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Didier Ratsiraka: «Il faut d'abord régler les vrais problèmes avant de faire des élections»

Par Laetitia Bezain

L'ancien président malgache Didier Ratsiraka candidat à l'élection présidentielle du 7 novembre. Officier de marine, « l'Amiral rouge », comme il est surnommé, a déjà dirigé le pays pendant près de 21 ans de 1975 à 1991 avant son premier exil en France, puis de 1996 à 2002. Sa candidature à l'élection présidentielle de 2013 avait été rejetée par la Cour Électorale Spéciale. Âgé de 81 ans aujourd'hui, il a finalement déposé à la dernière minute sa candidature à la Haute Cour Constitutionnelle pour l'élection de novembre. Didier Ratsiraka est l'invité de RFI. Il répond aux questions de Laetitia Bezain

RFI : Monsieur le président Didier Ratsiraka, pourquoi avez-vous décidé d’être candidat ?

Didier Ratsiraka : Quand je regarde les 35 autres candidats, je ne pense pas qu’il y ait un seul d’entre eux qui puisse faire encore trente pompes tous les jours comme moi.

Qu’est-ce que vous avez de plus que les autres ?

Mon âge. Je suis arrivé au pouvoir avec le général Ramanantsoa. J’ai été ministre des Affaires étrangères, ensuite j’ai été élu. Et au bout de 16 ans, la croissance était à plus de 4,5%. Je suis revenu en 1997 jusqu’en 2002, la croissance est remontée à plus de 7,5%.

Monsieur Ravalomanana m’a ensuite - avec la foule -, éjecté du pouvoir. Et la croissance est descendue à 5%. Monsieur Rajoelina est arrivé et la croissance est retombée à 1 ou 0%. Le gouvernement actuel s’est félicité d’avoir 4,1% de croissance, chiffre qu’on a déjà atteint en 1987 ! J’ai dit : mais finalement, pourquoi pas ? Si je peux servir encore une fois avant de passer l’arme à gauche… J’ai fait le serment de servir le pays jusqu’à la mort.

Votre candidature, vous l’avez déposée au dernier moment. Pourquoi ? Vous avez hésité ?

Oui, j’ai hésité parce que l’Arema (l'Association pour la renaissance de Madagascar, NDLR) a demandé à beaucoup de partis politiques de s’organiser pour avoir une position commune avant même la date fixée pour les élections. Finalement, ce sont 143 partis politiques qui ont demandé le retour à l’ordre constitutionnel véritable, en faisant une réconciliation nationale - une vraie -, et en faisant une refondation de la République, au lieu de vivre dans une simili-démocratie où l’on vit actuellement.

Justement, vous faites partie de ces candidats qui demandent un report de l’élection présidentielle. Pourquoi ?

C’est depuis 2010 que j’ai dit cela. J’ai dit : « les élections ne sont pas une fin en soi ! » Si c’était le cas cela se saurait ! Ce n’est pas un sésame qui peut régler tous les problèmes. Il faut d’abord régler les vrais problèmes avant de faire des élections ! Pourquoi se précipiter à faire des élections pendant la période cyclonique ? La loi l’interdit ! Qu’est-ce qui pressait tant ?

Cette élection a été avancée parce qu’il y a eu ces manifestations place du 13 mai.

Non ! Mais justement. De deux choses l’une. D’abord, la manifestation du 13 mai a commencé à péricliter. Il fallait laisser comme ça et puis c’est tout. Il y a 73 députés sur 149, parce qu’il y en a un qui est décédé. Ce n’est pas la majorité, qui manifeste on lui donne raison !

Il y a des députés et des manifestants dans la rue.

Pour manifester dans la rue il y a toujours des manifestants. Combien étaient-ils par rapport à la manifestation qui m’a exclu du pouvoir ? De mon temps ils étaient 100 000. Là, ils étaient combien ? 2 000, 20 000… Il n’y a pas le feu. Donc il n’y avait pas d’argument d’éléments pour avancer les élections. Voilà pourquoi, à mon avis, je suis fondé à me présenter pour nettoyer les écuries d’Augias.

Donc, vous demandez le report des élections, mais en même temps vous vous présentez à cette élection. Est-ce que ce n’est pas paradoxal ?

Non, pas du tout. Au contraire. Ça tient debout. Si vous voyez un taxi-brousse qui n’a plus de freins. Qu’est-ce que vous faites ? Vous dites : Arrêtez ! Arrêtez…Vous n’arrivez pas à l’arrêter. Eh bien on prend le volant. On essaie de prendre le volant et on le met sur le droit chemin ou là où il y a le moins de casse.

Comment convaincre les Malgaches de voter pour vous ?

Je dis tout simplement : voici mon bilan. Quand j’ai quitté le pouvoir en 2002 l’euro était à 4 500 francs malgaches. Aujourd’hui il est à plus de 20 000 francs malgaches. C’est moi qui ai créé la Banque centrale. On avait une raffinerie qui marchait. On exportait encore du fioul à l’Île Maurice en 2003. On a créé des écoles primaires dans chaque Foukoutan - 11 000 -, CEG 1 250 - lycées 113, universités, Ecoles nationale d’informatique à Fianarantsoa, Ecole normale niveau 3, Ecole nationale de la Marine marchande, etc... Les gens savent ce que j’ai fait !

Votre première mesure si vous êtes élu ?

D’abord, c’est revenir à une situation normale. C’est-à-dire, revenir aux provinces autonomes et voir ce qu’il faut améliorer. Parce que les provinces autonomes, ça a été adoubé, accepté, par 80 % du peuple malgache. Faire une Banque postale pour les Malgaches, Banque de développement, mettre une nouvelle raffinerie - moderne -, faire une autoroute à six voies de Fort-de-France à Tuléar/Toliara jusqu’à Diego, en passant par Tamatave, Fianarantsoa et Manakara, Morondava, Sambava… On peut faire de ce pays un pays émergent en trois ou quatre ans. Je l’ai dit en 2016 ! Si on me dit aujourd’hui : allez commander un navire de guerre, je dis que je ne peux pas, vu mon état. Mais ça, je peux le faire. Avec tout le monde. Pas seul. Ce que je veux avant de passer l’arme à gauche - avant de mourir -, c’est voir un pays redressé, apaisé et des Malgaches réconciliés entre eux, réconciliés avec leur histoire, avec leur environnement et avec l’éternel.

 

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