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Revue de presse française
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A la Une : Macron persiste et signe

Par Norbert Navarro

Emmanuel Macron maintient sa politique, mais il veut « retourner au contact des gens ». Le président de la République le dit dans un entretien au Journal du Dimanche. Garder le cap, ne changer de politique « en aucun cas », tout en assumant son style après une succession de critiques sur son attitude jugée hautaine.

Pas plus tard qu’hier, son prédécesseur François Hollande lui reprochait ainsi une façon de gouverner « qui peut paraître lointaine, distante, voire méprisante pour certains ».
 
« Je suis content d’être avec les gens. J’aime beaucoup le contact, être parmi eux. Ça me régénère beaucoup, je suis heureux (…) je porte une vision,
dit le chef de l’Etat au JDD (…) En cette rentrée, j’ai une volonté de ­retourner (sur le) terrain ».

Emmanuel Macron admet « inévitable qu’il y ait des erreurs (...) Je ne suis pas parfait, personne n’est parfait. Qu’il y ait des choses qui ne soient pas bien faites, c’est donc normal. Il faut les corriger. Mais il faut aussi éviter de perdre collectivement du temps à parler de sujets qui sont accessoires ».

Au sujet enfin des élections européennes de l’an prochain, Emmanuel Macron dit vouloir s’impliquer directement dans la campagne, espérant bâtir une liste « la plus large possible en France », confie-t-il au JDD.

La justice pour Gbagbo

J - 1 à la CPI pour la reprise du procès de Laurent Gbagbo. Avec, en ligne de mire espérée par les partisans de l’ex-président ivoirien, la liberté. C’est en effet ce lundi que reprend le procès et de Laurent Gbagbo et de son ex-ministre Charles Blé Goudé. « Au terme de (…) cinq jours de débat, les juges pourraient conclure à un " no case to answer ", autrement dit à un désaveu du procureur qui déboucherait sur un non-lieu et un arrêt du procès », énonce Le Journal du Dimanche.

Demain, l’audience « sera retransmise sur un écran géant dans un quartier d’Abidjan », souligne encore Le JDD. Que ferait alors Laurent Gbagbo, s’il recouvrait la liberté ? « Toute la Côte d’Ivoire l’attend », dit au Journal du Dimanche l’universitaire et ami de longue date de Laurent Gbagbo Albert Bourgi.

Rwanda, le rapport secret

Le Rwanda, avec ce nouveau document qui dénonce les massacres prétendument attribués à l’Armée patriotique rwandaise en 1994. Etant rappelé que le sommet de la francophonie se tiendra les 11 et 12 octobre prochain à Erevan, capitale de l’Arménie, où la ministre rwandaise des Affaires étrangères recevra le soutien de la France, ce document publié par l’hebdomadaire Marianne prend bien sûr à rebrousse-poil la décision du président français Emmanuel Macron de soutenir la candidature de Louise Mushikiwabo, proche du président rwandais Paul Kagamé.

« Classifié top secret » selon Marianne, ce rapport en date du 1er octobre 2003 « a été rédigé par trois enquêteurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda ». Il repose sur « 41 sources », sur « 518 témoins potentiels » et recense « dix-huit sites de massacres » attribués à l’APR, l’Armée patriotique rwandaise.

Il y est notamment question de fosses communes contenant plusieurs milliers de morts, de bataillons de tueurs chargés d’exécuter des Hutus, et les descriptions de ces massacres contenus dans ce rapport dépassent l’entendement.

Selon Marianne, « le rapport met ouvertement en cause l’entourage de Paul Kagamé » dans l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, « facteur déclenchant » du génocide de 1994.

Ce journal souligne que le « sort » réservé au rapport top secret du TPIR « permet de mieux comprendre la mise au rencart de Carla Del Ponte ». Pour cet hebdomadaire, il ne fait guère de doute que l’alors procureur en chef du TPIR a été débarquée sur pression. « Au bout du compte, énonce Marianne, Carla Del Ponte fut chassée de son poste par l’administration américaine, prélude à l’abandon de toutes les enquêtes incriminant l’APR ».

Les dérives du « vivre-ensemble »

Cette semaine, plusieurs hebdomadaires s’intéressent au quotidien des Français pour dénoncer le malaise de leur vie collective. C’est d’abord le cas du journal Le Point, qui consacre un dossier aux « sagouins » qui polluent par leurs incivilités cette vie quotidienne. C’est ensuite le cas de L’Express, qui s’alarme de « la fin du vivre-ensemble » en France.

Le premier, donc, énumère « l’inflation des provocations, débordements et insultes » que l’on appelle incivilités, « un terme paradoxalement prospère dans la mère patrie de l’exquise civilité », la France. Selon Le Point, « la nation de l’étiquette, du savoir-vivre et de la courtoisie paraît en effet occupée par une horde de sagouins, attachés à dégrader, salir, insulter ». Dans ce journal, le philosophe Marcel Gauchet estime que « nous sommes entrés dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns des autres ». Mal se supporter, enchérit cet hebdomadaire, « au point de s’en prendre à tout ce que nous partageons. Ecoles, bureaux, abribus, crèches, commerce, hôpitaux, cabinets médicaux, églises, trottoirs, partout s’accumulent lacérations, crachats, bruits, détritus et graffitis ».

Mais sur un ton plus grave, L’Express, lui, s’alarme du fait que le « vivre-séparé » fait désormais « loi ». Cet hebdomadaire évoque la notion « d’insécurité culturelle » qui, déplore-t-il, « pousse chacun face à (…) se retrancher dans sa " bulle ", évitant au maximum les points de contact ». Selon L’Express, l’époque, dans la France des ghettos, est devenue « la coexistence, plutôt que le mélange. La frontière plutôt que le vivre-ensemble ». Ce journal estime que « pour certains cependant, éviter les " points de contact " est devenu (…) une affaire de sécurité ». L’Express dénonce ainsi un « nouvel antisémitisme de voisinage. La nouveauté, désormais, c’est que l’institution avoue parfois son impuissance et organise elle-même le séparatisme pour " éviter le pire ". Une sorte de capitulation, fataliste ». Autrement dit, résume L’Express, « pour vivre-ensemble, vivons cachés » !