constitution la neutralité religieuse de l’État grec ». Par voie de presse, l’archevêque Iéronymos a demandé des clarifications. Il a déclaré apprécier le système allemand où «  L’État est neutre et coopère parfaitement avec l’Église » selon lui. Il a ensuite ajouté qu’il ne souhaiterait pas avoir un système à la française, car il estime que « La France est religieusement neutre, mais les relations avec l’Église sont hostiles ».

Une déclaration commune qui reste hypothétique

Cette déclaration doit avant tout passer par trois étapes de validation : les autorités religieuses, le Conseil des ministres, puis le Parlement. Et elle rencontre une certaine hostilité du clergé. Dans un communiqué, leur syndicat dit se sentir « trahi ». Ils appellent leur hiérarchie à refuser de valider la déclaration commune. Ils indiquent également que leurs réactions vont être massives et sans précédent dans l’histoire grecque. Or, dans ce pays, si les Grecs ne sont pas toujours très nombreux à l’office du dimanche, l’Église orthodoxe reste une institution capable de mobiliser. En 2001, elle avait collecté plus de 3 millions de signatures de Grecs qui refusaient la suppression de la mention de la religion sur les cartes d’identité nationales. Même au sein de Syriza, le parti au pouvoir, certaines voix critiquent elles aussi la déclaration commune, mais pour d’autres raisons. Nikos Filis, l’ancien ministre de l’Education, reproche au gouvernement de ne pas être allé assez loin. Dans une interview au journal To Pontiki, il a critiqué le fait que l’État continuera à verser 210 millions d’euros par an pour payer les prêtres.

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