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Le «non» à Pinochet, trente ans après: comment la dictature est tombée par les urnes

Par Justine Fontaine

Il y a presque trente ans, le 5 octobre 1988, les Chiliens votaient majoritairement contre le dictateur Augusto Pinochet, lors d'un plébiscite organisé par la junte militaire. Il dirigeait le pays depuis le coup d'Etat de 1973 contre le gouvernement du socialiste Salvador Allende. Le résultat du vote semblait inespéré, car la répression était toujours présente, l'opposition était encore divisée quelques mois plus tôt, et la plupart des partis politiques de gauche étaient interdits.
Si les Chiliens avaient dit « oui » lors de ce plébiscite, le général Pinochet serait resté huit ans de plus au pouvoir. Le « non » à Pinochet, trente ans après : comment la dictature est tombée par les urnes, c'est un Grand Reportage de Justine Fontaine.

« Après dépouillement dans 15 960 bureaux de vote, la tendance nationale est de 44,34% pour le ''oui'' et 53,1% pour le ''non'' »

Il est 2 heures du matin, dans la nuit du 5 au 6 octobre 1988. Après toute une soirée de tension et d'incertitude, le ministère chilien de l'Intérieur reconnaît enfin la victoire du « non » à Augusto Pinochet. Le dictateur était à la tête du pays depuis plus de 15 ans.

« Ça a été une joie immense, des pleurs, des embrassades. Les gens sont descendus dans les rues. Nous sommes sortis nous aussi, avec des banderoles, des drapeaux... », se souvient Antonia Tarkuc, une habitante de Santiago. « Il y a eu une explosion de liberté, à travers tout le Chili, dans les quartiers, au sein des familles... énormément de joie. »

Au quartier général de l'opposition, ceux qui ont supervisé la campagne pour le « non » et l'observation du scrutin sont presque sonnés par la victoire de leur propre camp. Gonzalo Martner : « Il y avait une énorme histoire derrière », rappelle Gonzalo Martner depuis son bureau à l’Université de Santiago, où il enseigne aujourd’hui. « Donc du point de vue personnel, lorsque le régime a reconnu le résultat à 2h du matin, on était plusieurs à se dire que c'était pas croyable. Il faut voir qu'on avait fait le pari de jouer sur le terrain électoral, mais on n'avait aucune certitude que ça puisse marcher. J'avais un petit enfant à l'époque et le matin j'ai dit au revoir à ma femme à mon petit enfant sans savoir ce qui allait se passer le soir. Donc la nuit quand le résultat a été reconnu, ça a été un choc émotionnel assez fort quand même. »

A peine deux ans plus tôt, les membres de l'opposition eux-mêmes ne savaient pas s'ils allaient accepter de participer. Car le scrutin était organisé par la dictature, et ils craignaient de légitimer le régime qu'ils combattaient depuis 1973, un régime qui a tué ou fait disparaître près de 4 000 personnes.

« C'était une campagne extrêmement émouvante, dramatique, d'une tension rarissime », se remémore Alfredo Joignant, professeur de Sciences politiques à l'Université Diego Portales de Santiago. « C'était franchement un moment inédit et unique dans l'histoire du Chili. Il y avait énormément de difficultés à vaincre, vraiment ce fut une épopée, souligne-t-il. Il faut se souvenir que les listes électorales ont été brûlées à l'occasion du coup d'Etat : il a fallu réinscrire toute la population en un temps record, en l'espace d'un an. Les dirigeants des partis politiques d'opposition étaient littéralement inconnus, parce que les partis politiques de gauche étaient interdits. C'est évident que le résultat est une lutte extrêmement déséquilibrée et asymétrique. »

Au début des années 1980, certains exilés chiliens rentrent au pays avec l'idée de lutter contre la dictature. Les partis politiques de gauche sont interdits, mais l'opposition et le mouvement syndical parviennent à se réorganiser, au point que de nombreuses manifestations et grèves ont lieu pendant cette période. Des centaines de personnes meurent lors de la répression de ces mouvements de protestation.

En parallèle, le parti communiste et la frange la plus à gauche de l'opposition relancent aussi la lutte armée contre le régime. Mais en 1986, un attentat organisé contre le général Pinochet échoue à tuer le dictateur. L'armée chilienne, la mieux formée et la mieux armée de la région, semble trop difficile à battre. La contestation sociale semble s’essouffler.

L'opposition envisage alors d'autres actions : « A partir d'une réflexion menée par les intellectuels chiliens de gauche qui travaillaient dans des centres de recherche privés à l'époque, commence à être imaginée une formule inédite, et très choquante au départ, rappelle Alfredo Joignant, celle de battre Pinochet sur son propre terrain, de le battre dans les urnes, c'est-à-dire sur le terrain de la Constitution. »

Une idée choquante car cette Constitution a été rédigée et adoptée en pleine dictature en 1980. Mais, pour tenter d'apporter une légitimité au régime, le texte prévoit d'organiser un plébiscite en 1988, lors duquel les Chiliens devront dire « oui » ou « non » au candidat désigné par la junte militaire. Sans surprise, ce candidat sera Augusto Pinochet.

Malgré l'incertitude, la plupart des partis d'opposition décident de faire campagne pour le « non », mais les débats internes sont extrêmement houleux, comme le raconte Gonzalo Martner, qui deviendra président du parti socialiste dans les années 2000, et a participé à la campagne du « non » à Pinochet : « Bien sûr nous avons été extrêmement critiqués par la gauche radicale qui nous disait que nous n'allions faire que légitimer le régime, que nous étions dans l'illusion de penser que nous pourrions gagner ce plébiscite et déclencher un processus de retour à la démocratie. Il poursuit : Vous savez, en politique, en général, et dans la lutte contre une dictature en particulier, il n'y a rien de donné à l'avance, donc éventuellement cette gauche radicale aurait pu avoir raison. »

Le 11 septembre dernier, date anniversaire du coup d'Etat de 1973, l'Université du Chili organisait une remise de diplômes à titre posthume, pour les étudiants tués ou disparus sous la dictature avant d'avoir pu terminer leurs études.

En 1973, l’armée chilienne avait mis fin par la force au gouvernement de l’unité populaire mené par Salvador Allende. Le premier président socialiste démocratiquement élu finit par se suicider dans le palais présidentiel pris d’assaut. Pendant la dictature militaire qui commence alors, près de 40 000 personnes seront arrêtées et torturées. Près de 4 000 autres seront assassinées.

Marisol Berrios fait partie de l'association chilienne des familles des disparus. « Je suis la fille de Lincoyan Berrios, arrêté et porté disparu depuis le 15 décembre 1976 », récite-t-elle comme tous les fils et filles des morts et disparus, qui portent la photo de leurs proches, accrochée à leur poitrine.

En 1988, elle se souvient que le choix de participer au plébiscite organisé par la dictature n'a pas été facile à vivre pour elle. Elle s’inscrit tout de même sur les listes électorales, mais s’attend au pire : « A ce moment-là, mon fils aîné avait un peu plus d'un an. Et on s'est préparé aussi parce que si la dictature ne reconnaissait pas notre victoire, on allait devoir prendre des précautions beaucoup plus grandes. Je savais par exemple que, dans ce cas-là, ma mère garderait mon fils... On avait tout préparé au cas où. »

Cette année-là, énormément de personnes votent pour la première fois, comme Alejandra Parra, qui est venue elle aussi à la cérémonie de remise des diplômes aux étudiants tués ou disparus sous la dictature. « Je suis la fille de Mario Parra Guzman, exécuté pour des raisons politiques, et je fais partie de l'association des familles des exécutés politiques, explique-t-elle. Je me suis inscrite dès que j'ai eu 18 ans, en juin. Et le vote était en octobre, donc j'ai pu y participer. C'était très émouvant pour moi, parce que j'entendais toujours dire dans ma famille que c'était l'une des choses qu'on avait perdue : le droit de vote. Donc c'était important, d'autant plus étant la fille de quelqu'un qui avait été exécuté pour des raisons politiques. »

Pendant les derniers mois avant le scrutin, l'opposition appelle à manifester plusieurs fois, et réunit jusqu’à 1 million de personnes à Santiago.

Alejandra Parra : « C'était des manifestations merveilleuses. Il y avait beaucoup, beaucoup de monde. C'était gigantesque, plein d'espoir. Et puis, les spots électoraux pour le « non » ont commencé, et le fait de voir que les nôtres étaient plus positifs, avec une mise en scène plus réussie... ça nous donnait de l'espoir, on y croyait vraiment. »

Début septembre, 30 jours avant le plébiscite, la campagne officielle commence à la télévision. Le « non » a droit à 15 minutes, tous les soirs, vers 23 heures. Chaque spot commence par quelques secondes de la chanson officielle de la campagne, « La alegria ya viene », la joie arrive, puis le présentateur Patricio Bañados prend la parole : « Bonsoir, pour la première fois en 15 ans, ceux qui ne partagent pas la pensée officielle ont l'occasion de s'exprimer à travers de leur propre émission télévisée, annonce-t-il le premier jour. C'est l'opportunité pour moi de retrouver la profession de laquelle j'ai été écartée, il y a plus de cinq ans. Mais quinze minutes, en quinze ans, ce n'est pas beaucoup. Alors allons vers cette joie qui vient déjà », annonce-t-il en relançant la chanson de la campagne.

A ce moment-là, plusieurs journaux et revues de gauche circulent légalement. Il y a aussi quelques radios d'opposition. Mais à la télévision, ces spots électoraux sont le seul espace de pluralisme.

Le camp du « non » choisit de transmettre un message positif, un message d'espoir, souvent teinté d’humour, tout en donnant la place à des figures de l'opposition et des messages forts contre la dictature, comme l'image de femmes de disparus, qui, une photo de leur proche accrochée à leur poitrine, dansent seules face à la caméra. « Non aux disparitions forcées », conclut la voix off.

A cette époque, à cause de l'absence de politique culturelle sous la dictature, et de la censure, de nombreux artistes travaillaient dans la publicité pour gagner leur vie. Grâce à cela, ils ont appris à créer des messages forts, condensés et directs. Selon Juan Forch, l’un des réalisateurs de ces vidéos, cela explique en partie le succès des spots électoraux pour le « non »  à Pinochet. « Ils ont pensé que nous donner seulement 15 minutes, à cette heure-là, ne nous suffirait pas à communiquer un message aux gens, affirme-t-il de passage à Santiago. Ils ne se sont pas rendu compte que les gens se sont concentrés sur ces émissions de 15 minutes en faveur du « non » et 15 minutes en faveur du « oui », et c'était ça qui les intéressait le plus, parce que c'était l'endroit où se confrontaient les deux camps. »

Dans l'un des spots en faveur du « non », un juge décrit les personnes qui arrivaient devant lui après des séances de torture ininterrompues. Ce soir-là, l’émission est censurée.

Dans ses vidéos, le régime présente la victoire de l’opposition comme un retour assuré vers le passé, et le chaos. D’un autre côté, il souligne la forte croissance de l’économie chilienne cette année-là. Les spots sont ponctués du slogan « Oui, un pays gagnant ».

Puis, arrive le jour du vote, le 5 octobre 1988, commenté toute la journée à la télévision et la radio.

Nous sommes au début du printemps austral, et les files d'attente s'étalent parfois sur des centaines de mètres, sous le soleil. Au total, selon les chiffres officiels, 97% des inscrits iront voter.

Marcelo Ayala a voté « non ». Il se souvient d’une journée de grande tension. « Les élections sont toujours supervisées par l'armée, à Santiago en tout cas, rappelle-t-il avant de prendre une très longue respiration. Et évidemment, c'était une source de peur. Je me souviens que pendant que je votais je me demandais s'ils pouvaient voir mon vote... L'insécurité était permanente, y compris quand on voyait que le « non » était en train de l'emporter, il y avait cette incertitude... On ne savait pas si la victoire du « non » allait être reconnue. »

Grâce au décompte parallèle des voix organisé méthodiquement par l'opposition, le camp du « non » annonce progressivement les premiers résultats, qui donnent le général Pinochet perdant. Le régime, lui, annonce des résultats partiels favorables au « oui ».

Alejandra Parra, de l'association des familles des exécutés politiques, suivait la soirée électorale chez elle, avec sa famille. « Tout le monde écoutait la radio attentivement, regardait la télé. Et tout d'un coup, ils ont commencé à passer des dessins animés. Et là, on s'est dit : mais qu'est-ce qu'il se passe ? »

A l'étranger, les Chiliens exilés n'avaient pas le droit de voter. Daisy Zamorano vivait en France à l'époque. Elle et son mari étaient militants des jeunesses communistes, et après qu'il a été arrêté et gardé en détention pendant plusieurs jours, ils ont décidé de quitter le Chili, en 1982.

Le soir du plébiscite, ils avaient invité des amis chiliens chez eux, en région parisienne, pour suivre la soirée électorale retransmise par Radio Latina, une antenne issue du mouvement des radios libres, qui avait ce soir-là un partenariat avec Radio Chilena, disparue aujourd’hui.

« On avait invité une douzaine de personnes, se souvient Daisy Zamorano depuis sa maison perchée sur une colline de Valparaiso, au Chili. Ils ont apporté des drapeaux chiliens, etc. Et nous étions divisés : certains n'avaient aucun espoir que les choses puissent changer, et d'un autre côté moi et mon mari, avec d'autres amis, nous étions convaincus que les choses allaient changer, on en était sûr. »

Quand le régime annonce pour la deuxième fois des résultats provisoires qui donnent le «oui» gagnant, il est très tard en France, et autour de la table, personne ne croit plus vraiment à la victoire du « non ». « Tout le monde est rentré chez soi, raconte Paul Vallejos, le mari de Daisy. Mais moi j'ai continué à écouter la radio, Radio Latina, dans la chambre, avec des écouteurs je crois. Et vers 4 ou 5 heures du matin, heure française, j'entends des déclarations... Ils disaient que le « non » l'avait emporté », poursuit-il.

« On s'est levé, on s'est levé et on a monté le son de la radio, je me souviens, en pleurant. On riait et on pleurait en même temps, sourit Daisy Zamorano. On s'est dit : "c'est fini, notre souffrance se termine ici". Et on a tout de suite décidé qu’on allait rentrer au Chili. »

Du côté des partisans du « oui », c'est la déception. Patricia Molina a travaillé toute sa vie comme infirmière à Valparaiso, où elle vit encore. Elle a vécu ce moment avec son père, partisan de Pinochet comme elle. « On l’a appris le soir, avec Papa. On était suspendus aux informations, surtout mon père. Jamais je n'ai pensé que le non pouvait gagner, et finalement, c’est le «non» qui l’a emporté, raconte-t-elle, encore étonnée. Je t’assure qu'on avait envie de mourir, on se disait : «oh non, le socialisme et le communisme vont revenir, comme dans le passé, ça va être terrible.» Il y avait une certaine peur, parmi les gens de droite. »

Marco Abarca vivait à l'époque dans un quartier très chic de Santiago. Il a voté « oui » à Pinochet. « Dans mon bureau de vote, beaucoup de gens étaient favorables au « oui », explique-t-il posément, sans jamais utiliser le mot «dictature». Et puis on a entendu à la télévision que le « non » l'avait emporté. Pour certains, c'était une grande joie, et pour d'autres beaucoup de tristesse, d'incertitude. Nous nous demandions si ce que souhaitaient les gens de la campagne du « non » allait arriver, et ce qui allait se passer pour le pays. »

Après le vote, les partisans du « non » descendent dans la rue pour fêter la victoire. Mais l'effervescence retombe au bout de quelques jours. Car malgré le résultat du vote, le régime reste en place jusqu'aux élections législatives et présidentielle, remportées par l'opposition à la fin de l'année suivante.

« Pinochet quitte le leadership de l'armée de terre seulement en 1998 ! Et pour devenir sénateur à vie », s’exclame Alfredo Joignant, le professeur de Sciences politiques, depuis son bureau à l’Université Diego Portales.

Le général Pinochet meurt en 2006 sans avoir jamais été jugé pour les crimes commis sous la dictature. Et les gouvernements démocratiques qui ont suivi n'ont pas réellement remis en cause le modèle économique et social imposé sous son régime.

En 1988, l'espoir suscité par la victoire du « non » était si grand que trente ans après, certains sont déçus. Daisy Zamorano, ancienne exilée en France : « Certaines choses ont changé, oui, mais pas concernant quelque chose d'essentiel sur le fond : la question des inégalités sociales. » Malgré tout, son mari, Paul Vallejos, veut retenir que les Chiliens ont conquis ce jour-là un droit fondamental : pouvoir vivre en paix et sans peur.
Cet ancien militant des jeunesses communistes se souvient d’un sentiment omniprésent sous la dictature : « C'était une terreur généralisée qui ne se voyait peut-être pas tout le temps, mais qui était bien là. Donc en termes de sécurité, de cauchemars... il y a eu un vrai changement. On peut émettre des critiques concernant les questions économiques, les inégalités, les lois autoritaires qui ont persisté pendant de nombreuses années... Je partage ces critiques, mais concernant la sensation de pouvoir vivre sa vie tranquillement, sans craindre pour sa propre sécurité, le Chili a radicalement changé après le plébiscite. »

Le «non» à Pinochet, trente ans après : comment la dictature est tombée par les urnes, un Grand Reportage de Justine Fontaine, réalisation : Pierre Chaffanjon.
 


Musique :

  • Inti Illimani, «Vuelvo»
  • Florcita Motuda, «Vals del no»
  • «La alegria ya viene», hymne de la campagne pour le «non» à Pinochet

Archives :

  • Le ministère chilien de l’Intérieur reconnaît la victoire du «non» Radio Cooperativa
  • Extrait de la soirée électorale organisée par Radio Latina, en partenariat avec Radio Chilena

Spots électoraux :
Episode 1 : https://www.youtube.com/watch?v=rPfEpLHB_Cw

Episode 8, version censurée : https://www.youtube.com/watch?v=oXjcI-ioreU

Les femmes de disparus qui dansent seules dans une vidéo de la campagne pour le non : https://twitter.com/Chile_1988/status/1047271880149913601

Compte Twitter qui résume le dernier mois de la campagne, jour par jour, avec des extraits des spots électoraux et des photos des journaux de l’époque : https://twitter.com/Chile_1988