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Les Récréatrales, «l'un des festivals les plus importants du continent africain»

Par Pascal Paradou

La 10e édition des Récréatrales se tient actuellement à Ouagadougou jusqu’au 3 novembre. Plus de 300 artistes sont au rendez-vous avec une quinzaine de spectacles dont plus de la moitié sont des créations, des lectures, des rencontres, des concerts... L’ensemble se déroule dans un quartier populaire de la capitale burkinabè. Créé par Etienne Minougou, celui-ci a décidé de passer la direction artistique du festival à l’auteur et metteur en scène Aristide Tarnagda qui répond aux questions de Pascal Paradou.

Aristide Tarnagda, fêter les dix ans des Récréatrales, c’est le signe que ce festival était nécessaire et est devenu indispensable…

Tout à fait, nous sommes devenus un des festivals les plus importants du continent et donc c’est devenu un rendez-vous incontournable.

Pour l’ensemble du sous-continent et peut-être même de l’Afrique puisqu’il y a à peu près 300 artistes qui se donnent rendez-vous ici à Ouagadougou…

Exactement, c’est à peu près 300 à 350 artistes que nous recevons. Donc oui pour l’ensemble du continent je crois que c’est l’un des plus importants.

Une quinzaine de spectacles, dont beaucoup de création, c’est un moment d’effervescence ?

Oui c’est un grand moment d’effervescence parce qu’il y a six metteurs en scène qui ont été ici pendant six semaines en résidence. Après on a accueilli sept à huit d’autres compagnies qui ont été créées ailleurs et qu’on accueille dans le cas de la plateforme festival. Donc c’est un moment de bouillonnement d’effervescence, oui.

Et c’est une sorte de parenthèse enchantée que ces Récréatrales parce que ça se passe vraiment chez les gens, dans la rue. C’est le principe même de ce festival d’être dans les cours, au plus près ?

C’est le principe même. Notre devise, c’est le théâtre en famille, c’est-à-dire le fait d’installer des compagnies de théâtre dans des familles pendant six semaines. Les créations se passent là, après le soir dans la rue il y a la fête, l’ambiance. C’est donc comme une communauté qui se retrouve pour se célébrer tous les jours.

Donc les spectacles se passent sous le manguier ou sous le cassia chez les Bazié, les Sib ou les Nikiéma, et c’est d’ailleurs Madame Nikiéma cette année qui est l’égérie de cette édition. C’est qui cette femme si belle qui apparait sur les affiches ?

C’est Madame Nikiéma. Chez elle, où se joue le spectacle Musica, c’est une des cours fidèles aux Récréatrales parce qu'à chaque édition il y a toujours un artiste qui tombe amoureux de cet espace, donc nous on tient toujours à ce que l’égérie du festival sorte du quartier. Cette année, c’est Madame Nikiéma qui a été retenue pour être le visage de l’édition.

Mais pourquoi ces familles acceptent de perturber leur quotidien, de faire venir des artistes, les accueillir pour les répétitions puis pour les spectacles ? Ca pourrait être vécu comme une contrainte ?

Tout à fait, c’est déjà l’âme Burkinabè, je pense qu’on est très généreux au Burkina Faso ici. Mais c’est aussi parce qu'intuitivement, ils sentent l’importance du théâtre, ils voient bien que ce que nous faisons participe à la construction du pays et que ça leur permet de sortir de leur quotidien, donc voilà, ils y trouvent leurs comptes et quand on organise la plateforme festival et bien ils sortent et puis ils nourrissent les festivaliers, ils font du chiffre d’affaires, ils comprennent très bien que c’est une valeur ajoutée pour eux.

Il y a du désir chez chacun je trouve…

Oui, tout à fait, on nous dit toujours : « mais pourquoi vous n’êtes pas venu chez moi cette année ? Qu’est-ce que je vous ai fait ? ». Oui, il y a un désir, il y a un engouement.

Un engouement pour le théâtre, pour la langue, pour la générosité, pour le travail en commun, pour être ensemble en fait…

Exactement un engouement pour être ensemble, c’est ça qui est très intéressant, un engouement aussi de s’ouvrir au monde, parce que tous ces artistes qui viennent de différents horizons, finalement le monde arrive chez eux et donc ils sont très excités et très intéressés de ces rencontres qu’ils font pendant la période du festival.

Le thème de cette dixième édition des Récréatrales c’est « tresser le courage » et dans votre éditorial vous dites « le courage de miser sur l’homme, le courage d’être ensemble », ça veut dire quoi, c’est un message politique ?

C’est un message très politique, même s’il est poétique à la base. On nous a tellement longtemps réduits au riz et au maïs, enfin, au matériel, à la consommation, qu’il est peut-être temps de se dire que s’il y a une chose à sauver, à réparer, c’est l’humain et que le théâtre permet cela, le théâtre permet de se rassembler et d’échanger, de se dépasser, de recréer une humanité.

Et c’est une réponse à la situation sécuritaire du pays qui est de plus en plus compliquée de plus en plus exposée ?

Exactement, le pays est de plus en plus attaqué de part et d’autre, tantôt à l’est tantôt au nord et pour l’instant les seules réponses qui sont apportées sont des réponses militaires. Or, je pense qu’il faut surtout une réponse poétique, d’où le théâtre.

Vous prenez la succession d’Etienne Minoungou qui a été le créateur, le fondateur de ce festival des Récréatrales. Quel est votre programme : c’est de changer ou de continuer ce qui a été fait, sachant que la situation a plutôt consolidé avec une double convention, avec l’État et avec la mairie de Ouaga ?

C’est les deux à la fois : c’est quand même d’apporter mon empreinte, mon regard, mais c’est aussi surtout continuer ce qui a été bâti, parce que démolir ça ne sert à rien. Donc c’est pouvoir m’inscrire dans la continuité tout en laissant mes empreintes.

Et tout en étant à la fois un lieu de recherche, de diffusion, de création, de formation, le plus complet possible…

Le plus complet possible, leur laisser garder le côté laboratoire des Récréatrales.

Avec du théâtre, de la danse et de la musique, on commence à l’entendre…

(Rires) Tout à fait.

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