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Un Brexit sans accord inquiète les milieux économiques

Par Aabla Jounaïdi

C'est la dernière ligne droite pour parvenir à un accord sur le Brexit d'ici les 17-18 octobre et le grand sommet européen consacré à cette question. Ce mercredi à Bruxelles, Michel Barnier, le négociateur en chef européen doit faire le point sur les tractations en cours, qui ne font que s'intensifier ces derniers jours. L'enjeu est de parvenir à un accord de libre-échange ambitieux entre Londres et Bruxelles. Cependant, les milieux économiques, plus ou moins préparés, craignent un « no deal », soit l'absence d'un accord. Ce qui s'apparente à un saut dans le vide.

Cette crainte n’a jamais été tout à fait dissipée... Personne ne sait aujourd’hui, à moins de cinq mois du Brexit prévu le 29 mars 2019, à quoi ressemblera cette sortie. Les entreprises qui s’attendaient à un accord de libre-échange avec un accès privilégié au marché unique déchantent. Depuis l’échec du sommet européen de Salzbourg le 20 septembre dernier où les négociateurs de Londres et Bruxelles se sont quittés avec fracas, la perspective d’un « no-deal » prend corps dans l’esprit des entreprises.

Le patronat britannique vient de monter au créneau et d’interpeler le ministre des Finances pour qu’une enveloppe soit prévue dans le prochain budget en soutien aux entreprises.

Beaucoup de ces entreprises ne sont pas prêtes et certaines réduisent la voilure

40 % d’entre elles ont déjà annulé ou reporté des investissements. C’est le cas de l’automobile, par exemple, qui en cas de retour des frontières devra s’acquitter de 10 % de taxes douanières Bien-sûr, avec le retour des frontières, les conséquences seraient catastrophiques, d’abord pour le secteur des transports, qu’il soit maritime, routier ou aérien.

Directement exposée, puisqu’elle partage une frontière avec le Royaume-Uni, la France se prépare à présenter un projet de loi en novembre (au cas où le rendez-vous de la semaine prochaine capote)... un texte donc pour organiser notamment les futurs contrôles sanitaires qui s’imposeraient à la frontière... pour soutenir également des territoires qui seront en première ligne du chaos redouté.

Les milieux financiers, eux, tirent la sonnette d’alarme, ils s’inquiètent aussi des conséquences d’une sortie sans accord

On parle souvent du cas emblématique des « chambres de compensation ». Cette activité essentielle de la finance qui sert à sécuriser les transactions entre un acheteur et un vendeur est extrêmement lucrative. Les Britanniques s’étaient fait une spécialité des compensations sur les produits dérivés en euros à Londres. Mais Bruxelles veut évidemment en reprendre le contrôle en cas de « brexit dur ». Londres devrait alors dire au revoir à des centaines de milliers d’emplois et à l’équivalent de 69 000 milliards de livres de transaction. La Banque d’Angleterre dénonce aujourd’hui le manque d’empressement des Européens à assurer les conditions légales de cette activité dans le futur.

Pourtant, le ton était plutôt à l’optimisme ces derniers jours ?

Vendredi dernier, plusieurs responsables européens dont Jean-Claude Juncker le président de la Commission ont parlé d’un rapprochement des positions et de la perspective d’une issue heureuse d’ici novembre. Un projet d’accord de libre-échange avec l’UE, inédit par son ambition aurait été proposé aux Britanniques.

D’après les mêmes sources diplomatiques citées par l’agence Bloomberg, l’épineuse question des contrôles à la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande serait aussi sur le point d’être réglée.

Si cela est confirmé, il resterait à Theresa May la lourde tâche de convaincre chez elle son parti, les conservateurs (divisés sur le brexit) et ses alliés politiques de saisir cette offre d’accord. Pour mieux la soumettre au parlement britannique ensuite. Mais c’est trop s’avancer. Beaucoup de choses peuvent se passer et vont se passer dans les jours qui viennent. Y comprit le week-end prochain où des discussions intensives sont prévues à l’agenda des négociateurs.

EN BREF

 

En Afrique du Sud, le ministre des Finances a cédé à la pression et a démissionné. Nhlanhla Néné s’était illustré pour son intégrité sous la présidence Jacob Zuma qui avait fini par le limoger en 2015. Mais voilà, lors de son audition devant une commission d’enquête sur la corruption, la semaine dernière, il avait dû reconnaître qu’il s’était entretenu avec des membres du clan Gupta, au cœur d’un scandale de corruption au sommet de l’Etat. Intenable alors que le nouveau gouvernement fait restaurer la confiance du public envers les institutions. Le président Cyril Ramaphosa a donc accepté la démission de son poulain et l’a remplacé dès hier par un homme d’expérience, l’ancien gouverneur de la banque centrale Tito Mboweni.

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